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Critique du Film : Eva
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Critique du Film : Eva

Avis critique rédigé par Richard B. le mardi 13 mars 2012 à 0748

Histoire perverse.

D'ci une trentaine d'années le monde n'aura guère changé, si ce n'est que des robots accompagneront alors notre quotidien. Après 10 ans d'absence, Alex Garel, un ingénieur, est rappelé par son ancienne faculté afin de créer la première machine qui serait à l'image d'un enfant. Ce retour va amener Alex à retrouver son frère David qui vit désormais avec Lana, son amour de jeunesse. Afin de ne pas retomber amoureux de celle qui est désormais sa belle soeur, Alex se plonge dans le travail. Sa première obligation est de trouver l'enfant idéal afin d'en calquer la personnalité sur son futur robot prototype. Il va jeter son dévolu sur une fille au prénom particulièrement prédestiné : Eva.

Eva - image 1

Il est étrange de voir que c'est souvent dans les films qui semblent sortir de nulle part que l'on trouve les projets les plus surprenants. On peut également noter que le monde de la robotique n'est pas l'un des sujets les plus exploités par le cinéma (hormis quelques rares films, tel le sublime A.I. Intelligence Artificielle où le surfait, mais divertissant I, Robot). Pourtant, il y aurait mainte réflexion à entretenir dans ce domaine. Il était également naturel de penser de ne jamais voir aborder le sujet autre que par les États-Unis ou le Japon. Cependant, un tel réflexe aurait été d’oublier que, depuis quelques temps, nombre de pépites de l’épouvante et du fantastique nous proviennent de l'Espagne. Il était donc logique que la science-fiction forme la prochaine étape de ce pays qui, cinématographiquement parlant, semble prêt à toutes les expériences.

Eva - image 2

Du côté du scénario, Eva semble avoir été écrit avec quatre mains, puisqu'on y retrouve crédité Sergi Belbel, Cristina Clemente, Marti Roca et Ainza Serra. Ne sachant ce que chacun d’entre eux a apporté à l'histoire, nous remarquerons seulement que le propos choisi est plus intime que politique. Comment les robots furent produits ? Quels sont exactement les prototypes existants? Les conséquences de leur introduction sur l’emploi ? Eva ne répond à aucune de ces questions. Et bien que l'on découvre un grand nombre de catégories de machines, on regrette qu'aucun de ces sujets ne soit abordé. Ici, nos scénaristes ont orienté leur regard sur la solitude des individus et les sentiments qui les habitent. Au final, force est d’admettre que le développement à partir de ce postulat est pleinement réussi et si l’entame de la conclusion peut sembler prévisible, elle réserve quelques surprises, sujettes à réflexion. Puis l'histoire est surtout assez remarquable par sa générosité d'écriture - en terme de science-fiction - tout en ayant habilement esquivé tout ce qui aurait amené à un surcout. Pas de villes futuristes, pas de scènes d'actions «  survitaminées »… Que l'essentiel, jamais d'esbroufe !

Pour autant, il ne faut pas croire que le film se montre radin. Si le scénario ne propose aucune démesure, il reste à bien des égards généreux et il faut dire que lorsque les robots apparaissent à l'écran on est fortement surpris par la qualité visuelle de l’ensemble. Bien que le budget d'Eva soit modeste, le spectateur a l'impression de visionner un film qui aurait coûté une somme astronomique - On se trouve en fait devant un bel exemple d’orchestration et de préparation. Et si Kike Maíllo n’avait sur son cv, avant ce film, que quelques courts-métrages et spots publicitaires, il se dégage pourtant une grande maturité dans sa mise en scène. Sa direction d'acteur, tout comme le rythme qu'il amène à son film ferait même des jaloux dans le domaine. Kike Maíllo possède de plus un vrai sens du cadrage, du temps et de l'image qui fait que l'on ne s'ennuie jamais - malgré le côté "intimiste" de l’œuvre – et que l’on s’attache très rapidement aux personnages - que ce soit les rôles principaux comme secondaires. La première chose qui frappe à la sortie de projection est la manière dont le film a réussi à projeter son émotion sur nous, spectateurs, mais surtout laisser cette impression de n'avoir pas mangé un hamburger bien gras, mais un plat finement préparé qui demande une plus ample analyse pour en cerner tous les ingrédients – tout en regrettant qu’il lui manque quelques condiments, qui auraient fait d’Eva un véritable chef-d'œuvre.

Eva - image 3

L’un des rares reproches que l'on pourra faire à Kike Maíllo : avoir succombé à la touche "Iron Man". Alors que tout son film entretient un aspect hautement crédible, la méthode de programmation d’Alex apparait comme totalement surréaliste. Ainsi, comme Tony Stark, il développe dans le vide et balance les informations comme on jetterait une balle dans un panier. Sur ce point, à titre de contre-exemple, Minority Report semblait plus pertinent puisqu'il existait un écran plexiglas, qui réagissait au mouvement. A voir si, dans le cas de Iron Man, ou ici d’Eva, cela est pensable… pour ma part j'ai eu du mal à adhérer totalement à ce concept technologique.

Eva - image 4

La plus belle réussite d'Eva se situe dans son casting, soit Kike Maíllo est un génie en terme de direction d'acteur, soit il avait déjà trouvé des acteurs de grande qualité qui ne demandaient qu’à être guidés avec justesse. La première trouvaille est Claudia Vega, la jeune actrice qui interprète Eva. Pourtant totalement inexpérimentée, elle offre un naturel et une justesse qui s'impose dès son apparition à l'écran. Difficile, même impossible, d'imaginer mieux dans ce rôle. En terme de performance, elle est secondée par Lluís Homar, bien que jouant les seconds rôles, un robot major d'homme, ce dernier apporte l'aspect décomplexé et récréatif, mais pour autant pas dépourvu de profondeur. Le trio amoureux Daniel Brühl (Alex Garel), Marta Etura (Lana) et Alberto Ammann (David Garel) amènent des prestations de grande qualité, et même s’ils sont un peu effacés par les deux acteurs mentionnés plus haut, cela n'est pas pour autant qu'on n’apprécie pas leur travail. Au contraire.

La conclusion de

Eva est une "petite oeuvre" qui a tout d'une grande ! D’ailleurs, ce dernier s'offre une très belle tournée dans les festivals, en remportant même plusieurs prix. Une belle surprise et une création rafraichissante à l’avis des spectateurs – même si le sujet n’est pas jovial. Décidément, plus vivace que jamais, le cinéma espagnol ne cessera de nous étonner, osant même jouer dans la haute cour de la science-fiction.

Que faut-il en retenir ?

  • Un film touchant.
  • Des effets spéciaux de très grande qualité.
  • Une mise en scène inspirée. Un casting particulièrement solide.

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario bien construit, mais qui ouvre des possibilités vers tellement plus!

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