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Critique de la Bande Dessinée : Illusions
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Critique de la Bande Dessinée : Illusions

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 30 septembre 2010 à 1721

Pétard mouillé made in Africa

Enfin réunis, les héros de Kenya se rendent dans un village installé près du lac Victoria. Là, ils vont retrouver lord Balmer, qui a apparemment perdu la raison. Le soir, installé au coin du feu, Kathy Austin et ses compagnons écoutent les propos délirants d'un lord Balmer plongé dans une véritable transe quand le village est attaqué par une redoutable créature...

Je l'avoue, le fait que j'attendais avec impatience la sortie de cet album n'avait absolument rien à voir avec un quelconque attachement envers un cycle en plein essoufflement. Non, j'étais plutôt le sujet d'une curiosité malsaine, poussé par un mauvais pressentiment concernant cette histoire mis en forme par Rodolphe et Leo. Attention, ce n'est pas que je pense que les quatre premiers tomes de Kenya soient mauvais - loin de là -, mais ils dégagent une vague impression d'insuffisance, non pas dans la force de ses éléments narratifs mais par les fondements de l'intrigue, pouvant me laisser craindre que Kenya ne serait finalement qu'une belle baudruche pleine de vide. En même temps, ayant beaucoup d'affection pour Léo (qui m'enchante depuis dix ans avec Les Mondes d'Aldebaran), j'espérais me tromper. Hélas...

Pourtant, l'album débute par ce que le duo sait faire le mieux: la construction d'une séquence aventureuse où un lion doit affronter un fauve plus fort que lui. Une scène bien découpée, efficace et bien dans l'ambiance entretenue depuis le tome 1. On se met à espérer alors un épisode final plein d'action et de rebondissements, tout en amenant son lot de réponses. Il faut dire que des mystères, Rodolphe nous en a sortis quelques uns dans les précédents volumes! Mais on déchante rapidement quand on retrouve les héros, qui entrent dans un village d'autochtones. A partir de là, c'est carrément la catastrophe, qui va en entrainer une autre. Chers lecteurs, vous vouliez des explications? Rodolphe va vous en donner, ou plutôt va vous les balancer à la figure, de la manière la plus bourrine possible! Tout d'abord par l'intermédiaire de lord Balmer qui, via un véritable exposé explicatif (on dirait un docu télévisé), nous dit tout sur ces caissons remplis de monstres antédiluviens, puis, encore plus débile, par la rencontre entre Kathy Austin et un extra-terrestre qui lui dévoile - sans y être forcé - toutes les activités de ses congénères. Après avoir mis tant de mal à les cacher aux yeux du monde, on se demande vraiment ce qu'il lui prend de se confier à un agent secret britannique. Aurait-il succombé aux beaux yeux de miss Austin?

De plus, à coté de cela, ce cinquième tome ne présente pas grand chose de très enthousiasmant. Que dire, en effet, du sacrifice de l'ordure de service, John Remington, un geste aussi héroïque qu'idiot (car inutile) et qui transforme ce personnage, jusque là assez intéressant, est un autre nettement plus commun?  Franchement, scénaristiquement parlant, cet album est mauvais. Il est même totalement inintéressant dans sa deuxième moitié tant il nous en dévoile trop à travers les délires de lord Balmer. D'ailleurs, on dirait que Léo a grandement conscience des faiblesses de cet épisode car il nous livre ici un travail vraiment peu inspiré, n'arrivant même pas à convaincre dans le secteur où il excelle en général; la représentation du bestiaire (le cinognathus est en effet ni impressionnant, ni original).  Finalement, le seul aspect qui sauve Illusions du pilori est que, malgré tout, les auteurs parviennent tout de même à entretenir cette sympathique ambiance africaine empruntant à Hemingway et Conan Doyle, bien aidés, il faut le dire, par la bonne mise en couleur de Scarlett Smulkowski. Au final, force est de rendre à l'évidence, Kenya n'est qu'un triste pétard mouillé qui égratigne l'image de marque de ses auteurs. Espérons que Namibia, saison deux de ce cycle, redresse la barre...

La conclusion de

La lecture d'Illusions, cinquième et dernier tome de Kenya, laisse un gout amer dans la bouche. En effet, après un début prometteur et un second tome très réussi, le cycle s'achève ici de la pire des manières, sans aucun suspense, ni action, ni rebondissement, juste à travers deux confessions rapidement bouclées qui lèvent le voile sur un mystère finalement pas si extraordinaire que ça. On se rend compte désormais que si Kenya repose sur un pitch génial, Rodolphe a traité le sujet avec un mélange de subtilité pachydermique et un manque de discernement dramatique, le tout s'achevant par un véritable effet soufflé. Vraiment dommage, d'autant plus qu'à coté de cela, le cycle est agréable à lire de par son atmosphère pulp - qui mélange plusieurs genres (SF à la X-Files, aventures exotiques, uchronies victoriennes à base de dinosaures) - très bien entretenue par les dessins de Léo et les couleurs de Scarlett Smulkowski.

Que faut-il en retenir ?

  • Le capital sympathie de la série
  •  Les couleurs de Scarlett Smulkowski

Que faut-il oublier ?

  • Un récit sans action, ni rebondissement
  • Une deuxième partie d'album très faible
  • Des révélations amenées sans subtilité
  • Un Léo peu inspiré

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