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Critique du Téléfilm : La Fille du Père Noël
La Fille du Père Noël >

Critique du Téléfilm : La Fille du Père Noël

Avis critique rédigé par Jonathan C. le samedi 24 décembre 2011 à 0149

Jenny McCarthy au pied du sapin

Jenny McCarthy et son père

Ha que tu as de la chance, toi qui passes par là ! Car pour fêter Noël, en guise de cadeau, je vais te parler de La Fille du Père Noël (alias Santa Baby), dont le principal intérêt est que le rôle-titre est tenu par la mythique playmate Jenny McCarthy et que c’est réalisé par Ron Underwood, à qui l'on doit Tremors. Il y chaque année des dizaines de nouveaux films et téléfilms produits pour Noël et majoritairement américains (mais les allemands sont aussi des coutumiers du genre), la plupart mettant en scène un Père Noël très spécial, ou alors des lutins et des elfes, ou des enfants découvrant la magie de Noël, ou encore des pères de famille trop pressés que Noël remet dans le droit chemin. Tim Allen est un grand représentant du genre, avec ses Super Noël et autres Un Noël de folie, mais on peut également citer, dans cette grande famille des téléfilms de Noël censés enchanter vos fêtes, Le Père Noël a disparu avec Leslie Nielsen en Père Noël, Frère Noël dans lequel le Santa-Claus est joué par Paul Giamatti, La Voleuse de Noël avec Shannen Doherty, Le Fils du Père Noël avec Kelsey Grammer (cf. la jaquette ci-dessous), les deux Un Amour de Noël avec Steve Guttenberg, Un Fiancé pour Noël avec un Père Noël Cupidon campé par Charles Durning, Un grand-père pour Noël avec un Ernest Borgnine de 90 ans, Un Noël pas comme les autres de Tom McLoughlin, Un Noël pour l'éternité avec Jay Mohr, Noël en péril de T. George Miller avec Lloyd Bridges, S.O.S. Père Noël avec Lauren Holly (qu’on revoit dans Les Oubliés de Noël), Un Souhait pour Noël avec Lea Thompson, le très nul Un Père Noël au grand cœur de Ian Barry, L’Esprit de Noël et Il faut croire au Père Noël tous deux de John Bradshaw, A la poursuite de Noël avec Tom Arnold, La Ville du Père Noël encore avec Tom Arnold, Le costume du Père Noël avec Kevin Sorbo (!), le potable L'Avocat du Père Noël avec un Dean Cain qu'on retrouve également dans le niais Une Nounou pour Noël avec Emmanuelle Vaugier, Les Copains fêtent Noël avec George Wendt, Christopher Lloyd et des chiens (oui parce qu’il y a aussi tous les téléfilms de Noël avec des animaux), etc. La liste de ces films avec "Noël" dans le titre est encore longue, mais vous en avez forcément vu un (même partiellement), un jour ou l’autre, pendant une soirée animée ou lors d’un dimanche hivernal pluvieux. La Fille du Père Noël (à ne pas confondre avec le film canadien éponyme de 2000) faisait partie de la fournée 2006, et comme personne ne parle jamais de ces films (dont Ron Underwood est devenu un habitué, mais j’y reviendrai), certes souvent insipides mais omniprésents jusqu’à l’overdose dans les grilles de programmation des chaines pendant les vacances de Noël (La Fille du Père Noël, c’était hier sur TF1, peut-être avez-vous eu l’immense chance de tomber dessus par hasard), je décide de m’atteler à la tâche avec celui-là.

