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Critique du Film : Chronicle
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Critique du Film : Chronicle

Avis critique rédigé par Jonathan C. le vendredi 17 février 2012 à 1704

Les 3 Fantastiques

Chronicle

Fallait juste y penser. C’est ce qu’on pouvait se dire en suivant le buzz savamment orchestré qui aura conduit au fil des mois cet attendu et mystérieux Chronicle dans nos salles. Et c’est aussi ce qu’on se dit devant le film en question, avec cependant un sentiment de frustration. Alors que les films de super-héros dominent les années 2000, le film found-footage, popularisé par le mythique Projet Blair Witch à l’aube du 21ème siècle, est recyclé à toutes les sauces (souvent pas très bonnes, d’ailleurs) depuis les succès de [REC.], Cloverfield et surtout de Paranormal Activity. Pour son premier long métrage à seulement 26 ans, après quelques épisodes de la série Kill Point : dans la ligne de mire (l'histoire d'un braquage qui vire à la prise d'otages), Josh Trank a alors l’idée aussi simple que géniale de mélanger ces deux genres symptomatiques du cinéma des années 2000 et d’en faire un film de super héros en found-footage !  Il faut dire qu’un de ses précédents courts métrages, Stabbing at Leia's 22nd Birthday (gros carton sur internet, c’est ainsi que le jeune cinéaste se fait repérer), était déjà un documenteur revisitant une mythologie, celle de Star Wars. Avec Chronicle, Josh Trank développe une relecture mythologique du super-héros, dans une forme de faux documentaire subjectif et dans un cadre de teen movie : autant dire un film conceptuel qui ressemble à un pur fantasme de geeks. Se déroulant à Portland dans l’Oregon (mais c’est en réalité tourné à Cape Town en Afrique du Sud !), Chronicle met d’ailleurs en scène trois stéréotypes du teen movie : il y a Andrew (Dane DeHaan, vu dans En Analyse et True Blood), le jeune chétif transparent, cynique et mal dans sa peau (et donc puceau) ; il y a Matt (Axel Russell), dans le genre quaterback cool et beau gosse (donc séducteur) ; et enfin Steve (Michael B. Jordan, Vince Howard dans Friday Night Lights et Wallace dans Sur Ecoute), le black populaire qui a la tchatche et qui se présente pour être le Président des étudiants de l’université (c'est la star du bahut).  Ces trois-là ne se parlaient pas vraiment (ils n’avaient rien en commun) avant d’acquérir des superpouvoirs après avoir visité une mystérieuse grotte un soir de beuverie. Peu importe l’origine de ce phénomène (tout comme il importe peu de savoir d’où sort le monstre dans Cloverfield), les pouvoirs télé-kinésiques qu’ils se découvrent en font les meilleurs amis du monde, et ensemble ils se servent de ces pouvoirs pour faire les 400 coups. Jusqu’au moment ou ça dérape, malgré les règles qu’ils s’étaient fixé.

Chronicle's team

« Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ». La petite morale de l’Oncle Ben à Peter Parker pourrait être l’adage de tous les super-héros. Chronicle la reprend à son compte, démontrant et démontant cette thématique inhérente aux films de super-héros, ici replacée dans un contexte plus réaliste. Rien que la façon dont les personnages de Chronicle obtiennent leurs pouvoirs évoque la genèse de Superman (l’étrange substance probablement extraterrestre qu’ils touchent pourrait être une sorte de kryptonite). Dans Chronicle, les trois jeunes profitent d’abord de leurs pouvoirs pour s’éclater, faire des conneries, se la jouer et gagner en popularité. Mais sur le long terme, ces pouvoirs feront ressortir les personnalités de chacun d’entre eux. Des super-pouvoirs dans les mains d’un jeune homme responsable en feront un éventuel super-héros (c’est ce que Matt pourrait devenir à la fin de Chronicle). Mais dans les mains d’un jeune immature, frustré, faible, seul et mal dans sa peau, les superpouvoirs en feront un super-vilain, ce que finit par devenir Andrew. Entre une mère mourante et un père aigri et violent (excellent Michael Kelly, vu dans L'Armée des morts, Incassable, Defendor, L'Echange de Clint Eastwood, Les Soprano, L'Agence et bientôt Man of steel), notre « héros » cède au vol, à l’agression, au meurtre, bref : au crime, et ce à partir de bonnes intentions (sauver sa mère malade). Il se renferme alors sur lui-même et se ligue ensuite contre le reste du monde, utilisant ces pouvoirs pour déverser toute sa colère sur les autres, une colère psychique dévastatrice et incontrôlable qui n’est pas sans évoquer Akira (Andrew = Tetsuo). Et c’est ainsi que naissent les grands méchants face aux héros. On peut même souligner que l'acteur Dane DeHaan ferait un parfait Vegeta en live, et que le réalisateur pourrait idéalement adapter le manga d'Akira Toriyama.

