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Critique de la Bande Dessinée : Chien jaune
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Critique de la Bande Dessinée : Chien jaune

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 3 janvier 2014 à 1846

Voir Pékin et mourir

Nous sommes en 1943. Sur le front asiatique, les japonais plient sous les attaques répétées des forces maoïstes, appuyées par l’armée rouge. Tokyo, où se trouve la légation de l’allié américain, est désormais menacé. Cela n’empêche pas le gouverneur de la place, le général Nakajima, de faire preuve de rudesse, voire de cruauté, envers la population chinoise. Plongé au cœur de cette situation explosive, le lieutenant Hayward, un passionné par la culture japonaise et traducteur pour l'état-major, va alors vivre un véritable enfer.

Pour ce sixième et avant-dernier volet de la série uchronique WW 2.2, le scénariste Hubert nous emmène en Chine pour, dans un premier temps, nous faire visiter Pekin à la manière de Tintin dans le Lotus bleu et vivre une sorte de relecture des 100 jours de Pekin (le siège des légations internationales pendant la guerre des Boxers), avant de basculer, en milieu d’ouvrage, dans un récit horrifique flirtant avec le torture porn.  Seul rescapé américain de l’émeute des Pékinois, récompensé pour sa bravoure au combat mais soudainement tombé en disgrâce, le jeune lieutenant (stéréotype du candide idéaliste) n’est plus, aux yeux d’un officier fanatique et cruel, qu’un traitre, un chien d’occidental et un défouloir à sa frustration guerrière. Hayward est alors humilié, battu, torturé, forcé de se comporter en animal servile. C’est d’ailleurs cette perte d’humanité qui va lui permettre d’échapper à son bourreau.

Pour conter son histoire, qui emprunte aux classiques du film de guerre, Hubert n’hésite pas à choquer le lecteur et va ici bien plus loin que ses confrères sur les précédents volets. Il est bien aidé par Étienne Le Roux qui, sans sombrer dans le pornographique, nous offre quelques planches au contenu graphique assez violent… et donc très efficace. Le récit porte un regard très dur sur l’impérialisme japonais (et fait des américains des gens tolérants et cordiaux) mais il serait injuste de faire ici un procès à Hubert pour manichéisme. Il ne fait que récupérer des faits historiques, les camps de prisonniers japonais étant connu pour être de véritables enfers (le Japon n’a jamais signé la Convention de Génève). En quelque sorte, le lieutenant Hayward symbolise tous ces soldats et civils victimes d’atrocités de guerre commises par les Japonais durant toute l’ère Shôwa.

Pour ce qui est de la mise en forme, les auteurs nous proposent une œuvre à la construction très classique, qui se fond parfaitement dans la série. La plume de Le Roux, sans être remarquable, est d’une belle efficacité et le découpage, bien pensé, dans le pur style du récit de guerre, donne du dynamisme au flux narratif. Les quelques séquences de combat de masse, qui se déroulent en partie sur les toits di quartier des légations, sont très agréables à suivre. Bref, le rendu est très lisible, le dessin étant au service de l’intrigue. A noter l’efficacité de la mise en couleur, qui, de plus en plus sombre au fil du récit, nous entraine lentement dans un univers glauque et dérangeant.

La conclusion de

Pour avoir mis en forme un récit de guerre efficace et violent, Hubert et Le Roux ont fait de ce sixième tome l’album le plus intéressant d’une série, force est de l’avouer, de qualité moyenne. On pourrait bien entendu accuser le scénariste de faire un excès de manichéisme, mais dans cette intrigue qui joue sur les contrastes et la démesure, la méthode fonctionne parfaitement. Au crayon, Le Roux et le coloriste Vincent Froissard, nous entraine lentement, grâce à un bon travail sur les couleurs, dans un univers de plus en plus glauque. Un bon album.

Que faut-il en retenir ?

  • Le meilleur album de la série
    Un devoir de mémoire saisissant
    Un récit efficace
    Des choix graphiques pertinents

Que faut-il oublier ?

  • Un sujet classique
  • Un récit au manichéisme assumé

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