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Critique de la Série Télé : La Lignée
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Critique de la Série Télé : La Lignée

Avis critique rédigé par Andre C. le samedi 20 août 2016 à 12:12

saison 2

Cette première incursion de Del Toro dans l'univers télévisuel s'était soldée par un résultat mi-figure, mi-raison. Sa volonté de vouloir rendre hommage à Lovecraft (on a toujours pu déceler ça et là l'influence de l'auteur chez le réalisateur) était louable, mais les efforts difficilement retranscriptible à l'écran. Louable, puisque cela permet à The Strain de se distinguer du tout venant, mais cela aboutit aussi à un très délicat jeu d'équilibriste entre les spécificités de la matière littéraire et les contraintes du format télévisuel.

 

 

Effectivement, avec son projet avorté (pour le moment) sur Les Montagnes Hallucinées, Del Toro avait avoué à la face du monde son amour pour Howard Phillip Lovecraft. Et ceci, même si les fans avaient déjà pu repérer des signes de cette passion : prédilection pour des design de monstres difficilement descriptibles (Blade 2, Hellboy, etc), de l'horreur hors-champ (L'échine du Diable, Cronos) ; et la présence de savants complètement paumés dans des univers qui les dépassent (Mimic, Pacific Rim). De cette manière, il est tout naturel que Del Toro saute le pas de l'écriture : The Strain la série est l'adaptation de romans qu'il a co-écrit avec Chuck Hogan.

 

Ainsi, ce n'est donc pas un hasard si la première cuvée avait tout l'air d'être un melting-pot des influences du cinéaste. Un melting-pot qui est juste quelque peu indigeste vu que, scénaristiquement parlant, nous partions un peu dans tous les sens : une invasion de vampire prenant la forme d'une épidémie, un mal prenant ses racines lors de la Seconde Guerre Mondiale via des flashbacks, ou encore des relations entre les personnages qui reposent sur des ficelles galvaudées. On peut concède que ce soit déjà des défauts inhérents à l'auteur d'antan, puisque Lovecraft avait tendance à se complaire dans les mêmes lieux communs pour se laisser aller à sa plume des plus morbides, d'où germer une vraie poésie de l'horreur. De ce fait, pour cette seconde cuvée, il était temps de trouver l'équilibre qui faisait pour l'instant défaut au show : le rythme langoureux, source du climat anxiogène, devenait facilement poussif et avait pour dommage collatéral de réduire les personnages à de simple stéréotypes désincarnés.

 

 

Il est vrai que, pour les besoins d'une production télévisuelle, un téléspectateur doit pouvoir avant toute chose s'intéresser aux personnages pour adhérer à l'univers. C'est là le défi du showrunner, et donc vrai responsable de The Strain, Carlton Cuse. Vrai responsable, puisqu'au final, Del Toro ne s'occupe que d'un épisode par saison, pour le reste il faut voir du côté de Cuse pour savoir comment les auteurs peuvent réussir à tenir la distance ensuite. Une bonne chose puisque ce dernier est un téléaste aguerri à qui l'on doit Lost et, en ce moment, Bates Motel. À lui donc que revient la charge de prendre en main le matériau de base (l'univers de Del Toro) de manière suffisamment convaincante pour fidéliser le public. Et si les débuts ont été hasardeux, le niveau se relève petit à petit : l'ambiance anxiogène posée, les scénaristes peuvent se focaliser sur les protagonistes, les rendant moins mécaniques et plus prompts à dégager de l'empathie.

Alors ce basculement ne se fait pas du jour au lendemain. Les premiers épisodes de cette seconde fournée restent dans la même veine que les précédents, à savoir un rythme qui s'embourbe facilement, mais au fur et à mesure, nous sentons des efforts au niveau du montage et du traitement de ses sous-intrigues. En somme, les scénaristes procèdent à quelques réajustements pour gagner en efficacité : les story-arcs des personnages ne semblent plus à des prétextes pour enchaîner les situations horrifiques les unes à la suite des autres, mais comporte bel et bien une cohérence interne entre leur vécu (leur background) et leurs actions, et nous les voyons enfin réagir, ou tenter de réagir, et de moins subir les événements. Ce fait, à lui seul, favorise notre empathie à leur encontre.

 

 

Cette réflexion est aussi valable pour ceux qui font leurs premiers pas. Je pense notamment à la conseillère municipale Justine Feraldo, campée par Samantha Mathis (qui, il fut un temps, partageait l'affiche de Broken Arrow et Pump of the Volume avec Christian Slater), en charge de l'épidémie, qui permet d'aborder la thématique du point de vue politique ; à ce gérant d'un restaurant mexicain ayant eu une carrière de catcheur, un personnage délicat puisque son background aurait pu faire tâche dans la bonne tenue de le série, il se révèle au final une des meilleures surprises de cette cuvée ; et cette secrétaire d'un des grands Maîtres vampire qui parvient à humaniser son employeur, là nous retrouvons en tout simplicité une thématique chère à Del Toro avec son amour pour les monstres. Les fans de Blade 2 et Hellboy savent de quoi je parle. Si le maincast n'est pas oublier pour autant (chacun dans l'équipe de Mayweather a son propre arc narratif), tous ses fils rouges permettent à The Strain de gagner un peu de ce que la série manquait auparavant : de l'envergure.  

Néanmoins, si les auteurs parviennent à soigner suffisamment leur rythme jusqu'à parvenir à trouver un certain souffle, ils ont toujours du mal à gérer toutes les facettes de leur show. En effet, si les péripéties s'enchaînent à une cadence soutenue, la dimension intimiste n'en est pas pour autant délaisser et l'on sent ici et là plusieurs couacs dans le tempo qui empêche la série d'avancer à une allure homogène. Rien de très grave, il est question ici de plusieurs défauts ponctuels qui viennent nous rappeler, soit que The Strain reste une série télé aux moyens limités donc (la bataille du port réglée en quelques plans alors qu'elle est annoncée plusieurs épisodes avant) et quelques fils rouges (le fils Mayweather qui a du mal à faire son deuil notamment) ont des allures de ficelles téléphonées pour tirer à la ligne.

60

Ainsi, The Strain est arrivé à dégager un capital sympathie grâce à ses personnages et son atmosphère singulière. Toutefois, la série souffre toujours de plusieurs lacunes qui la hissent péniblement au-dessus de la moyenne. Une cuvée moins immersive, certes, mais plus efficace, même si nous étions en droit d'en attendre mieux vu le passif des personnes aux commandes.

Critique de publiée le 20 août 2016.

Que faut-il en retenir ?

  • Plus d'empathie pour les personnages ;
  • Un traitement intimiste toujours au premier plan ;
  • Une intrigue principale avec plus d'envergure

Que faut-il oublier ?

  • Un versant politique trop brouillon ;
  • Une atmosphère lovecraftienne plus diluée ;
  • Un rythme trop inégal

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