Comme l’avait fait M. Night Shyamalan d’une toute autre manière dans son chef d’œuvre Incassable, Josh Trank revisite donc la mythologie du super-vilain et explique comment un enfant devient un bad guy, mais cette fois dans un cadre de teen movie,  ce qui lui permet ainsi d’aborder le mal-être d’une jeunesse américaine abandonnée par ses parents et dépendante de l’image (si tu n’es pas populaire, tu n’es rien), un peu comme dans Alpha Dog. Andrew n‘est finalement que l’incarnation cathartique jouissive de ces jeunes délaissés, effacés et méprisés (et souvent plus intelligents que la moyenne), comme avait pu l’être Carrie White dans le film de Brian De Palma ou Arnie Cunningham dans Christine, et bien d’autres personnages sortis de l’imagination de Stephen King (par exemple le Charlie Decker de Rage ou les enfants de Stand by me). Du coté du Bien, le plus responsable et plus mature Matt sera forcé de disparaitre une fois ses pouvoirs révélés au grand jour et deviendra un sauveteur anonyme, usant de ses facultés extraordinaires pour aider les gens à travers le monde. Bref, Chronicle exploite LA thématique du super-héros, incluant la métaphore de l’adolescence inhérente à de nombreux récits du genre (Spider-Man en tête), mais il le fait d’une manière inédite, loin de tous les anti-films de super-héros (Hancock, Kick-Ass, Super, Defendor…) et des séries au sujet proche comme Misfits ou Heroes. Chronicle pose les bases d’une nouvelle mythologie sur les bases de vieilles mythologies, et pourrait idéalement développer cet univers dans des suites. A vrai dire, Chronicle pourrait tout-à-fait être adapté en série télé (son affiche fait d’ailleurs très série) et se situe quelque part entre X-men, The Prodigies et du Stephen King, mais abordé à la Cloverfield. C’est aussi un peu un Le Pacte du sang (souvenez-vous, le nanar de Renny Harlin) mais en réussi.

Chronicle Andrew

Ce traitement intimiste au plus proche des personnages, tant dans la forme que dans le fond, renforce l’empathie (d’autant plus que les trois jeunes acteurs sont très bons) et le réalisme des situations pourtant fantasmatiques. Loin des idéaux prônés par les valeureux héros de Marvel, Chronicle expose une vision plausible de ce que ferait un jeune doté de superpouvoirs, et ce malgré sa culture Marvel : il n’agirait sans doute pas pour les autres, mais d’abord pour lui-même. La nature humaine est ainsi faite. C’est un peu la même idée que dans le Hollow Man de Paul Verhoeven : le mythe de l’homme invisible y est beaucoup moins glamour qu’auparavant, bien plus noir car plus crédible ; il est plus probable qu’un type normal affublé du pouvoir d’invisibilité ou de pouvoirs télé-kinésiques devienne un salaud plutôt qu’un héros. Dans Chronicle et Hollow Man, les personnages exploitent leur pouvoir de façon totalement égoïste, juste pour leur plaisir. Comme l’annonce la tagline américaine de Chronicle : « Not all heroes are super »

