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Critique du Film (Direct to Vidéo) : L'héritage du sang
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Critique du Film (Direct to Vidéo) : L'héritage du sang

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 19 juillet 2009 à 1747

Un lamentable plagiat...

Il semblerait que rien n'arrête désormais plus les producteurs hollywoodien. En effet, s'il est compréhensible - à défaut d'être acceptable - que ces derniers donnent des suites à de gros succès au box office, le fait de les voir mettre en chantier la séquelle d'un film n'ayant connu qu'un lamentable bide dans les salles obscures a de quoi en surprendre plus d'un. Certes, Donnie Darko a depuis connu un bon succès sur le marché du dvd, acquérant dans le même temps un petit statut de film culte, néanmoins, reconnaissons tout de même qu'il n'appelait raisonnablement aucune suite. Ceci dit, raison et bénéfices faisant rarement bon ménage, il n'en fallait finalement pas plus pour lancer le projet, et ce à défaut de respecter une intégrité artistique quelconque voire d'apporter des éléments, même mineurs, à l'édifice bâti par le film de Richard Kelly.

S.Darko suit les pérégrination de Samantha Darko, la plus jeune soeur du regretté Donnie Darko ; chose amusante, même si pas forcément intéressante, c'est la même actrice qui interprète le personnage neuf ans après. Daveigh Chase a aujourd'hui dix-neuf ans et, bien loin du rôle très anecdotique qu'elle pouvait avoir dans le premier film, porte désormais le film sur ses épaules alors que, coincé dans une bourgade isolée des Etats-Unis, son personnage commence à vivre des évènements très similaires à ceux qu'avait connu son grand frère près d'une décénie plus tôt. Sous-titré A Donnie Darko Tale, ce direct do video donnait finalement à craindre - ou espérer, tout dépend des points de vue - qu'une espèce de malédiction pesait sur la famille Darko. Rassurez-vous, tout est bien plus simple : S.Darko n'est au final qu'un vague plagiat.

Dès le début du film - après qu'un résumé aussi rapide que maladroit ait expliqué ce qui s'était passé entre Donnie Darko et ce film, à savoir rien du tout - S.Darko pose une ambiance qui n'est clairement pas sans rappeler celle qu'avait instauré Richard Kelly dix ans plus tôt. Même musique, utilisation de ralentis et d'accélérations, ambiance onirique, Chris Fisher, réalisateur de cette suite, connaît visiblement bien le travail de son prédécesseur et le reproduit consciencieusement ici. Si la cohérence formelle avec Donnie Darko est appréciable, Fisher montre en revanche très vite ses limites lorsqu'il se trouve face au problème inhérent au style du film : la gestion du rythme. Si Kelly avait quant à lui réussi à suffisamment rythmer son film pour palier à la lenteur générale voulue par le script, son successeur n'aura visiblement pas su en faire autant. S.Darko souffre ainsi d'énormes chutes de rythme ; on devrait être envouté et pris dans le film, mais voilà, on ne fait que s'ennuyer sévèrement !

Et ce n'est malheureusement pas le médiocre scénario de cette séquelle qui paliera à la lenteur générale dans laquelle baigne le long-métrage. Reprenant, à l'instar de la mise en scène, tous les ingrédients scénaristiques de Donnie Darko, S.Darko empile pêle-mêle ce qui s'apparente à des figures imposées, mettant en scène une histoire similaire - distorsions temporelles, rêve, compte à rebours - et y adjoignant les mêmes éléments secondaires - pédophilie, religion, costume de lapin - sans pour autant chercher à renouveller quoique ce soit. En réalité, la seule chose un tant soit peu originale dans le scénario se trouve dans une inversion des rôles pas forcément courrue d'avance : Samantha n'est pas ici l'équivalent de Donnie, comme on aurait pu l'imaginer, mais plutôt celle de Franck, le macabre lapin géant de Donnie Darko. Cet artifice étant cependant éventé dès les premières scènes, aucune originalité ne transpire finalement de ce long métrage.

Le ratage est de plus à ce point complet que le script de Nathan Atkins ose aligner les incohérences avec le scénario de Donnie Darko. Alors que le film semble s'adresser aux fans du film de Richard Kelly, S.Darko ne sait proposer que des clins d'oeil décalés. Comment Samantha peut-elle donc avoir La philosophie du voyage dans le temps ou le dessin de Franck alors même que son frère est mort avant d'avoir parlé à son professeur ou d'avoir rencontré le lapin géant ? Dans le même ordre d'idée, comment Samantha peut-elle connaître l'importance du nom de Roberta Sparrow alors qu'elle n'était âgée que de dix ans à l'époque ? Et pourquoi avoir repris le design du masque de Franck, alors même que le costume de lapin n'avait son importance que dans les faits racontés dans Donnie Darko ? Fort mal utilisés, ces clins d'oeil ne font finalement qu'agacer à défaut d'apporter quoique ce soit à une histoire déjà bien moribonde.

Et ce n'est malheureusement pas le niveau d'interprétation qui pourra rattraper un tant soit peu ce ratage quasi-total. Si Daveigh Chase sait tenir son personnage, presque envers et contre tout, livrant une prestation convaincante, ses collègues s'avèrent au contraire tous fades au possible. S'il est très évident que James Lafferty, à cause de son charisme d'amibe, gâche ce qui peut s'apparenter au meilleur personnage, on pourra peut-être accorder le bénéfice du doute aux autres, très visiblement mal lotis dans des rôles aussi creux que caricaturaux : l'intellectuel (Jackson Rathbone) a de grosses lunettes, le bad boy (Ed Westwick) a une grosse voiture et la copine (Briana Evigan) a de gros seins. Passés cela, il n'y a rien à retenir des rôles secondaires qui, à l'instar d'Elisabeth Berkley ou de Matthew Davis, ne servent qu'à apporter au scénario des histoires qui n'aboutissent même pas.

La conclusion de

S.Darko s'apparente au final plus à un pastiche maladroit et raté qu'à une véritable suite de Donnie Darko. Chris Fisher et Nathan Atkins, respectivement réalisateur et scénariste, ont simplement pillé de manière éhontée le travail d'écriture et la mise en scène de Richard Kelly pour accoucher d'un film certes cohérent sur la forme - plagiat oblige - mais diablement vide dans le fond.

Que faut-il en retenir ?

  • Formellement cohérent avec Donnie Darko,
  • Daveigh Chase, convaincante,
  • Ambiance musicale correcte.

Que faut-il oublier ?

  • Histoire sans aucun intérêt,
  • Scénario globalement débilitant,
  • Très incohérent,
  • De gros problèmes de rythme,
  • Casting bien fade,
  • Une mise en scène qui s'apparente à un simple plagiat.

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