double feature Noël

Le papa de Jenny McCarthy est donc le Père Noël, joué par George Wendt (connu pour son rôle de boulet dans le House de Steve Miner mais vu aussi dans Dreamscape, Quelque part dans le temps, Forever Young, Fletch avec Chevy Chase, La Liste noire avec Robert De Niro, Gung Ho : du saké dans le moteur de Ron Howard, le No Small Affair de Jerry Schatzberg, King of the Ants qu'il produit aussi ou Edmond du même Stuart Gordon), qui aura, soit dit en passant, incarné à plusieurs reprises le Père Noël dans d’autres téléfilms. Après avoir subit une crise cardiaque, le Père Noël doit se reposer et ne peut assurer son taf cette année. Maman Noël (Lynne Griffin, vue dans le Black Christmas original et dans Dream House) fait donc venir sa fille (qui s’appelle Mary, cela va de soi) à la rescousse, elle qui a toujours eu plein d’idées que son père n’a jamais prises en compte. Avec l’aide de son papa Noël et de sa sidekick black de copine (Kandyse McClure, le Lt. Anastasia Dualla dans Battlestar Galactica), Jenny McCarthy va donc assurer l’interim et reprendre les rennes (c’est le cas de le dire) dans le village de Polaris. Mais Jenny McCarthy est une femme d’affaires de la ville, et elle va tenter de bousculer les traditions pour faire de la grande distribution. Hélas pour elle, ces pauvres elfes ne savent même pas ce que signifie le terme de « productivité », alors que le nombre de jouets à fabriquer/envoyer est encore plus élevé que d’habitude. En plus, le fiancé de la Jenny (Tobias Mehler), un petit con de la ville, du genre à qualifier le Père Noël de « vieux schnock », veut transformer le village du Père Noël en un parc d’attraction fructifiant, ce qui n’est pas du goût de Jenny, qui, elle, tombe amoureuse de son ami d’enfance (Ivan Sergei, le Jill de Jack and Jill, héros des Repentis de John Woo et Henry Mitchell dans Charmed), ce qui n’est cette fois pas du goût de son fiancé, et puis…enfin bref, c’est la galère, un « travail impossible à accomplir ». Et pourtant…

Jenny McCarthy en Fille du Père Noël

Sur un pitch très proche de La Ville du Père Noël (2008), La Fille du Père Noël aborde une thématique commune du genre, récemment exploitée dans le Mission : Noël de Sarah Smith. Comme dans le film d’animation d’Aardman, deux méthodes s’opposent : la moderne et la traditionnelle. Il y a le folklore de Noël et la vision conservatrice, puis il y a la vision plus moderne, à la fois progressiste (les temps changent) et capitaliste (il faut faire du chiffre). L’arrivée de Jenny McCarthy, prototype de la femme urbaine sophistiquée propulsé au sein des bureaux artisanaux du Père Noël, va nuire aux traditions et aux vieilles méthodes. La Fille Noël veut des rapports de productivité, elle veut des chiffres, des bénéfices, elle supprime les pauses biscuits trop récurrentes des elfes travailleurs et transforme l’atelier de fabrication en bureaux de Wall Street avec ordinateurs. Elle n’ira pas jusqu’à accepter la proposition de transformer le village secret du Père Noël en parc d’attraction, mais pour elle, fini les petits trains en bois fabriqués à la main par le Père Noël, il n’y a plus le temps pour ça. Mais « certaines choses ont peut-être un caractère sacré », ce que notre héroïne apprendra a ses dépends et mettra en application, en tirant des bonnes leçons. Tout finira donc bien, « parce que c’est Noël ». Malgré les menaces, l’esprit de Noël sera bien évidemment conservé dans ce téléfilm qui prône les traditions, ignorant bien entendu, par respect (car les enfants regardent) ou par hypocrisie, que Noël est LA fête mercantile par excellence (c’est pas pour rien si le Père Noël est désormais associé à Coca-Cola), il en ressort d'ailleurs plus de films que n'importe quel autre évènement dans l'année. En somme, rien de bien neuf dans La Fille du Père Noël, que du convenu et du rabâché. Le récit, entièrement prévisible rien qu'à la lecture du synopsis, est en pilotage automatique. Alors qu'il s'apprête à vendre son affreux projet de parc d’attraction, le vilain fiancé, incarnation du capitaliste, sera humilié devant son patron (ce bon vieux Michael Moriarty, le héros du Dernier Match avec De Niro, le brave prospecteur protégé par Clint dans Pale Rider, le père dans Troll, le héros des Enfants de Salem et de Epouvante sur New-York tous deux de Larry Cohen, le général dans A l’épreuve du feu, Hitler dans le mystérieux Hitler Meets Christ et Ben Stone dans New York Police judiciaire), tandis que Jenny McCarthy, qui aura le privilège de conduire le traineau du Père Noël (ça veut dire qu’elle en est digne), finira dans les bras de son ami d’enfance, incarnation des traditions (le « Certaines choses ont peut-être un caractère sacré », c’est de lui). Et bien sûr, tous les mioches auront leur cadeau (enfin ça on le voit pas, mais on le suppose). L’aventure permettra aussi à notre héroïne de renforcer les liens avec ses parents, avec lesquels elle avait des problèmes de communication, et de gagner la confiance de son père. Car les relations familiales sont finalement toujours les enjeux de ce type de film, qui célèbrent la famille avant tout.