Quand les trois camarades de Chronicle accumulent les conneries, le spectateur s’éclate avec eux, nageant en plein teen movie jubilatoire, délirant voire même onirique (cf. les virées aériennes dans le ciel) ; ce que ces trois jeunes font, c’est précisément ce que n’importe qui ferait d’abord avec de tels pouvoirs, et on se met à rêver des nombreuses possibilités offertes tout en s’interrogeant aussi sur les limites qui s’imposeraient (jusqu’ou irait-on ?). Faire de mauvaises blagues aux passants, casser la gueule au connard de service du lycée (le coup des dents : aïe !), jouer au football américain en flottant au milieu des nuages (une des plus belles et impressionnantes séquences du film), devenir un magicien et séduire les filles avec style (un passage particulièrement fun et drôle, jusqu’à ce que résonne le Ziggy Stardust de David Bowie et les désillusions qui suivent), refaire le monde en l’ayant sous ses pieds, défier les lois de la pesanteur, défier Dieu en personne (cf. l’affiche sur laquelle Andrew adresse un doigt d’honneur au ciel)…Au fil des délires à la Jackass de ces trois énergumènes qui deviennent très attachants, Chronicle vire au film de potes ancré dans la SF, comme si les enfants de Stand by me avaient eu des pouvoirs paranormaux, le tout dans l’imagerie archétypale du teen movie (personnages et décors typiques du genre, le lycée, les grandes fêtes, une jolie fille à séduire, un puceau à dépuceler, du vomi, du fun et de la cruauté…). Tout devient meilleur pour eux, et le jour ou ils volent pour la première fois dans les nuages sera le plus beau jour de leur vie. Par ailleurs, ces conneries leur permettent jour après jour d’accroitre la maitrise de leurs pouvoirs et les rendent ainsi de plus en plus dangereux (Andrew devient particulièrement puissant).

Chronicle Andrew et Steve

Mais on assiste parallèlement, impuissants, à la dégradation mentale d’Andrew et à un danger de plus en plus proche (notamment poussé par le père tyrannique d’Andrew). Comme dans le Hollow Man de Paul Verhoeven et comme les super-vilains face aux super-héros, le sentiment de puissance provoqué par le pouvoir pèse lourd dans la balance des valeurs, et pas du coté des bonnes. Bien vite, ce sentiment grisant efface toutes limites physiques et morales et fait sombrer notre héros du coté obscur de la force. Comme Kevin Bacon dans Hollow Man, Tetsuo dans Akira ou Sissy Spacek dans Carrie au bal du diable, Andrew apparait presque comme possédé, sous l’emprise d’un pouvoir qui finira par exploser en un déferlement de rage. Les personnages d’Andrew et de Matt rappellent également beaucoup l’amitié brisée entre Arnie Cunningham et Dennis Guilder dans Christine, qui abordait des thèmes similaires, avec une voiture maléfique à la place des pouvoirs extraterrestres.

Ainsi la complicité du groupe forgée par leur secret et par leurs conneries va se briser et laisser place à une pure tragédie, ou l’individualisme s’oppose à la solidarité et à l’amitié, éternel combat du Bien contre le Mal dont la conclusion ne sera pas des plus positives. Chronicle est en effet, sous ses airs de comédie fun et de SF acidulée, un film très noir, drame ténébreux et existentialiste dont la coolatitude introductive toute droit sortie de YouTube ou d'un fantasme adolescent est assombrie par un funeste nuage, sans pour autant atteindre la prétention du poseur et fumeux The Prodigies (qui donnait lui aussi le pouvoir à de jeunes marginaux). Les couleurs du teen movie se délavent, révélant un tableau désabusé de l'adolescence (certaines scènes sont touchantes de détresse) et une relecture originale du mythe d'Icare. Malgré le drame, il y a dans Chronicle un humour noir réjouissant et une ironie féroce, héritage du scénariste Max Landis qui n’est autre que le fils de John Landis, pour lequel il avait écrit le Deer Woman des Masters of Horror.

