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Critique du Roman : Frankia
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Critique du Roman : Frankia

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 3 septembre 2009 à 1831

Une entame de trilogie steampunk fantasy un brin décevante

Elle se dressait dans la lumière sans chaleur, exposant à ses yeux captifs la grâce fantasmatique de son corps de métal nu.
Infiniment inhumaine, infiniment sensuelle, infiniment mortelle, fruit pervers des amours effroyables d'une femme, d'une lame et d'un insecte, elle exhibait, aux pupilles fascinées du jeune homme, sa beauté meurtrière...

Vraiment très séduit par la lecture des deux premiers tomes de Louis le Galoup (éditions Nouvel Angle), j'ai eu envie d'explorer un peu plus avant l'imaginaire de l'auteur Jean-Luc Marcastel. Je me suis donc lancé avec enthousiasme dans la lecture d'un autre cycle de l'écrivain, intitulé Frankia.

Il faut dire que le bref descriptif de l'éditeur Mnemos portant sur l'univers de Frankia avait tout pour me séduire: une uchronie fantasy se déroulant durant la seconde guerre mondiale. Je restais d'ailleurs sur deux excellentes expériences dans le genre, toutes deux issues de l'esprit du français Christophe Lambert: La brèche et Le Commando des immortels. En fait, le Frankia de Jean-Luc Marcastel, que je définirai comme une « uchronie fantasy steampunk » pourrait être considéré comme un mélange des deux.

Ce n'est donc pas cet aspect qui m'a gêné dans la lecture de ce premier tome. C'est plutôt l'impression de relire un peu la même histoire que celle de Louis le Galoup, en version adulte (l’auteur s’étend d’ailleurs très – trop ? – longuement sur les descriptions des plastiques féminines). En effet, comme dans Louis le Galoup, nous avons affaire à un trio de fugitifs essayant d'échapper à une menace raciste et assassine, aux ambitions hégémoniques et aux doctrines radicales. Le personnage principal est, de nouveau, un jeune métamorphe au passé inconnu. Il est, là aussi, amoureux, de sa jolie camarade de cavale (ici, c'est une elfe), et le troisième larron est, de nouveau, son frère, un gars gentil et costaud (ici, c'est un orc). Enfin, comme dans Louis le Galoup, il y a encore le même développement sur les principes de destinée et de la notion d’élu.

Il est vrai que ces similitudes ne vont pas forcément déranger ceux qui n'ont pas lu Louis le Galoup, mais j'ai trouvé la démarche un peu osée. On peut également regretter que le récit soit si manichéen et qu'il force vraiment trop la dose sur le cliché. La fantasy, je ne le nie pas, n'est pas un genre très porté sur la subtilité et le renouvellement mais il était possible, je pense, de la part d'un auteur du niveau de Marcastel, d'amener quelques innovations (et plus de subtilité) dans les rapports sociaux et dans les relations entre les différentes races orcs, elfes, naines et humaines. A mon avis, la simple utilisation d’une narration analogique (les orcs avec les africains, les elfes avec les juifs) n'est pas un exercice suffisamment fort et novateur pour rendre le texte original.

Suivant la même logique, les troupes d'envahisseurs sont des projections fantastiques et steampunk de ces armées allemandes qui ont tenté, dans les années 40, de conquérir le monde. Tous les représentants des ces irrésistibles forces maléfiques ont subis des manipulations technologiques qui les ont transformés en cyborgs aux profils insectoïdes et ils sont assistés par de redoutables machines de guerre crachant le feu et la vapeur (arachnopanzer, mecanovouivre, etc.). Leurs officiers sont des meurtriers bardés de prothèses biomécaniques et des dominatrices sadiques. Là encore, Jean-Luc Marcastel ne nous épargne guère en clichés et en stéréotypes.

Bon, maintenant que j’ai exposé ce que j’avais trouvé de décevant dans ce premier tome de Frankia, je vais me contredire un peu en vantant les qualités de ce roman. Car, tout compte fait, j’ai passé un bien agréable moment dans sa lecture. Jean-Luc Marcastel s'exprime une nouvelle fois avec son style très élégant, une plume classique, un brin désuète, qui est peut-être moins en accord avec cet univers de métal qu’avec celui, médiéval, de Louis le Galoup mais qui offre un véritable plaisir de lecture à tous ceux qui apprécient la belle écriture, au tournures « vieux français ».

L’auteur a aussi le talent pour rendre ses personnages, pourtant bien peu originaux dans leur construction, très attachants. Je ne sais trop comment, à chaque fois, j’accroche aux aventures de ses jeunes gens qui courent les villes et les campagnes, traqués par des hordes de monstres très, très vilains.  Il me faut aussi signaler que Frankia met en avant quelques personnages secondaires bien pulps et hauts en couleurs, comme la terrible et sexy Ishaëna, et que le récit ne manque pas de passages épiques et de moments d’action. Des atouts qui font que, au final, le premier tome de Frankia est loin d’être ennuyeux. D’ailleurs, pour preuve de mon interet, j’ai d’ores et déjà entamé la lecture du tome 2 (qui s’avère d’ailleurs plus intéressant).

La conclusion de

Malgré ma déception de trouver dans Frankia un récit finalement peu original et un peu plombé par les clichés et les redondances « sensuelles », j’en suis arrivé à un bilan positif. En effet, Jean-Luc Marcastel compense les carences de cette histoire par l’expression d’un véritable don de conteur et par une plume très élégante. Quelques passages bien menés et quelques situations épiques finissent même par tirer la qualité du roman au-dessus de la moyenne. Mais je tiens vraiment à dire que j’attends nettement mieux du tome 2.

Que faut-il en retenir ?

  • Un manque d'originalité
  • Trop de manichéisme et de clichés
  • Des redondances

Que faut-il oublier ?

  • Une belle plume
  • Des passages bien menés
  • Des personnages attachants
  • Un univers steampunk intéressant

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