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Critique du Roman : Nécroscope

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 6 juin 2009 à 12:14

Macabres confidences

Boris s’assit, scruta l’obscurité autour de lui, apeuré, ses yeux regardant d’un coté et de l’autre, la tête lui tournant. Il se trouvait à un peu plus de la moitié de la pente, sur une sorte d’affleurement rocheux plat, sous les arbres. Il n’était jamais venu ici auparavant, ne s’était jamais douté que cet endroit existait. Puis, tandis que ses yeux s’habituaient à la pénombre et qu’il retrouvait ses sens, il se rendit compte qu’en réalité il était assis sur des dalles de pierre couvertes de lichen devant ce qui ne pouvait être qu’un… mausolée !

Si l’illustre auteur britannique Brian Lumley est bien connu en France pour les adaptations lovecraftiennes de ses débuts, pour beaucoup, son œuvre majeure reste la colossale saga du Nécroscope qui, avant que Bragelonne ne se penche sur le sujet (et ne se décide à éditer la totalité de l’œuvre), ne bénéficiait pas jusqu’alors d’une grande notoriété dans l’hexagone – hormis dans un cercle fermé de fans – avec seulement les deux premiers tomes traduits.

Nécroscope, tome 1 de la saga (traduit par François Truchaud), est présenté comme une histoire de vampires. Mais la restreindre à cet unique aspect serait un grossière erreur tant le texte de Brian Lumley fourmille d’idées originales, de références et de centres d’intérêt. En effet, si la force de cet ouvrage vient de son traitement narratif, qui met en place deux récits parallèles présentant un duo de personnages dont chacun se trouve être le reflet perverti de l’autre, l’intrigue générale est enrichie par une multitude de personnages secondaires et un théâtre des opérations qui va bien au-delà du simple décorum.

Ainsi, comme l’a fait David Cronenberg dans le scénario de Scanners, Brian Lumley mélange les thématiques du récit d’espionnage, de science-fiction et d’horreur. Pour ce faire, il situe l’intrigue de ce tome dans les années 70, alors que la guerre froide entre les blocs soviétiques et occidentaux commence à subir les effets de la Détente. En apparence seulement. Les ESperts, des agents triés sur le volet en fonction de leurs dons paranormaux (télépathie, télékinésie, voyance, hypnose, etc.),  souvent difficilement contrôlables de par leur instabilité psychologique, sont ici employés par des agences ultra secrètes oeuvrant pour le compte de leurs gouvernements respectifs. Et parmi eux, l’on trouve Harry Keogh et Boris Dragosani, deux nécroscopes aux méthodes bien différentes. En effet, si Harry Keogh a la capacité de parler avec l’esprit des défunts (qui se confient volontiers à lui), Boris Dragosani est un violeur de cadavres, un nécromant qui fouille le corps des morts, pour leur arracher leurs secrets… et leurs pouvoirs !

Le style narratif utilisé par Brian Lumley est celui du shock horror moderne, couchée sur le papier par une plume simple et directe qui convient parfaitement à cette ambiance de roman d’espionnage. Les ignominies de Dragosani, quand il farfouille dans les entrailles de ses victimes, sont donc grandement exposées, à grands renforts de descriptifs macabres et gores. Le roman devrait donc plaire aux amateurs des récits de Clive Barker ou Stephen King. Mais le roman devrait convenir aussi aux amateurs d’histoire de super héros (du style X-Men, ou la série Heroes, qui lui vole… euh… emprunte de nombreuses idées), de récits d’espionnage et  même de fantastique gothique avec la présence de Thibor Ferenczy, un vampire ancestral reposant dans un mausolée perdu au milieu d’une forêt de Valachie.

Le lien lentement tissé entre Dragosani et Ferenczy est d’ailleurs l’un des gros points forts du roman. Un rapport de « filiation » durant lequel l’agent soviétique, à travers de longs entretiens avec le seigneur vampire, apprend la véritable nature de la race des Vamphyri et nous fait découvrir, à cette occasion, une vision tout à fait originale du mythe (qui a été reprise depuis), plus orientée SF que fantastique.  D’ailleurs, je pense que de nombreux lecteurs préfèreront finalement Boris Dragosani (un être pourtant absolument ignoble), notamment en raison de sa lente et horrible métamorphose aux senteurs lovecrafiennes, à Harry Keogh, un personnage sympathique mais un peu plus lisse.

85

Necroscope est un roman véritablement passionnant. Avec une intrigue très riche en éléments originaux et très bien construite, un mystère bien entretenu, deux personnages principaux vraiment accrocheurs, le premier tome de cette grande saga écrite par Brian Lumley peut être considéré sans hésitation comme un classique de la littérature fantastique

Critique de publiée le 6 juin 2009.

Que faut-il en retenir ?

  • Un récit très bien construit, une intrigue accrocheuse
  • Des « héros » captivant et beaucoup de personnages secondaires
  • Un mélange très astucieux d’éléments provenant de différents univers
  • Un style accessible

Que faut-il oublier ?

  • Une plume pas vraiment remarquable

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