La Fille du Père Noël

Comme dans la plupart des films de Noël, de l’Elfe de Jon Favreau (Will Ferrell élevé par les lutins du Père Noël) à Mission : Noël, La Fille du Père Noël propose d’entrer dans les coulisses du travail chez le Père Noël. Découvrons la fabrication de jouets, l’atelier fourmillant d’elfes en plein travail, le département emballage, le traineau et ses rennes, la maison du Père Noël, et tout le folklore habituel, incluant l’inusable Jingle Bell Rock de Bobby Helms (morceau à écouter ICI et que vous avez pu entendre aussi dans La Course au jouet, Maman j’ai encore raté l’avion, Tout sauf en famille, Vanilla Sky ou L’Arme fatale). Le réalisateur en fait une illustration des plus banales, de celles qu’on peut voir dans tous les téléfilms du genre, avec des costumes miteux, des jouets typiques (des ours en peluche) et des intérieurs chaleureux mais aussi anodins que limités (c’est toujours les mêmes qui reviennent). Ca a beau se passer dans les ateliers ou se fabriquent les jouets de Noël, il n’y a aucune créativité à l’écran, pas une once d'inspiration. Le tout est tristement dénué de magie, malgré les quelques jolis extérieurs montagnards dans les paysages enneigés du Nord du Canada. Mais pour ce qui est de découvrir les coulisses de Noël, mieux vaut voir le plus riche et inventif Mission : Noël. Il faut bien reconnaitre qu’on peut difficilement, cinématographiquement parlant, faire ressortir la magie de Noël quand il y a un aussi maigre budget (ici 5 millions de dollars) et un format 4/3 si tristounet. C’est le problème de la majorité de ces téléfilms sentimentaux, tellement formatés qu'ils sentent le toc, sonnent faux, ne sortent jamais des sentiers battus et sont ainsi interchangeables, comme s’ils étaient conditionnés par leur contexte de Noël et par leur diffusion évènementielle (c'est un peu des films institutionnels, en fin de compte). Tels des jouets fabriqués à la chaine, ces téléfilms sont comme des produits sortis d’une même usine et offerts régulièrement sur les chaines de télévision. Mais parce qu’ils cartonnent systématiquement dans les foyers (La Fille du Père Noël fut le plus regardé des films développés pour la chaine ABC Family, avec 4,7 millions de téléspectateurs lors de sa première diffusion !), il y en aura toujours. C’est sur ces divertissements familiaux niais, mièvres, moches et bien-pensants que crachent des films anti-Esprit de Noël comme Bad Santa ou Gremlins.

Jenny McCarthy et son Père Noël

Il ne se passe évidemment pas grand-chose dans La Fille du Père Noël, malgré son histoire rocambolesque. Mais lorsqu’on découvre, en guise de climax, les piètres CGI du traineau piloté par Jenny qui vole entre les immeubles de New York à la poursuite d’un hélicoptère en CGI lui aussi, on se dit que c’est finalement mieux quand le réalisateur se contente d’ennuyeux dialogues mal cadrés, mal interprétés et systématiquement en champs/contre-champs dans des intérieurs fades. On a connu Ron Underwood plus inspiré, y compris dans la comédie et le divertissement familial. Formellement c’est insipide, jusque dans le générique de fin. Pour un film de Noël, ça manque cruellement de couleurs, de folie (sauf la scène du traineau volant) et de fantaisie. Les invraisemblances pleuvent (le petit ami n’est pas du tout étonné quand il apprend que sa nana est la fille du Père Noël ni quand il visite les ateliers des elfes), mais ça on s’en doute au moment-même ou l’on prend la décision absurde de suivre un tel film. Ce n’est quasiment jamais drôle (si ce n’est le Père Noël qui n’aime pas voyager et la demande en mariage gênante devant le Père Noël), les elfes sont bien lourdingues et tout est très timide, public visé oblige (pour ne pas dire « Tu peux te le foutre dans le cul » au Père Noël, Jenny McCarthy préfère lancer un « Je te dirais bien quoi faire de ça, mais tu me mettrais sur la liste des vilains enfants »). A vrai dire, tout ce qu’il y a à voir ici, c’est Jenny McCarthy en tenue de Noël. Attention, il n’y a évidemment rien de sexy ici, pas un bout de sein qui dépasse ni même un plan légèrement orienté sur les fesses de Jenny, mais il y a de quoi fantasmer un peu, du moins pour les pervers lubriques (je confesse) qui se risqueront à subir ce téléfilm uniquement pour mater Jenny McCarthy en fille du Père Noël. L’ex de Jim Carrey ne semble pourtant pas à sa place ici, recherchant probablement à se donner une image plus respectable et plus familiale. On préfèrera pourtant la voir faire la conne dans le vulgaire Dirty Love (elle s’y déchaine comme jamais), ou dans Scream 3, BASEketball et Scary Movie 3 de David Zucker, John Tucker doit mourir, Witless Protection avec Larry the Cable Guy, le nanar Python ou la sitcom à succès Mon Oncle Charlie.

