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Critique de la Bande Dessinée : Travaux publics
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Critique de la Bande Dessinée : Travaux publics

Avis critique rédigé par Nicolas W. le jeudi 25 novembre 2010 à 1742

Difficile reconstruction

Critique du Tome 1, Sur le Terrain

Critique du Tome 2, Le Corps d'un journaliste

"Mais je voulais enquêter sur Trustwell. J'étais venu pour eux. Tout le monde dit qu'ils sont malhonnêtes. Ils ont survécu à d'innombrables enquêtes, scandales, dénonciations et documentaires de gauche. Ils se font de l'argent sur les conflits depuis Kaboul et Bagdad. Ils ont mes bons amis aux bons endroits."

Dans Le Corps d'un journaliste, nous avions laissé Matthew Roth au cœur de la DMZ, fier d'avoir protégé ses amis et désormais concitoyens d'une nouvelle attaque de l'île de Manhattan. On apprenait aussi que Trustwell, une multinationale américaine, avait obtenu la permission d'engager des travaux de reconstruction, notamment à Ground Zero. C'est en toute logique que ce troisième numéro de DMZ s'attarde sur cette entreprise et les conséquences de son arrivée. Pour mieux enquêter sur Trustwell et sa réputation de violence aveugle, Matthew Roth intègre incognito une équipe de travailleurs. Pris dans l'engrenage du terrorisme et de la répression, il va devoir tout mettre en péril pour dévoiler la vérité.

C'est à nouveau le duo Brian Wood / Riccardo Burchielli qui revient pour ce troisième opus chez Paninicomics qui rassemble les cinq numéros originaux consacrés à l'arc Public Works. Après avoir présenté Manhattan, ses habitants et la seconde guerre civile américaine, les deux compères choisissent un sujet  brûlant et délicat avec celui du terrorisme. On constate rapidement que Wood s'évertue à disséquer les mécanismes que l'on retrouve actuellement en Irak.  Ainsi, l'arrivée de Trustwell - une énorme multinationale américaine qui s'est vue attribuer l'exclusivité des droits pour la reconstruction de Manhattan - va bouleverser la vie des habitants de la DMZ. Ceci notamment par l'emploi de nombreuses personnes de l'île au sein de groupes de travail. Mais Trustwell n'est pas à proprement parler une entreprise civile car elle possède son service de sécurité indépendant. De ce fait, elle forme une entité autonome échappant à tout contrôle. On imagine bien les risques d'une telle situation. Matthew Roth dévoile donc l'envers du décor à propos de toute la brutalité et de l'inhumanité dont fait preuve la compagnie. La réponse des New-Yorkais ne se fait pas attendre puisque les attentats se multiplient contre Trustwell, obligeant encore la sécurité à radicaliser ses actions et à perpétuer un cercle vicieux extrêmement dangereux. Brian Wood choisit de nous faire pénétrer une de ces cellules terroristes et de disséquer celle-ci avec une intelligence redoutable. Une idée d'autant plus importante au vu du contexte politique actuel.

L'auteur ne cède surtout jamais au piège du manichéisme. Si Trustwell s'avère une entité des plus douteuses d'un point de vue humain, les terroristes eux ne sont pas forcément les fous dangereux que l'on imagine. Comme dans la réalité, on retrouve des hommes qui profitent du désespoir et de la misère des autres pour s'approprier davantage de pouvoir et d'argent. Que ce soit par conviction religieuse ou politique, cela importe peu. Tout n'est que duperie. A ce titre, le personnage d'Amina s'avère splendide. Jeune femme désespérée qui n'a plus rien d'autre à donner que sa vie, elle apporte une dimension tragique au récit et finalement marque le lecteur au fer rouge. Brian Wood a ce don inné pour camper des personnages forts et loin des stéréotypes. Non content de cela, il fait constamment évoluer ses protagonistes principaux. Matthew se trouve déjà bien loin du jeune adolescent naïf qui débarquait dans la DMZ dans Sur le Terrain et d'autres, tels que Zee ou Wilson, prennent de l'importance et une certaine épaisseur.

Comme évoqué plus haut, c'est l'audace de Brian Wood pour parler en fin de compte du conflit irakien actuel qui surprend et réjouit. On reconnaîtra en Trustwell la multitude de sociétés privées qui se sont âprement battues pour décrocher des contrats de reconstruction en Irak, mais aussi et surtout l'ombre de Blackwater. En effet, comment ne pas penser à cette SMP (Société Militaire Privée) au travers des forces de sécurité indépendantes de Trustwell ? Mine de rien, Brian Wood met en garde contre cette tendance de plus en plus prononcée de "privatisation" de la guerre. Ce que l'on voit ici ne peut manquer de nous interpeller sur le danger constitué par ces SMP florissantes. Pour terminer, on se souviendra également de la séquence de torture insérée dans le récit et qui renvoie aux plus sombres méfaits de l'armée américaine durant le conflit au Moyen-Orient.  Le véritable et seul reproche que l'on fera à ce tome se trouve dans le déroulement du récit qui reprend un peu trop le calque de la machination du précédent volume. Rien de bien méchant mais on espère que le scénariste américain saura se renouveler dans le prochain tome, Tirs amis. Quand à Riccardo Burchielli, il continue à assurer un travail graphique irréprochable.

"Je n'avais pas de nom ici, pas d'identité. La raison de ma présence était enterrée sous tant de couches de mensonges et de couvertures que j'avais du mal à m'en souvenir. Comment est-ce que les autres gèrent ça ? Ceux pour qui c'est réel ? Il n'y a rien d'autre à attendre que plus de violence et plus de travail. "

Remerciement à Amandine V. pour la relecture.

La conclusion de

Excellent cru que ce troisième opus de DMZ. Avec intelligence et audace mais sans jamais oublier de soigner ses personnages et ses péripéties, Brian Wood continue à marquer le monde du comics. On ne peut que recommander les nouvelles (més)aventures de Matthew Roth.

Que faut-il en retenir ?

  • Le propos
  • Le refus du manichéisme
  • Le dessin
  • Amina
  • L'évolution des personnages

Que faut-il oublier ?

  • Une trame perfectible

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