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Critique du film : Phantasm #1 [1979], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 3 janvier 2010 à 19h46

Cauchemar éveillé ou...

Alors qu’il traine du coté du cimetière de Morningside, Michael, un  jeune orphelin, observe un étrange manège dirigé par un employé de pompes funèbres aussi grand qu’inquiétant. Quelques temps plus tard, alors qu’il joue les voyeurs, toujours sur le même lieu, il se croit attaqué par une étrange créature naine. Tout d’abord septique, son frère ainé va finalement le croire quand Michael lui montre un doigt tranché sur le croque-mort… animé de sa propre vie !

Œuvre atypique, Phantasm est considérée aujourd’hui comme un film culte. Matérialisation filmique du cauchemar d’un adolescent traumatisé par la perte de ses parents et de son frère, le métrage de Don Coscarelli a traversé les années en affichant une étiquette onirique et macabre justifiée. Aujourd’hui, trente années s’étant écoulées depuis sa sortie, il m’est venu l’envie de vérifier si ce métrage (qui m’avait littéralement envouté à l’époque) avait conservé toute sa puissance. J’ai été en grande partie satisfait.

Le problème, c’est évident, se situe au niveau de la réalisation, qui était déjà bien marquée à l’époque par son flottement. Cependant, si à la fin des années 80 ce défaut pouvait passer sans problème pour un artifice destiné à entretenir l’atmosphère onirique du film, force est d’admettre aujourd’hui que le travail de Coscarelli souffre de nombreuses approximations (faux raccord, mise en scène parfois mal maitrisée). Cette impression d’imperfection s’ajoute à la médiocrité d’effets spéciaux mettant en forme de manière maladroite d’excellentes idées. Donc, au niveau technique, le film accuse le poids des ans. Heureusement, il en est tout autrement de l’ambiance géniale dégagée par le film.

Phantasm est une œuvre totalement atypique dans le paysage du cinéma d’horreur des eighties (le film est sorti en 1979 mais il peut être inscrit sans problème dans la décennie suivante). Avec son style sombre, feutrée, macabre, son rythme lancinant, il évoque en effet plus le cinéma fantastique européen de l’époque – de la même manière que Dead & Buried, qui exploite d’une manière assez semblable les mêmes frayeurs – et se positionne finalement assez loin du cinéma de genre US qui, à l’époque, surfait sur la vague du slasher graphiquement poussé.  Il faudra attendre d’ailleurs Les griffes de la nuit, en 1984, pour voir sortir sur les écrans une version fantasmée du slasher où certains détails, dans l’attitude et l’environnement de Freddy Krueger, nous rappellent le croque-mitaine de Morningside. Enfin, la musique de Fred Mearow et Malcolm Seagrave, fortement marquée par l’influence des Goblins, ajoute à la sensation de se retrouver devant un  film fantastique européen.

Mais considérer Don Coscarelli comme un plagieur de Dario Argento ou Lucio Fulci serait une fausse accusation, tant les comparatifs s’arrêtent là. Phantasm est un effet le fruit du travail d’un véritable artiste qui a su, avec une grande imagination, marier l’onirisme bunuélien (il y a même quelque chose de surréaliste dans la réalisation de Coscarelli, avec un gros travail sur les lumières, notamment dans la morgue), l’horreur gothique et le « macabro » italien. Le tout arrosé parfois d’une « sauce » yankee (un peu trop ?) décontractée, privée de toute métaphore, amenant dans ces moments là un double ton comique déstabilisant (la séquence de l’insecte dans la cuisine, absolument débile). En fait, si dans un premier temps, l’on peut se choquer de ce souk narratif, il suffit de prendre bien conscience que l’on évolue ici dans le monde des songes, qui ne fait guère de différences entre logique et irréalisme. Un univers chimérique où tout est permis, d'autant plus que c'est celui d'un enfant.

Puis vient l’iconographie. Ceux qui ont vu, adolescents, le Tall Man pour la première fois s’en souviennent encore aujourd’hui. Figure marquante, le Tall Man, dés ce premier volet, a rejoint le panthéon des grands « monstres » du fantastique de l’horreur, en compagnie de Dracula, du monstre de Frankenstein, les plus anciens, mais aussi Jason Vorhees et Michael Myers. Tous avec leurs propres caractéristiques. D’ailleurs, le Tall Man fera des émules. Parmi les plus connus, on peut citer le Candyman et surtout Kane, le terrifiant prêcheur du cycle de Poltergeist.  Ce succès, le Tall Man, le doit essentiellement au charisme de son interprète, Angus Scrimm qui, encore aujourd’hui, à 84 ans, continue d’œuvrer pour le cinéma d’horreur et attirer la foule dans les conventions.

Evidemment, comme Angus Scrimm tire un peu la couverture à lui, dur de se remémorer les noms des autres comédiens de Phantasm. A. Michael Baldwin, qui incarne le jeune Michael a disparu des écrans depuis le début des années 2000 après une carrière peu glorieuse. C’est toutefois mieux que Bill Thronbury, assez fade il est vrai sous les traits de Jody, le grand frère, qui, à part les Phantasm, n’a rien tourné de mémorable. Seul Reggie Bannister peut se targuer d’avoir un déroulé de carrière dans la série B, où son nom figure très souvent au générique dans les seconds rôles. Le bilan est donc bien faible.

Quand à Don Coscarelli, il a continué dans son délire des Phantasm, avec des volets suivants encore plus fous. A coté de cela, pas grand-chose pendant vingt ans, mis à part un sympathique et kitchissime Dar l’invincible. C’est finalement Bruce Campbell qui va relancer sa carrière, en portant sur ses épaules un film complètement fou, complètement génial, intitulé Bubba Ho-Tep. Tant mieux pour lui. Tant mieux pour nous.

La conclusion de à propos du Film : Phantasm #1 [1979]

Nicolas L.
80

Malgré le poids des ans, Phantasm reste une œuvre majeure dans l’histoire du cinéma fantastique. Il faut en effet chercher sa force au-delà de son discutable niveau technique, déjà moyen à l’époque de sa sortie, mais dans tout l’imaginaire qu’il met en place, construit à partir d’éléments récupérés un peu dans tous les cinémas, pour aboutir à un style qui fera date et servira d’exemple. Un grand classique.

Que faut-il en retenir ?

  • Un imaginaire totalement génial
  • Une atmosphère macabre bien entretenue Le Tall Man

Que faut-il oublier ?

  • Techniquement perfectible
  • Un mélange de tons qui peut déranger

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