Chronicle Andrew

Le choix de réaliser Chronicle sous la forme d’un found-footage est assez pertinent par rapport au sujet, qu’abordait cependant déjà le passionnant Cloverfield (qui lui mélangeait le found-footage au film de monstres et au film catastrophe) : la suprématie des réseaux sociaux, une jeunesse post-MTV qui n’a plus que l’image comme repères, la génération YouTube/Facebook qui « popularise » voire scénarise sa propre vie comme un film ou un journal intime accessible à tous (d’où le titre, Chronicle)…L’immersion dans la science-fiction est assez originale, et Chronicle parvient ainsi à renouveler aussi bien le film de super-héros que le genre éculé du found-footage. En clair : on a pas l’impression d’avoir déjà vu Chronicle, c’est un hybride new age complètement inédit né pourtant d’influences et de mouvements divers.

Mais il y a un hic dans cette confection faussement documentaire, un problème qu’on retrouve dans d’autres films de found-footages et qui atteint ici ses limites (comme dans [REC]³ Génesis, ou le found-footage laisse place en cours de route à une réalisation plus traditionnelle, comme si le procédé avait épuisé toutes ses cartouches), à savoir la cohérence de la caméra portée. Rien de très gênant au début : Andrew décide de tout filmer (conséquence d’un mal-être adolescent ? peut-être…), et apprendra même grâce à ses pouvoirs à contrôler sa caméra par télékinésie, ce qui permettra d’avoir des plans en steadicam sur lui-même, sur ses actions et sur ses amis. La caméra part ainsi dans les airs, flotte dans une pièce, cadre l’action en plan large et filme la descente aux enfers d’Andrew. Bref, Andrew réalise le film dont il est le héros, ou plutôt le méchant. Parfois, deux personnages chacun muni d’une caméra se croisent, permettant ainsi de monter le dialogue en champs/contre-champs (cf. la fête) ou de faire des raccords d’axe. Josh Trank semble s’être prit la tête inutilement pour justifier constamment des règles de mise en scène dans ce qui est censé être un tournage amateur. Mais les justifications pour que la caméra subjective continue encore et toujours de filmer deviennent de plus en plus absurdes (cf. le « La caméra doit rester allumée pour les besoins de l’enquête » dans la chambre d’hôpital, alors que la scène aurait été bien plus forte et ambigüe si elle avait seulement été filmée avec la caméra de surveillance sans le son), jusqu’à un climax bordélique dont l’action, qui évoque fortement du Dragon Ball Z ou ce qu’on aurait voulu voir dans The Prodigies ou dans un X-men, est reconstituée par le biais d’une multitude de caméras, de celle du touriste qui trainait par là aux caméras de surveillance en passant par celles des flics (dont une vision de l’hélicoptère) et, bien sûr, la caméra d’Andrew. Le procédé n’est plus du tout crédible, malgré le caractère spectaculaire, réaliste et saisissant des images, bien que Cloverfield soit déjà passé par là. On ne sait plus vraiment pourquoi les personnages filment (« Je ne sais pas », répond Andrew lorsqu’on lui pose la question), ni quelle caméra est en train de filmer, ni comment est monté ce climax aussi dynamique que foisonnant qui ressemble à une compilation de vidéos piochées sur YouTube. Dans le chaos urbain final, trop de caméras finit par tuer le principe du found-footage (qui sera toujours plus efficace en plans-séquences), ce qu’on constatait déjà dans Apollo 18 ou [REC.] 2. Le principe, excitant au départ, se tire une balle dans la tête et s’autodétruit au cours de ce dernier quart d’heure, guère sauvé par le monteur de En Quarantaine et du déjà bordélique The Poughkeepsie Tapes. Quand à ceux qui se plaignaient de la caméra « incassable » de Cloverfield (dans lequel il n’y avait qu’UNE caméra), ils vont avoir du boulot avec Chronicle.