Jenny McCarthy

Le plus regrettable avec La Fille du Père Noël, c’est finalement que c’est réalisé par Ron Underwood, dont le génial Tremors en aura marqué plus d’un et aura d’ailleurs amené 3 suites et une série. Il fut aussi assistant réalisateur sur le culte Tourist Trap de David Schmoeller, puis producteur avec Charles Band de l’hallucinant Fou à tuer avec Klaus Kinski, toujours réalisé par David Schmoeller. Après avoir troussé quelques bonnes comédies (le fantaisiste Drôles de fantômes avec Robert Downey Jr., le romantico-politique Chérie vote pour moi avec Michael Keaton et l’aventureux La Vie, l’amour, les vaches avec Billy Crystal et Jack Palance) et le très sympathique Mon Ami Joe (remake à 90 millions de dollars du Mighty Joe Young de la RKO), Underwood subit un cuisant échec : Pluto Nash, avec Eddie Murphy et 100 millions de dollars de budget (pour des recettes mondiales de…7 millions de dollars !), ruine sa carrière (même Eddie Murphy ne s’en remettra pas). Après cette catastrophe tant artistique que commerciale, le cinéaste livre une dernière bonne comédie (Stealing Sinatra, dans lequel David Arquette et William H. Macy décident de kidnapper le fils de Frank Sinatra pour obtenir une rançon, avec James Russo dans le rôle de Frank Sinatra) puis n’a plus qu’à se contenter de boulots alimentaires et impersonnels (beaucoup d’épisodes de séries peu connues, à l’exception d’Ugly Betty, Heroes, Grey’s anatomy et Desperate Housewives) comme cette Fille du Père Noël, sur lequel ce grand adepte des effets spéciaux (Tremors et Mon Ami Joe eurent leur importance dans ce domaine) a du sacrément s’ennuyer. Le nul In The Mix avec Usher, qui figure dans le Bottom 100 d’IMDb, sera son dernier long métrage cinéma à l’heure actuelle. Encore plus triste : à partir de La Fille du Père Noël, Ron Underwood devient un habitué de ces téléfilms de Noël et un fidèle faiseur de la chaine ABC Family, réalisant ainsi The Year Without a Santa Claus (remake du film d'animation de 1974), Un Fiancé pour Noël (pas celui avec Charles Durning cité dans le premier paragraphe, là c'en est encore un autre) et même La Fille du Père Noël 2 : Panique à Polaris (cependant bien meilleur, oui oui j'ai poussé le vice jusqu'à regarder cette suite aussi), toujours avec Jenny McCarthy mais cette fois avec Paul Sorvino dans le rôle du Père Noël. Et c’est sur ce triste constat, mais en compagnie (juste dans l’idée, hélas) de Jenny McCarthy, que je vous laisse et vous souhaite un joyeux Noël.

Jenny McCarthy

La conclusion de

Ni fun ni drôle ni bien confectionné, La Fille du Père Noël est un de ces téléfilms de Noël interchangeables qui polluent les programmes télé à chaque fin d’année et qu’on oublie avant même de les avoir vu (oui oui, c’est possible). Les nobles valeurs de Noël et les traditions qui vont avec y sont célébrées, écrasant le vilain capitalisme et le cynisme. La seule caractéristique de cette friandise sans goût formatée pour une diffusion télé, outre le fait que son réalisateur soit aussi celui de Tremors, c’est Jenny McCarthy en tenue de Père Noël. On se doute bien qu’elle ne va pas se livrer à un striptease autour d’un sapin de Noël ou devant la cheminée, mais comme il n’y a rien d’autre à voir dans ce téléfilm mou et laid, il n’y a qu’à s’en contenter. Ou, plus simplement, regarder autre chose, par exemple un Père Noël Origines ou un petit Black Christmas, pour rester dans le cadre de Noël. A réserver aux cinéphiles déviants, aux petits pervers et aux amoureux de Jenny, qui du coup pourront enchainer sur le un peu plus réussi La Fille du Père Noël 2.

Que faut-il en retenir ?

  • Jenny McCarthy en tenue de Père Noël

Que faut-il oublier ?

  • Mal réalisé
  • Mal joué
  • Mal écrit
  • Aucune magie
  • Aucune imagination

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