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Critique de la bande dessinée : Sang Neuf tome 1 [2011], par Nicolas W.

Avis critique rédigé par Nicolas W. le samedi 19 février 2011 à 16h26

Une nouvelle race de vampires

"Tu vas comprendre. Je dois t'expliquer tout ça parce que ça te concerne directement. Désormais, pour simplifier, Pearl Jones... Tu fais partie d'une autre espèce de vampires. Je vais prendre une image, l'automobile, tiens. Bloch et sa bande... Ce sont de vieux tacots européens du siècle dernier. Tandis que nous sommes des Ford flambant neuves, sorties de l'usine cette année, en 26, prêtes pour le salon de l'auto !"

S'il y a bien une créature à la mode en ce moment, c'est le vampire. Entre la version Twilight pour pucelles effarouchées, la version Vampire Diaries avec des monstres romantiques et la version True Blood qui oscille entre du sexe et...  du sexe, difficile de retrouver le véritable mythe fondateur du plus redoutable des prédateurs nocturnes. Mais lorsqu'un certain Stephen King rencontre le petit prodige Scott Snyder autour du thème vampirique, ça donne American Vampire dans la prestigieuse collection Vertigo de DC Comics. Et tout de suite, ça calme.

Dès la préface,Stephen King affiche clairement ses intentions : rendre aux fils de Dracula leur aura terrifiante et sanguinaire au lieu d'en faire des objets de fantasmes pour midinettes. Pour cela, les deux auteurs américains remontent au XIXème siècle alors qu'un terrible criminel, Skinner West, met le Colorado à feu et à sang jusqu'à sa capture inespérée par un des agents de la célèbre organisation Pinkerton, James Book. Malheureusement, son rapatriement par train en vue de sa pendaison tourne court. Ce n'est que près de quarante-ans plus tard que l'écrivain Will Bunting et son roman Mauvais Sang tentent d'expliquer la suite de cette sombre histoire. Au même moment, une jeune actrice en devenir, Pearl Jones, fait la connaissance d'un étrange individu qui la met en garde contre les riches producteurs d'Hollywood. Sourde à cet avertissement, elle se rend tout de même à la soirée mondaine que ceux-ci organisent. Elle ne tarde pas à se rendre compte qu'au pays du dollar, certains individus ont les dents bien longues. En deux fils narratifs entrelacés, King et Snyder nous donnent l'occasion de rencontrer les vieux vampires européens émigrés sur le nouveau monde mais aussi une nouvelle race de la nuit, plus forte, plus dangereuse, plus incontrôlable : le vampire américain.

Inutile de dire qu'avec le talent bien connu du maître de l'horreur, American Vampire affiche une insolente réussite narrative. Chaque numéro (ce premier volume en compte cinq) se découpe en deux parties, l'une sur l'histoire racontée par Will Bunting et l'autre sur celle vécue par Pearl Jones. Le récit alterne des séquences mémorables dans la plus pure tradition du film de western, avec d'autres ancrées pendant la révolution industrielle américaine et l'hégémonie du vieux cinéma en noir et blanc. La progression de l'histoire garde donc bien des surprises par devers son lecteur pour mieux les exploiter en fin d'ouvrage. Côté ambiance, on retrouve toute la peur que peut susciter le vampire, quel qu'il soit. Oubliez donc les versions sirupeuses actuelles, King et Snyder redonnent ses lettres de terreur au monstre nocturne. On retrouve les indémodables vampires européens avec leur aversion pour la lumière et les pieux, mais également la nouvelle race américaine. C'est la grande force du récit des Américains que d'arriver à renouveler le mythe tout en conservant son noyau de fureur et de sauvagerie animale. Bien plus puissant et plus effrayant que les autres, ce nouveau vampire garde certains points faibles qu'on vous laissera découvrir. Premier représentant de cette espèce, le sinistre Skinner West. Le personnage s'avère un véritable délice. Brutal, amoral et pourtant terriblement charismatique, il donne une bonne part de sa truculence au récit. De même, Pearl Jones mélange fragilité et force tout en permettant au lecteur de s'identifier bien plus facilement à elle.

En choisissant l'époque du western d'une part et celle de la révolution industrielle américaine de l'autre, les scénaristes américains font preuve d'un certain génie. Dans l'atmosphère poussiéreuse de la conquête de l'Ouest, les vampires trouvent un écho tout particulier. A période troublée, personnages troublants. De même, les balbutiements du cinéma américain et le monde impitoyable d'Hollywood se prêtent particulièrement bien à l'horreur, mais en plus raffinée cette fois. On notera aussi le rôle de l'écrivain fantastique Will Bunting dans le récit, sorte de double de King. Et si, en fin de compte, les récits d'horreur contenaient une grande part de vérité ?

Pour parfaire l'atmosphère du comic book, il fallait un dessinateur de talent. Rafael Albuquerque ne pouvait mieux tomber. Avec son trait dur, sec et très sombre, il offre un dessin d'une beauté sauvage à American Vampire. Quoi de plus adapté pour un western qu'un illustrateur au style aussi brut que celui du brésilien ? Ses planches sont un délice et sa mise en images du vampire américain fait froid dans le dos. Une totale réussite.

"Oui, à la sortie de Mauvais Sang, j'ai choisi de clore mon récit par le triomphe des gentils et la défaite de Skinner. Mais il existe un chapitre final, qui, hélas, contredit cette fin heureuse, et que je n'avais jamais raconté... Jusqu'à ce soir."

Remerciement à Amandine V. pour la relecture.

La conclusion de à propos de la Bande Dessinée : Sang Neuf tome 1 [2011]

Nicolas W.
90

Sang Neuf. Quel titre mieux adapté que cela pour le premier volume de la série American Vampire ? Avec sa vision à la fois traditionnelle et novatrice du vampire, l'œuvre de Stephen King, Scott Snyder et Rafael Albuquerque rappelle que des monstres rodent autour de nous. Le commencement génial d'une série que l'on voit déjà parmi les classiques.

Que faut-il en retenir ?

  • La narration impeccable
  • L'ambiance
  • Les deux races de vampires
  • Skinner
  • Pearl Jones
  • Le dessin

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