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Critique de la Série Télé : La Lignée
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Critique de la Série Télé : La Lignée

Avis critique rédigé par Andre C. le mardi 26 juillet 2016 à 0927

saison 1 : l'aube des vampires

Lorsque l'on évoque le nom de Guillermo Del Toro, on pense au réalisateur de films tels que Blade 2, L'échine du Diable et Hellboy. Désormais, nous pouvons ajouter une nouvelle corde à son arc avec une activité de producteur télé. Ainsi, Del Toro rejoint maintenant le club des Steven Spielberg, James Cameron, Barry Levinson et autres David Fincher qui, après leur réussite au cinéma ont tenté l'expérience du petit écran. Cette tendance s'est accentuée ces dernières années sans révolutionner le format télévisuel pour autant, nombreux étant les cinéastes à tomber dans leurs pires travers en changeant de support.

 

 

Bon, je concède que dans le cas de Steven Spielberg, les choses sont plus compliquées que cela. Le réalisateur des Dents de la Mer a débuté à la télévision (il a même réalisé le premier épisode de Columbo), de cette manière, lorsqu'il revient sur le petit écran dans les années 90 (avec Earth 2 et SeaQuest), on pourrait volontiers parler de « retour aux sources ». Néanmoins, son geste va être accompagné de quelques à-côtés de ladite tendance : le nom du réalisateur est assimilable à un label de qualité (on est plus proche d'un argument marketing que d'une caution qualitative) et les thématiques récurrentes du metteur en scène deviennent de grosses ficelles scénaristiques étirées à outrance.

Concernant The Strain, Guillermo Del Toro est tout de même co-auteur avec Chuck Hogan (un écrivain à l'origine de The Town, adapté par Ben Afleck) des romans dont la série est l'adaptation, mais celui qui tient les rênes de la série, le showrunner donc, est Carlton Cuse, l'un des producteurs de Lost. Del Toro est aussi le réalisateur du premier épisode de la série, installant d'emblée l'ambiance du show, avec ce 747 dont l'équipage et les passagers sont morts dans des circonstances énigmatiques : l'épisode en question rassurera les afficianados puisqu'on y retrouve une production design proche de ses longs-métrages (on pense par moment à Mimic, Blade 2 et Hellboy) au point que l'on a l'impression de se retrouver devant un film fantastique des années 80, ce qui fait en partie le charme de la filmographie du bonhomme.

 

 

Toutefois, ce segment peut aussi inquiéter en raison du nombre de clichés que le récit emploie et, surtout à sa manie de tourner en rond au lieu d'aborder de manière frontale le vif du sujet. En ce sens, l'introduction de Ephraïm Goodweather, joué par Corey Stahll, est assez révélateur de ce fait puisque ce responsable du Centre de Recherche des Maladies nous est présenté par le biais de sa vie de famille difficile à gérer (il est divorcé mais doit négocier la garde de son fils) avant d'être appelé en urgence pour élucider le cas du mystérieux 747. Ainsi, sans doute dans la volonté de dépeindre des personnages attachants et de donner de l'ampleur à leur postulat, les scénaristes se focalisent non seulement sur un groupe de protagonistes, mais aussi sur des personnages annexes : nous comprenons bien vite que la narration de The Strain est éclatée entre le maincast (deux experts chargés de détecter les épidémies potentielles, un employé des services sanitaires et un vieux professeur rescapé de la Seconde Guerre Mondiale) et d'autres individus comme les membres de leur famille et divers anonymes.

En effet, les auteurs s'attardent sur les relations de chacun avec leurs proches. Cela peut contribuer à rendre les personnages plus humains et touchants (chacun a ou a eu un socle familial fragile) mais les auteurs ont souvent du mal à faire de ces versants, autre chose que des moyens pour tirer à la ligne : le fils de Ephraïm, au final, n'est qu'une source de rebondissements éculés pour remplir les épisodes. On pourrait rétorquer qu'il s'agit d'une tentative pour alimenter le crescendo de cette première fournée de The Strain (l'affaire du 747 est le point de départ d'une épidémie qui, au fil des épisodes, va gagner les couches populaires, l'épidémie en question consistant à transformer quiconque en vampire), mais les ficelles sont si grossières que l'ensemble en devient indigeste tant tout ayant déjà été vu et revu 100 fois ailleurs : parmi les exemples les plus récents, nous avons eu des concepts similaires avec Je suis une légende et World War Z, même si il ne s'agit pas de vampires dans ce dernier.

 

 

Néanmoins, on peut concéder les efforts du show pour renouer avec une imagerie classique (l'énorme boite qui transporte le grand maître des vampires n'est ni plus ni moins qu'une tombe et l'aspect final des contaminés renvoie à Nosferatu) en accord avec la filmographie de Del Toro. En effet, via des flashbacks, la mythologie de The Strain prend des allures de plus en plus lovecraftienne (au final, l'intérêt de la série repose sur l'angoisse inspirée par les vampires et non sur leurs actes eux-mêmes), une influence déjà présente en filigrane dans les long-métrages précédents du cinéaste (ce n'est pas pour rien si il reste encore attaché au projet d'adaptation des Montagnes Hallucinées) et permet à cette série de se démarquer de la concurrence. Le téléspectateur doit donc passer outre un récit en lui-même prévisible et cousu de fil blanc, pour apprécier à sa juste valeur cette production qui se veut avant tout atmosphérique mais, comme un revers de la médaille, narrativement pauvre.

La conclusion de

Non pas que The Strain soit foncièrement mauvaise, cette production télé de Del Toro reste sympathique, mais la série souffre de tellement de poncifs et de clichés qu'elle laisse, au final, un sentiment de déception. La faute à des situations poussives qui ne rendent pas justice au travail de la production design qui, elle, est très soignée. L'ambition de la série est louable mais un petit travail d'écriture est nécessaire pour hausser la série à un niveau correct.

Que faut-il en retenir ?

  • Une atmosphère lovecraftienne très réussie ;
  • Un casting charismatique

Que faut-il oublier ?

  • Un rythme long, parfois poussif ;
  • Des personnages caricaturaux ;
  • Des rebondissements prévisibles

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