Chronicle

Paradoxalement, le réalisateur redouble d’inventivité pour palier à l’invraisemblance d’un précepte esthétique usé jusqu’à la moelle. Ce n’est d’ailleurs pas parce que c’est du found-footage que ça doit être réalisé à l’arrache, et beaucoup de réalisateurs qui se sont essayé au genre n’ont pas saisi cette nuance de mise en scène. Dans Chronicle, même la simulation de l’amateurisme devient professionnel (la caméra portée d’Andrew devient une steadicam sans steadicamer, une grue sans opérateur, effectuant de très beaux mouvements). Il y a étonnement beaucoup plus d’effets spéciaux « live » et de petits trucs d’artisan que de CGI, malgré un budget restreint de 12 millions de dollars ; jamais le film n’apparait comme fauché ou cheap, il ose même la générosité et offre quelques impressionnantes et inquiétantes fulgurances (Andrew qui étale les dealers, l’araignée tuée, la voiture compressée), des séquences de vol magnifiques, oniriques et crépusculaires, et un climax bourrin au cours duquel Andrew sème le chaos dans la ville. Malgré la forme de document d’archives et de film amateur, Josh Trank truffe son film de trouvailles visuelles et amène petit à petit une véritable puissance iconographique (notamment autour du « bad guy » Andrew) dont certaines images pourraient sortir d’un comics-books. Le choix de confier le reboot des 4 Fantastiques à Josh Trank est ainsi plutôt rassurant et excitant, d’autant plus qu’il y a beaucoup de Stan Lee et de Jack Kirby dans Chronicle et que Les 4 Fantastiques suit également une poignée de personnages "communs" qui apprennent à maitriser leurs pouvoirs extraordinaires. A demi-prisonnier de son concept formel qui se justifie certes d’abord pour une raison économique évidente (quoique Renny Harlin a réalisé son affreux Pacte du sang pour 20 millions de dollars ; ça donne à réfléchir…), Josh Trank contient un énorme potentiel qui pourrait exploser en passant à la mise en scène plus « classique ». Chronicle aurait sans doute pu être le petit chef d’œuvre rêvé s’il ne s’était pas fourvoyé dans ce principe dogmatique, qui renforce la thématique et l’aspect hybride du film tout en fragilisant sa structure narrative. Confus, un peu foutraque (mais très bien foutu), invraisemblable, voilà tout ce que Chronicle aurait pu ne pas être s’il n’avait pas fait dans le found-footage. Il aurait tout simplement gagné en efficacité, bien qu'il soit en l'état assez fascinant.

Chronicle

La conclusion de

Dans cette mixture inédite mais bancale de found-footage, de super-héros et de teen movie, Josh Trank revisite la mythologie du super-héros, mais aussi et surtout celle du super-vilain, dont le récit revient aux fondements pour suivre son évolution. Les thématiques du film de super-héros sont replacées dans un contexte réel plus plausible, se reposant sur la question fantasmatique du « Et vous, que feriez-vous si vous aviez des superpouvoirs ? ». Mais sous ces airs de documenteur geek, derrière son humour décapant, son idée jouissive et les délires défoulants de son trio de jeunes, il y a une peinture cruelle de l’adolescence et un vrai film noir, pessimiste et bouillonnant, traversé de fulgurances à faire frissonner et d'une détresse mélancolique puis furieuse. Le principe du found-footage, intéressant au départ, limite hélas la portée esthétique et la crédibilité du film, forçant le réalisateur à trouver des justifications (du moins quand il y en a) de plus en plus absurdes pour libérer sa mise en scène des contraintes du faux amateurisme, jusqu’à un final aussi dément et formellement improbable que joyeusement bordélique. Très doué malgré son potentiel restreint, Josh Trank réussit à faire du grand spectacle (beaucoup d’images puissantes et d'émotions fortes) avec pas grand-chose, juste avec un concept fou, une imagination débordante nourrie de multiples influences et des effets spéciaux irréprochables.

Que faut-il en retenir ?

  • Excitant, stimulant et fantasmatique
  • Une mythologique intéressante
  • Une réalisation pleine d'idées
  • Les scènes de vol
  • Un tableau désenchanté de l'adolescence

Que faut-il oublier ?

  • Un concept esthétique qui montre ses limites
  • Une caméra subjective justifiée jusqu'à l'invraisemblance
  • Une narration fragile voire brouillonne

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