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Ilium >

Critique du Roman : Ilium

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 1 juillet 2009 à 23:31

Hoplites, petits hommes verts et androïdes...

En neuf années de scholie, je n’ai jamais vu autant de dieux en un seul endroit. D’un coté du bassin holographique, Zeus se tient sur son trône d’or, plus grand que je ne l’ai jamais vu. Comme je l’ai déjà dit, les dieux mesurent environ deux mètres cinquante de haut, sauf quand ils prennent forme humaine, et Zeus leur rend d’ordinaire un bon mètre, tel un adulte divin dominant une foule d’enfants cosmiques. Mais, aujourd’hui, il mesure facilement sept à huit mètres, et chacun de ses avant-bras musclés est aussi long que mon torse…

Ilium est un copieux roman de près de 900 pages (en format poche) dans lequel l’auteur Dan Simmons renoue avec la science-fiction, un genre qui lui réussit. On se rappelle ainsi que l’écrivain connut un grand succès avec son cycle d’Hypérion. Le roman contient en fait trois intrigues parallèles qui vont, forcément, finir par se recouper et fusionner dans les derniers actes (du moins en partie). Dans chacune de ces intrigues, l’on fait la connaissance de peuples originaux, organiques ou artificiels, à travers des voyages à travers l’espace et le Temps.

Une partie de l’histoire se déroule en Asie Mineure, près des murailles de Troie. Là, grecs et troyens s’entretuent sous les yeux des scholiastes, des humains ressuscités qui, pour le compte de dieux vivants sur une planète Mars terraformée, veillent à ce que l’histoire qui s’y déroule soit fidèle à l’œuvre d’ Homère. Dan Simmons nous décrit aussi un futur terrestre dans lequel une poignée d’humains vivent dans la plus totale innocence (en hommage à Herbert George Wells, ils sont désignés sous le terme d’élois). Illettrés et absolument oisifs, ils vivent aux crochets de serviteurs mécanisés dont ils ne oubliés l’origine et sous la surveillance (bienveillante ?) de Voynix, des mystérieuses créatures biomécaniques. Enfin, l’on a aussi l’occasion de découvrir les moravecs, de curieux et amusants androïdes, poètes à leurs heures, chargés de surveiller (pour le compte d’une civilisation aujourd’hui disparue) la bonne marche de la galaxie et d’en relever sa cartographie. C’est d’ailleurs ces moravecs, parmi tous les personnages présents dans l’ouvrage, qui expriment les comportements les plus humains. Imprégnés de culture classique, curieux comme des fouines, ils citent Proust et Shakespeare pour illustrer chacune de leurs décisions et actions. Ce sont, à mon goût, les personnages les plus attachants du roman.

Ce sont également, par leur comportement et leur physionomie, les éléments les plus évidemment humoristiques du roman. Car Ilium est une comédie. Une comédie noire, certes, mais une comédie tout de même. Les « héros » sont souvent entraînés dans des situations rocambolesques – tel le scholiastre Hockenberry qui finit dans le lit d’Hélène – et certains protagonistes sont caricaturés de manière vraiment ironique. Ainsi, les dieux sont des gros bourrins vivant dans un univers proche d’Ulysse 31 et le moravec Mahnmut me fait invariablement penser à Nono le petit robot. Les influences sont nombreuses et déclarées, elles vont de Michael Moorcock (Les Danseurs de la fin des temps) à Herbert George Wells (La Machine à explorer le temps). Là encore, le ton employé est un humour de second degré assez pertinent et certains passages (comme quand les moravecs débattent de l’efficacité du vers à neuf pieds) sont absolument désopilants.

Dan Simmons utilise aussi La tempête de William Shakespeare (en plus, donc, de l’L'Iliade) comme matière première à la construction de son œuvre. De nombreux personnages s’emparent ainsi des noms et des significations symboliques évoluant dans la pièce de l’illustre dramaturge anglais. On y rencontre Prospero, Caliban (une sorte de mariage entre Gollum et le Gritch d’Hyperion) et Ariel. L’auteur ne se contente pas de présenter des personnages citant les grands classiques (ce qui peut tout aussi bien passer pour une gentille plaisanterie que pour un vulgaire déballage de culture) comme il a pris l’habitude de le faire ; les œuvres dans lesquelles sont puisées ces citations sont des composantes essentielles du multivers d’Ilium, à travers un processus de mise en abyme quantique.

Bref, tout cela pourrait paraître risible, absolument pas crédible (et ça l’est parfois…  risible et pas crédible) s’il n’y avait le talent de Dan Simmons ! Car diantre, que cet homme est doué ! Ainsi, si les séquences qui se déroulent devant les murailles de Troie sont les moins, intrinsèquement parlant, intéressantes, l’auteur parvient à nous captiver par son style quasi cinématographique et son absence de retenue dans les démonstrations gore.  Même constat en ce qui concerne les aventures des humains Savi, Daemon, Harmon, Ada et Hannah. C’est absolument kitsch, parfois à la limite du ridicule (avec une dernière partie un peu « too much »), et pourtant… Décidemment, ce mec est un génie qui vendrait des crèmes glacées à des esquimaux.

Conclusion et fin de ma critique de l’œuvre après la lecture d’Olympos, la suite directe d’Ilium. Encore presque 900 pages de plaisir…

78

Ilium est un excellent roman, bien structuré et parfaitement maîtrisé (l’on en prend conscience au fil des pages), avec des personnages évoluant dans un multivers soumis à des évènements captivants. On peut reprocher à Dan Simmons d’approcher le genre avec une légèreté un tantinet désinvolte, voire moqueuse, de faire parfois preuve d’un peu trop d’enthousiasme dans ses développements, mais il est indéniable que l’auteur est très à l’aise avec ce style et qu’il marie le brassage de genre avec facilité.

Critique de publiée le 1er juillet 2009.

Que faut-il en retenir ?

  • Un récit complexe mais parfaitement maîtrisé
  • Des personnages attachants, un multivers fourmillant de vies
  • De l’humour noir, de l’humour noir
  • Des idées originales et de nombreux clins d’œil

Que faut-il oublier ?

  • L’auteur est parfois victime de son imagination débordante
  • Une dernière partie qui part un peu dans le délire geek
  • Un style de traitement humoristique qui peut éventuellement gêner l’amateur de hard science

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