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Critique de la série télé : Le prisonnier - version 2009 [2010], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le lundi 8 mars 2010 à 18h24

Une nouvelle version pas inintéressante...

En 1967, la chaine britannique ITV lançait une série qui allait devenir culte aux quatre coins du globe : Le prisonnier. Agent secret venant de démisionner, le héros - interprété par le créateur de la série, Patrick McGoohan - se faisait anesthésier alors qu'il préparait ses valises pour se réveiller au Village, endroit isolé s'apparentant à une vaste prison, sous le matricule de numéro 6. Tournant autour de l'évasion de 6 et des secrets du mystérieux Village, la série connut un succès fulgurant, suffisamment pour que des adaptations cinématographiques soient sérieusement envisagées au fil des décennies (par Patrick McGoohan lui-même notamment). Pourtant, le programme restera une expérience télévisée aussi singulière qu'unique, et ce jusqu'en 2009 où la chaîne AMC commanda à Bill Gallagher une nouvelle version de la série.

Surfant sur la mode actuelle qui consiste à mettre de côté les remakes pour ne produire que des reboots, Gallagher a pris le parti de ne reprendre de la série originale que son postulat de départ - un homme démissionne de son travail et se réveille dans un mystérieux village - pour construire, autour, une histoire originale qui n'a absolument rien à voir avec celle de la série d'origine. On pourrait d'ailleurs presque être en droit de regretter l'affiliation avec l'oeuvre de McGoohan tant la trame développée aurait pu faire l'objet d'une série à part entière qui, libérée des carcans de son prédecesseur, aurait surement bien mieux fonctionné. Ainsi, le programme reste malheureusement prisonnier - sans mauvais jeu de mot - des nécessaires références à la version de 1967, nombre d'éléments - les numéros, le rôdeur - n'apportant pour ainsi dire rien de plus à cette nouvelle version que des références au final dispensables.

Pris dans sa globalité, ce Prisonnier nouvelle génération souffre assez clairement du syndrome Lost, jouant parfois plus que de raison sur son mystère très mystérieux. Ainsi, là où la série d'origine était limpide quant à l'arrivée de numéro 6 dans le Village, son homologue de 2009 utilise la carte de l'amnésie, favorisant, de fait, l'utilisation de flashbacks qui vont permettre de sortir du cadre pour ancrer la série dans notre monde. Jouant sur les deux tableaux - le Village et New-York - les scénaristes vont donc articuler leurs scénarios autours de révélations éparses, et ce au détriment de toute logique comportementale. Le héros ne se demande jamais, par exemple, qui est numéro 1, semble se poser les questions dans un ordre complétement farfelu et s'entiche d'une jeune médecin alors même qu'il cherche à s'évader.

Mais là où une série feuilletonnesque comme Lost dilue son intérêt au fil d'épisodes et de saisons plus ou moins convaincantes, Le prisonnier version 2009 a la chance de jouir d'un format one-shot idéal. Pensé comme une mini-série de six épisodes sans suite possible, le programme ne dilue jamais sa substance et donne constamment au spectateur de quoi combler sa curiosité. C'est d'ailleurs sur ce point que la série est nettement plus qualitative que son modèle, en ce que ce format aurait bien mieux convenu à la série de McGoohan, qui, n'en déplaise aux fans purs et durs, meublait tout de même énormément son intrigue avec des épisodes sans grand intérêt. Ici, pas le temps de s'ennuyer ou de se lasser, d'autant que derrière la caméra, Nick Hurran arrive à donner au show un rythme soutenu, et ce en dépit du fait qu'il s'agisse avant tout d'une série peu portée sur l'action.

Il est de plus intéressant de noter que si la série propose une nouvelle interprétation du Village et de la mythologie du Prisonnier, l'histoire racontée est au final plutôt intéressante. Dommage que les scénaristes se soient égarés dans une complexité gratuite qui nuit sérieusement à la fluidité de la narration et empêche de comprendre suffisamment tôt l'intérêt de flashbacks vraiment bien utilisés. Plutôt que de donner rapidement les principales clés de l'intrigue, ceux-ci jouent donc la carte d'un mystère compliqué qui se révèle au spectateur au fur et à mesure des épisodes, mais pas dans un ordre qui ne facilite pas la compréhension ; la déception est donc de mise en ce que l'histoire, prise dans sa globalité, n'est finalement pas si complexe que ça, et aurait mérité un traitement plus sobre. Reste que le final est malgré tout à la hauteur des attentes et justifie, presque à lui seul, la vision de ce Prisonnier nouvelle génération.

Sur la forme, enfin, cette nouvelle version joue sur un aspect rétro très seventies fort sympathique. La parentalité avec la série d'origine se retrouve dans chaque pan de décor, et ce bien que les deux Village soient intrinsèquement très différents - limité en 1967, immensément étendu en 2009. Paradoxalement, outre quelques références - La Lotus Seven, le "Bonjour chez vous" - et un visuel approchant, on perd le charme british du Village d'origine pour un côté banlieue américaine qui sied particulièrement bien à l'intrigue développée. Devant la caméra, en revanche, rien de très glorieux, la série ne bénéficiant que d'une interprétation très paresseuse. Ainsi, Ian McKellen nous ressort un jeu à la Magnéto - bien que cela convienne au personnage qui lui a été écrit, il reste frustrant de voir un tel acteur totalement sous-exploité - et Jim Caviezel est encore une fois égal à lui même : un charisme d'huitre au service d'un personnage de dépressif.

La conclusion de à propos de la Série Télé : Le prisonnier - version 2009 [2010]

Vincent L.
75

Nettement moins intello que la série originale, ce Prisonnier version 2009 n'en est pourtant pas moins un programme sympathique qui se laisse suivre sans déplaisir. Du haut de ses six épisodes, il propose une nouvelle version de l'intrigue créée par Patrick McGoohan, s'apparentant de fait plus à un reboot qu'à un véritable remake. Malheureusement, à vouloir trop complexifier un axe narratif qui aurait dû être plus fluide - soucis de cohérence avec la série originale peut-être - les scénaristes ont finalement oublié qu'ils racontaient une histoire, et ont préféré perdre le spectateur en cours de route plutôt que de l'accompagner vers les révélations finales. Dommage...

Que faut-il en retenir ?

  • Une histoire originale, différente de celle de 1967,
  • Format one-shot parfait,
  • Réalisation efficace,
  • Esthétique rétro sympathique,
  • De nombreuses références qui rejouiront les fans.

Que faut-il oublier ?

  • Interprétation paresseuse,
  • Se complait dans une complexité inutile,
  • Pas mal d'incohérences et d'illogismes.

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