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Critique du Film : Hansel et Gretel : Witch Hunters
Hansel et Gretel : Witch Hunters >

Critique du Film : Hansel et Gretel : Witch Hunters

Avis critique rédigé par Jonathan C. le mardi 5 mars 2013 à 1440

La chasse aux sorcières

H&G affiche Asie

Remarqué pour l’anecdotique Kill Buljo : ze film (une parodie redneck de Kill Bill) et surtout pour son délirant Dead Snow, comédie horrifique très gore dans lesquels des jeunes skieurs affrontent des zombies nazis en montagne, le norvégien Tommy Wirkola passe à l’étape supérieure avec un film de studio à budget important, production ambitieuse revisitant la légende d’Hansel & Gretel en imaginant ce que seraient devenus les héros du conte des frères Grimm après avoir échappé aux griffes de la sorcière. Jeremy Renner (qui tournait en même temps dans Avengers et Jason Bourne : l'héritage) et Gemma Arterton (choisie suite au désistement de Noomi Rapace) endossent avec classe les costumes de ces frère et sœur chasseurs de sorcières par soif de vengeance. D’autres films se sont récemment inspirés de ce conte : la version teen movie/drogue Hansel & Gretel Get Baked avec Lara Flynn Boyle, la version opportuniste d’Asylum avec Dee Wallace, une version pour bambins avec Lynn Redgrave et Dakota Fanning, l’adaptation coréenne de Pil-sung YIM, le nanar de David Decoteau avec Eric Roberts, etc.

Hansel et Gretel

Ce qui surprend dans cet Hansel et Gretel : Witch Hunters, c’est qu’en dépit d’un budget plus conséquent (60 millions de dollars ; Dead Snow n’avait même pas couté un million) et d’acteurs prestigieux, il reste exactement dans le même esprit que Dead Snow : burlesque, folklorique, gore, généreux, fun, plein d’humour noir, sans aucune prétention et très fortement influencé par Sam Raimi et Peter Jackson, que le cinéaste citait ouvertement dans Dead Snow. Certaines séquences bariolées, cartoonesques et baroques pourraient en effet tout aussi bien sortir d’un Evil Dead III ou d’un BrainDead, toutes proportions gardées, avec ici en plus une touche de Guillermo Del Toro (notamment ses Hellboy). Egalement scénariste, Tommy Wirkola semble avoir eu plus de liberté chez la Paramount que Terry Gilliam n'en avait chez Dimension Films sur ses maudits Frères Grimm.

H&G

D’ailleurs produit par Will Ferrell et Adam McKay (on sait ainsi d’emblée que ça ne va pas se prendre au sérieux), Hansel & Gretel se pose ainsi comme une série B décontractée à prendre au second degré, un pur cinéma d’entertainment ET d’artisan à l’ancienne qui préfère le matériel au virtuel (les créatures ne sont ici pas en CGI, ce sont bien des costumes et des prothèses). Tout l’inverse d’un gros Z pop-corn comme Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires carburant à la surenchère et aux CGI grossiers. Le combat final dans la maison en sucre témoigne de cette volonté très bis de faire dans le brut et l’artisanat : au lieu d’avoir un déluge d’effets spéciaux et de sorts spectaculaires en CGI, les adversaires se mettent simplement et sauvagement sur la gueule avec les moyens du bord (poings, ustensiles…). Le coté cheap ajoute au charme bricolé de l'entreprise, qui semble ainsi moins artificielle qu'un Resident Evil de Paul W. S. Anderson.

H&G

Ce n’est bien entendu pas un modèle d’écriture (hormis quand il s’agit de faire dans la punch-line), l’intrigue étant rudimentaire, le récit bordélique (jusqu'à une fin ouverte très frustrante) et les personnages très minimalistes. L’inventivité est plutôt à trouver dans la mise en scène (dynamique), la prod design (décors, costumes…) mi-féérique mi-moyenâgeuse, les séquences d’action folles (très chorégraphiées), les différentes mises à mort (jubilatoires) des sorcières, le bestiaire (des sorcières très diversifiées, et un troll génial), les débordements gores (l’attaque dévastatrice du troll), l’arsenal des chasseurs, les gadgets, les sorts, les effets spéciaux festifs, etc. La 3D, très efficace, en rajoute dans le côté train-fantôme et spectacle forain. Hansel & Gretel offre même quelque chose d’assez rare au cinéma (quoique Le Monde fantastique d'Oz sort une semaine après) : un vrai duel entre sorcières.

Jeremy Renner et Gemma Arterton s’amusent comme des gamins, face à une Famke Janssen (qui confie avoir accepté ce rôle pour payer des dettes) parfaite en méchante sorcière. Peter Stormare vient cabotiner un peu en shérif dangereusement borné, la finlandaise Pihla Viitala (Harpoon) fait une sorcière blanche qui rivalise facilement avec la Michelle Williams du Monde fantastique d'Oz, Thomas Mann (Projet X, Sublimes Créatures) campe un sidekick insipide, la bombe polonaise Joanna Kulig (qu'on a vu peu pudique dans nos films d'auteur chiants Elles avec Juliette Binoche et La Femme du Vème avec Ethan Hawke) joue une vilaine sorcière et l’acteur-créatures Derek Mears (Jason Voorhees dans le Vendredi 13 de Marcus Nispel, fantôme duelliste dans Le Manoir hanté et les 999 fantômes, loup-garou dans Cursed, redneck dans La Colline a des yeux 2, extraterrestre tentaculaire dans Men in Black II, prédator dans Predators…) joue le sympathique troll Edward, qu'on aimerait revoir dans une éventuelle suite fortement annoncée au bout de ces 90 petites minutes grisantes et très divertissantes.

Hansel et Gretel

La conclusion de

Ce qui risquait de ressembler à une boursouflure Z et friquée comme Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires se révèle être une sorte d’action-horror movie médieval fun et jubilatoire, grâce à la maitrise et à la bonne humeur du réalisateur de Dead Snow, toujours aussi influencé par le cinéma de Sam Raimi et de Peter Jackson. Mais en passant du petit film d’horreur fauché à 1 million de dollars à une commande de studio à 60 millions de dollars tournée en 3D, Tommy Wirkola ne change pas : malgré le budget relativement important, un casting de prestige (qui s’amuse) et la Paramount aux commandes, cet Hansel & Gretel reste dans le même esprit que Dead Snow, une série B délirante sans prétentions, artisanale, décomplexée, un brin trash et étonnement gore pour une telle production. Tommy Wirkola comble la légèreté de son propre script par une pléiade de bonnes idées, un humour noir cartoonesque, une inventivité visuelle agréable et très européenne, et une générosité débordante dans la violence graphique, les créatures (nombreuses sorcières, superbe troll…) et les effets spéciaux aussi bien SFX que CGI. Ça ne vole pas bien haut, mais le spectacle est assez réjouissant, ludique et sympathique.

Que faut-il en retenir ?

  • De l'humour noir et du gore
  • Un bestiaire réussi (Edward rules !)
  • Une inventivité formelle emballante
  • Des scènes d'action folles
  • Une bonne humeur communicative

Que faut-il oublier ?

  • Un script indigent
  • Une narration bordélique
  • Un sidekick nul

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