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Phantasm II >

Critique du Film : Phantasm II

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 5 juillet 2010 à 18:40

A la poursuite du Tall Man

Phantasm II se déroule quelques années après les évènements du premier volet. Le jeune Mike est devenu désormais un adulte et, après quelques années passées dans une clinique psychiatrique, les spécialistes le jugent apte à retourner à la vie civile. Mais ce que les médecins ne savent pas, c'est que Mike est resté persuadé, en son for intérieur, de l'existence du Tall Man et de ses horribles serviteurs gnomes...

Suite d'un film devenu culte, Phantasm II est une suite tardive qui voit Mike et Reggie s'unir et s'armer pour tenter d'éliminer un Tall Man gagnant en puissance. Le réalisateur, Don Coscarelli, qui entre temps a mis en boîte un unique film de fantasy (c’est très peu), fait évoluer son concept de film d'horreur onirique en y introduisant un humour noir potache hérité d'Evil Dead tout en conservant l'aspect brumeux de l'intrigue, qui bafouille entre le cauchemar et la réalité. Comme dans le premier volet, le cinéaste adopte donc un traitement entretenant l'incertitude et les questionnements, ce qui lui donne une grande marge de manœuvre dans ses expérimentations cinématographiques (le prétexte du rêve est un bon moyen pour faire passer à l'écran les choses les plus improbables).

Si le scénario du premier épisode posait son action dans un seul lieu, celui de Phantasm II apparait comme un road-movie horrifique avec un duo de chasseur traquant une créature démoniaque semant derrière elle terreur et désolation. On assiste donc à la mise en place d'une atmosphère post-apocalyptique morbide avec ses villes abandonnées, ses maisons condamnées, ses voitures épaves et ses cimetières profanés. L'Oregon que traversent Mike et Reggie n'est qu'un no man's land macabre (le réalisateur prend bien garde de n'introduire dans le récit aucun personnages qui ne soit nécessaire à l'intrigue) qui jure avec certaines séquences, où les gens vivent une existence "normale". Cette sensation d'absence d'accroche réaliste (un gérant d'hôtel, un pompiste, un passant...) entretient bien entendu cette impression de songe cauchemardesque.

Phantasm II est également une quête. Mike a rêvé d'une jeune fille en danger et le Tall Man, bien évidemment, a des vues sur elle, juste parce que Mike s'y intéresse. Remarquez, cela arrange nos amis car il leur suffit de suivre les traces de ce profanateur de sépultures pour arriver à Perigord, où réside la jeune promise. En cours de route, pour ne pas que Reggie soit en reste, ils récupèrent Alchemy, une jolie brune errant sur le bord de la route (la même que Mike a vu, la veille, allongée nue sur la table d'une morgue!). Une construction complètement abracadabrante qui met en évidence que tous ces évènements ne sont que le fruit de l'imagination d'un rêveur ou les délires d'un fou. Oui, mais qui? Serait-ce les fantasmes d'un Mike toujours alité dans son asile d'aliéné?

En fait, au fil du métrage, l'on se rend compte que Don Coscarelli, la nature du rêveur, il s'en moque comme de sa première chaussette. Pour lui, Phantasm II n'est que l'occasion de mettre en scène les séquences les plus étranges possibles et de récupérer les icones SF et fantastiques qui ont fait le succès du premier volet: le Tall Man, les gnomes, le monde parallèle et les sphères volantes. Et ça, il le fait plutôt bien en transformant le Tall Man en un croque-mitaine persécuteur de prêtres alcooliques, assisté par des complices muets, et en multipliant les interventions et les capacités des sphères. Le cinéaste n'hésite d'ailleurs pas à maltraiter sa mythologie, en introduisant dans la narration un humour décalé fait de comique de situation, d'effets grand guignol, de références cinéphiliques (Evil Dead, Les griffes de la nuit, les slashers) et de répliques décontractée (« désolé, mamie ! » plaisante Liz après avoir mis hors de combat sa grand-mère réincarnée en gnome). Ceux qui attendaient une suite sérieuse à Phantasm en ont donc été pour leurs frais.

La réalisation s'applique à toujours mettre en évidence cette impressionnante photographie qui a fait le succès du premier film. Une photographie froide qui entretient l'atmosphère macabre dégageant de ces décors morbides (cimetière, morgue) et d'une quasi-absence de fond sonore (hormis cette angoissante musique composée par Fred Myrow). On peut cependant parfois s'étonner du manque de professionnalisme dans la construction de certaine séquences, comme lorsque Alchemy chevauche Reggie dans une scène de sexe où l'on voit très bien qu'elle a conservé son slip (alors qu'un petit effort dans le choix des cadres aurait pu donner le change). Les effets spéciaux, s'ils apparaissent évidemment comme datés, sont en général toujours aussi percutants. Certains incrustations sont certes bien perfectibles (comme quand le Tall Man projette Liz contre un mur de la morgue) mais ces passages médiocres sont bien rattrapés par les séquences mettant en scène les sphères, des saloperies métalliques qui percent, découpent, brulent tout ce qui se trouve sur leur trajectoire.

Pour ce qui est de l'interprétation, James LeGros joue un Mike adulte de manière assez atone. C’est simple, on dirait qu'il en permanence sous l'effet d'une surdose de Tranxene. C'est assurément l'un des points faibles du film. A coté de lui, Reggie Bannister rattrape un peu le coup. Don Coscarelli lui a confié un personnage un brin désabusé qui lorgne parfois du coté de Ash (Evil Dead) et il s'en sort plutôt bien dans le registre du second degré. Du coté des filles, les amateurs de polissonneries reconnaitront une Samantha Phillips non encore siliconée (et teinte en brune pour l'occasion) dans le rôle d’Alchemy. Quand à Liz, seuls les fans du show TV Santa Barbara seront capables de reconnaitre l'actrice Paula Irvine (que l’on a plus vu sur un plateau depuis 1994 et… Phantasm 3, Le seigneur de la mort). De toute manière, la force du film ne se situe pas dans ses rôles de gentil mais dans son croque-mitaine, le Tall Man, toujours interprété par Angus Scrimm. Et là, force est de de dire que cet impressionnant comédien parvient à dégager une aura quasi surnaturelle, et cela sans en faire des tonnes, juste en marchant vers la caméra...

 

55

Suite un brin différente, par son ambiance, de Phantasm, cette séquelle réalisée dix ans après par le même Don Coscarelli se veut moins sérieuse que le film originel. En effet, comme si le cinéaste n'accordait finalement aucun crédit au potentiel horrifique de sa mythologie, il s'amuse à y glisser une forte dose d'humour décalé et surenchérit dans le registre des séquences irréalistes. Au final, il en résulte un film bizarre assez divertissant, fort en éléments marquants (le monde parallèle, les sphères...) et appuyé par la présence d'un personnage très impressionnant, le Tall Man!

Critique de publiée le 5 juillet 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Le Tall Man, toujours aussi impressionnant
  • L’imaginaire macabre créé par Coscarelli
  • Un second degré étonnant
  • Les sphères, de véritables saloperies !
  • Quelques clins d’œil sympathiques

Que faut-il oublier ?

  • Une suite manquant d’ambition
  • James LeGros, à coté de la plaque
  • Des effets spéciaux parfois très médiocres

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