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Critique du Roman : Frankia
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Critique du Roman : Frankia

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 27 septembre 2009 à 1506

Les légions de la Haine

Sans même lui faire l’aumône d’un regard, la walkyrie d’acier l’éviscéra d’un seul geste, comme elle aurait balayé un insecte. Une demi-seconde, pourtant, elle laissa sa main griffue enracinée dans la chair vive, la mouvant dans les entrailles palpitantes avec une volupté hideuse, alors que le malheureux vagissait interminablement, parcouru de spasmes, avant de la retirer.
Elle l’abandonna, outre percée et frémissante, et poursuivit son chemin.


Dans cet ultime tome de la trilogie Frankia, l’auteur Jean-Luc Marcastel nous conte les aventures des trois héros Lorïen le mutant, Morkhaï l’orc et Faëllia l’elfe luttant pour leur survie, et celle de l’humanité, dans un Paris occupé par les maléfiques légions teutoniennes de Von Wolf. Pour ce faire, il s’éloigne encore un plus du style « folklorique » qui a fait sa réputation pour coller, de manière encore plus marquée, à une écriture nerveuse, moderne… et horrifique. Et je dois admettre que l’initiative m’a séduit.

En effet, même si le texte continue à contenir quelques erreurs (page 279, par exemple, l’auteur nous parle de soldats français au lieu de soldats frankiens) et qu'il présente toujours quelques passages un brin trop mièvres (certains, évidemment, les qualifieront de très romantiques), il est indéniable que ce troisième épisode est le meilleur. Le plus poignant, le plus captivant. Ici, en quittant les campagnes cévenoles pour rejoindre une grande cité dont la population vit dans la terreur et la servilité, Jean-Luc Marcastel nous emmène faire un petit tour cauchemardesque dans le domaine de l’horreur organique de David Cronenberg, de l’Interzone de Bourroughs, de la SF d’épouvante d'Howard Phillips Lovecraft et du cyberpunk de Shinya Tsukamoto. La perversion de la chair, et de l’âme, pour accéder à la gloire, à l’immortalité, sous la direction de Von Drakho, entité tentaculaire composée d’essence haineuse, tel est le prix à payer par les Teutoniens. La chaleur de la chair et de l’amour face au froid du métal et de la haine, telle est l’arme de « l’humanité ».

Le récit est donc fortement adulte, démonstratif dans son aspect violent et ponctué par de nombreux passages érotiques qui, pour beaucoup, se répètent un peu trop souvent. L’écrivain continue aussi de cultiver le parallèle entre les ethnies présentes dans son roman et celles ayant subies le plus les affres de la deuxième guerre mondiale (tirailleurs africains pour les orcs et juifs pour les elfes). Ainsi, au fil des pages, si l’on fait abstraction de ces petites tendances qu’a l’auteur à être parfois trop insistant, l’on se rend compte que, finalement, Jean-Luc Marcastel est aussi à l’aise dans la littérature jeunesse que dans la plus dure des narrations, sa plume s’adaptant assez facilement aux situations, amenant de manière assez naturelle les situations les plus glauques.

De plus, avec ses 367 pages, ce roman est plus long que les précédents et bien plus riche en péripéties épiques et héroïques. En ce qui concerne le profil des personnages, je préfère nettement ceux qui évoluent du coté des méchants (il est utile de préciser que le texte reste très manichéen) avec, notamment, la walkyrie, personnage à la fois terriblement sensuel et létal, véritable mante religieuse faite de métal et de chair. L’introduction de petits histoires parallèles, comme celle de la compagnie de warcrushers (des exosquelettes blindés et armés) du capitaine James Duval amènent également une diversité  bienvenue et une utile mise en situation (même si le final est introduit de manière un peu précipitée). Enfin, certains passages sont vraiment accrocheurs. Le combat dans le Muséum d’Histoire Naturelle du Jardin des Plantes, compte parmi ceux-ci, tout comme le final, paroxysmique, qui clôt de belle manière une trilogie qui n’a fait que s’améliorer au fil des tomes.

La conclusion de

Frankia tome 3 matérialise ce qu’aurait dû être la trilogie. Un très habile mélange de fantasy, d’uchronie fantastique, de SF et d’horreur, riche en passages épiques, présenté sous un style adulte et fortement charnel. Jean-Luc Marcastel démontre ici qu’il est en nette progression, à la fois dans sa richesse stylistique et dans la manière de traiter les situations les plus délicates. Un auteur a suivre de très, très près.

Que faut-il en retenir ?

  • Un texte riche en péripéties
  • Une plume adulte assez convaincante
  • Des personnages "méchants" très réussis
  • Un mélange de genres réussi

Que faut-il oublier ?

  • Un discours très manichéen
  • Des personnages principaux un peu convenus
  • L'excès de romantisme un brin naïf

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