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Critique du film : The Fog [2006], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 7 janvier 2006 à 07h11

Un remake vraiment utile ?

La petite île d’Antonio Bay se prépare à fêter l’anniversaire de la création de sa communauté, bâtie par quatre insulaires dont les descendants résident encore dans l’île. Mais cette nuit, un épais brouillard, venu du large, s’avance vers le port et il semble porter en son sein d’étranges phénomènes meurtriers.
Dur, dur, de ne pas faire la comparaison avec The Fog, ce petit bijou de série B réalisé par John Carpenter dans les années 80. A cette époque, le célèbre réalisateur avait choisi de traiter son film à la manière d’une légende, du genre de celle que nos aïeux racontaient, le soir au coin du feu, à des enfants aux yeux écarquillés. Car après tout, ce récit n’était effectivement qu’une simple histoire de fantômes et de bateaux pirates, un dérivé morbide sur le thème du Hollandais Volant. Le film de Carpenter baignait alors dans un onirisme exalté, où le brouillard était véritablement le médium de ces morts-vivants vengeurs, ressortis de leur tombeau marin pour obtenir réparation.
Dans ce remake, la voie choisie est toute autre. Exit la légende, bienvenue au pays du shlasher movie fantastique. Rupert Wainwright abandonne le récit légendaire, peut-être trop abstrait à son goût, et remplace l’introduction du feu de camp sur la plage par une scène beaucoup plus explicite dans laquelle on voit les fondateurs meurtriers fuir un navire en flamme. Puis il nous ramène à notre époque et nous présente les différents descendants. Il utilisera la technique du flash-back de nombreuses fois par l’intermédiaire des visions de la jeune Elizabeth, qui semble être le catalyseur des ondes spectrales venus du fond des mers.

Elizabeth, une morte parmi le vivant ?

On a du mal à comprendre pourquoi d’ailleurs. Dans le film de Carpenter, Elizabeth (interprété par Jamie Lee Curtis) servait d’initiateur du destin – respectant donc parfaitement l’aspect gothique de l’œuvre -, son arrivée correspondant exactement avec le début des évènements. Dans ce nouvel opus, la jeune fille (Maggie Grace) est liée beaucoup plus intimement avec l’équipage de l’Elizabeth Dane puisqu’elle semble être la réincarnation de la femme du capitaine Drake – ne me demander pas pourquoi… – et elle finit d’ailleurs par repartir avec la bande de fantômes après un étrange processus shamanique de désincarnation.
Le film se concentre également sur le personnage de Nick Castle, interprété par Tom Welling – un marin bellâtre qui possède un bateau sur l’île -, plus en fait que sur le personnage de Stevie Wayne, la propriétaire de la radio installée dans le phare, incarnée par une convaincante Selma Blair qui m’a parfois rappelé la tonique Adrienne Barbeau. En effet, aucune attaque ne se produit au phare – adieu donc, la lutte sur le dôme de la bâtisse -, les fantômes préférant apparemment envahir une ville complètement déserte, hormis les cinq ou six protagonistes qui se croisent à tous les coins de rue.
Le scénario se concentre donc essentiellement sur Nick et la jeune Elizabeth, une greluche blonde qui laisse tomber une caméra, contenant une vidéo innocentant son ami, dans l’eau et qui sert essentiellement de justificatifs à flash-back. Venu à bord de leur vaisseau fantôme, qui n’a pas l’air si détruit par le feu que ça, les spectres des lépreux se dispersent en ville et près de la villa de miss Wayne, où sont réfugiés son fils et une vieille tante. Leur façon d’opérer est également un mystère, ils épargnent un vieil homme mais par on ne sait quelle magie, il transforme la vieille dame en un tas de cendre, rien qu’avec le contact d’une main jaillissant brusquement de l’évacuation d’un évier. Une main bien réelle, alors que la plupart du temps, il ne se présentent que sous la forme de spectre !
Les incohérences et les pirouettes scénaristiques sont légions, la plus grosse étant le moment où par ‘’accident’’, Elizabeth découvre le carnet de Malone planqué dans les pierres d’une remise à bateau d’apparence pourtant assez moderne. Rappelons-nous que dans la version originelle, le fameux livre est caché dans l’église du père Malone, et que c’est Blake et ses sbires fantômes qui en permettent sa localisation. D’ailleurs, le père Malone a beaucoup moins d’importance que dans le film de Carpenter, il apparaît dans ce film comme un ivrogne illuminé qui en sait beaucoup – on ne nous explique pas comment – et qui passe son temps à errer dans les rues.
Stevie Wayne, à la tête de la station du phare

Au niveau de la réalisation, Wainwrigh a opté pour les techniques modernes, réunissant le montage rapide, les ralentis et des jeux de caméra qui nous ramènent à de nombreuses œuvres du même type comme 13 fantômes et consorts. Cela n’est pas mal fait, mais les scènes d’exposition sont trop nombreuses et mal préparées car le cinéaste ne prend pas le temps d’introduire une ambiance oppressante et mystérieuse. Par exemple, lors de la première attaque des spectres, il choisit de cibler l’action sur un bateau occupée par une bande de jeunes faisant une fiesta meublée de filles en bikinis et de dialogues débiles, en lieu et place de ce bateau de pêche, flottant mollement sur l’eau, avec comme seul bruit le grincement de la coque et les mouvements des marins – on pouvait presque entendre le bruit du brouillard, à la manière d’un reptile, glissants sur les flots. Là, à la place, on entends des répliques connes qui excusent presque les agissements des spectres.
Le deuxième choix est de remplacer les morts-vivants grouillant de vers de la première version par des fantômes beaucoup plus clean – à part l’inexplicable scène de l’évier bien sur – et nettement moins impressionnants. D’ailleurs, on ne voit pratiquement aucun meurtre, les rares morts violentes nous dévoilant que ces ectoplasmes agissent plutôt au moyen de télékinésie (couteau, éclats de verre, etc.). Pourtant, Blake arrive bien a frapper de sa matraque divers éléments de décors pour faire un bruit du diable. Encore une incohérence, une de plus. Bref, on ne sait pas trop où le cinéaste veut en venir, il n’entretient pas l’ambiance, mais il évite aussi de choquer les âmes sensibles, et au résultat, ce Fog cuvée 2005 est aussi terrifiant qu’un épisode de Scoobidoo.
Nick Castle, un marin amoureux

La conclusion de à propos du Film : The Fog [2006]

Nicolas L.
40

Délicat de faire un remake d’un film aussi connu que The Fog, et il faut reconnaître que Rupert Wainwright, dont le seul fait de gloire est un Stigmata moyen, a échoué dans son entreprise, s’il désirait en faire un film terrifiant, ou au pire oppressant. Le film n’est pas mauvais, il se regarde de manière complètement détachée et attire parfois notre curiosité lors d’une séquence ou deux, mais jamais il ne parvient à nous accrocher vraiment à cette intrigue vraiment remplie de trop d’incohérences pour nous convaincre.

Que faut-il en retenir ?

  • Quelques séquences réussies
  • Effets spéciaux convaincants

Que faut-il oublier ?

  • Trop d’incohérences
  • Réalisation académique
  • Absence d’ambiance propice à la peur

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