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Critique du Roman : Les Origines
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Critique du Roman : Les Origines

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 17 juillet 2010 à 1516

La planète des Whampyri

Ses cheveux, également, subissaient une métamorphose. Son duvet gris sale devenait plus foncé, montrait des signes d’une virilité longtemps retardée, et la couronne de ses cheveux s’étendait vers le centre du sommet de son crâne, se densifiait. Personne n’avait remarqué cet autre changement, mais il supposait que ce serait inévitable quand la pousse des cheveux serait arrivée à son terme. De toute évidence, il faisait déjà plus jeune de plusieurs années. Ce n’était pas qu’une apparence. Il se sentait réellement rajeuni. Prêt maintenant à… quasiment tout…

Les Origines entame son récit huit années après les évènements du tome 2. Ce troisième opus du Nécroscope débute en nous apprenant qu’Harry Keogh a quitté les services britanniques de l’INTESP (pour se consacrer à la recherche de sa femme et de son fils disparus) et que les ESP du KGB se sont réorganisés et étudient une étrange anomalie apparue sur le site du Projet Perchorsk, dans l’Oural Central, où étaient menées des expériences classées top secret. En effet, accidentellement (oui, comme l’a fait Gordon Freeman dans Half Life) , les soviétiques ont ouvert une brèche dans le continuum espace-temps et créé une porte menant vers un autre monde. Une ouverture d’où émergent des visiteurs vraiment peu courtois…

Dans ce nouvel opus (toujours écrit avec cette plume à la fois directe et moderne), si l’écrivain Brian Lumley continue de brasser les genres espionnage, science-fiction, shock-horror et horreur gothique, il donne toutefois une petites préférence aux aspects horror-fiction nés de cette union détonante. En effet, l’écrivain britannique nous entraine ici, via des portails accidentellement déclenchés, sur une planète sauvage ; la planète d’origine des Wamphyri !  Qui, vous l’imaginez bien, n’est pas le lieu idéal pour y passer ses vacances. Ce roman est donc très riche en révélations, puisque, en plus des us et coutumes de ces créatures, l’on y trouve des informations sur les wamphyri rencontrés dans les deux premiers tomes. Il se montre aussi assez différent dans le ton car la plus grand partie de l’histoire consiste en un planet opera très sombre et gothique qui évoque à la fois Aliens, le retour, Pitch Black, La planète des vampires et la science fantasy d’Edgar Rice Burroughs (la planète est en effet un monde primitif peuplé de créatures sanguinaires et de peuples nomades). L’autre partie de l’intrigue se déroule dans le centre du Projet Perchorsk. Là, on a affaire à un huis clos où scientifiques et agents du KGB sont aux prises avec  une entité métamorphe qui n’est pas sans évoquer la Chose / The Thing (le remake de John Carpenter).

On retrouve donc bien la plupart des éléments de la mythologie du Nécroscope. Cependant, l’alchimie fonctionne un peu moins bien que précédemment. Pourquoi ? Hé bien, pour deux raisons. La première - et principale - est l’absence dans cet opus d’un méchant de grande envergure. Cela pourrait être étonnant vu que le récit se déroule en partie dans le berceau des Wamphyri mais force est d’admettre que ni le seigneur Wamphyr Shaïtis, ni l’agent du KGB Vyotski et encore moins le savant Vasily Agursky ne dégagent un dixième de l’aura dramatique de Dragosani, Thibor Ferenczy ou même Yolan Bodescu. Et la force du cycle du Nécroscope, c’est l’incroyable capacité de ses vilains à nous surprendre. Ensuite, si j’ai toujours un peu regretté que Brian Lumley utilise le puissant Harry Keogh comme la solution à tout, ou presque,  l’auteur va ici plus loin avec le personnage de l’Habitant, un individu quasiment invincible (la fin est un peu « to much »), sorte de super-héros de ce monde de cauchemar. Un personnage qui ferait presque passer les actions des autres protagonistes comme autant d’efforts vains.

Structurellement, Brian Lumley a conçu ce roman comme les précédents, avec l’introduction de nombreux personnages secondaires sympathiques. On en découvre certains, comme l’agent anglais Jazz Simmons, le chef du KGB Khuv et la Wamphyr Karen, et on retrouve d’autres, comme la jolie ESP Zekintha Föener. Le récit bascule régulièrement entre les différents lieux, avec un Harry Keogh jouant les électrons libres via sa capacité à se déplacer par le système de Möbius. Le rythme est bon, sauf lorsque Brian Lumley s’obstine à nous exposer quelques fumeuses théories sur les univers parallèles via des conversations un peu barbantes entre Keogh et le mathématicien Möbius. On aurait préféré qu’il se consacre plus à développer ses nouveaux personnages, comme il avait brillamment réussi à la faire avec Felix Krakovitch dans le tome 2. Là, au contraire, il n’essaie même pas de renforcer le lien qui unit Jazz à Zek, couple de terriens égaré dans un univers cauchemardesque.

Les Origines n’atteint donc pas l’excellence de Nécroscope ou de Vamphyri, mais le texte est cependant bon.  Car Brian Lumley s’appuie parfaitement bien sur son univers et sait se montrer efficace dans la description des situations tendus et des scènes d’horreur. Comme souvent, il utilise régulièrement les dits d’un témoin (par enchâssement) pour informer le lecteur sur la situation, une méthode permettant d’introduire dans le récit une subjectivité qui renforce l’immersion.  Le récit de Zek, qui raconte à Jazz son arrivée sur la planète et sa « visite » chez la Wamhyr Karen est sans nul doute l’un des passages les plus réussis du roman. Enfin, force est de dire que l’ensemble se montre solide, Brian Lumley continue de développer son univers sans se contredire et l’édifice romanesque ne présente guère de failles. Signe d’une très grande application dans sa construction.

La conclusion de

Avec Les Origines, le cycle du Nécroscope accuse un petit coup de moins bien. Ce troisième tome est bon, certes, mais il n’atteint pas l’excellence des précédents. La faute a des méchants d’envergure moindre, à un texte panachant un peu moins les genres et à des héros finalement pas très attachants. Reste, heureusement, le sens du spectaculaire de l’honneur, avec ce don pour développer une intrigue à enchâssements efficace dans le registre de l’action et de l’horreur.

Que faut-il en retenir ?

  • Construction narrative exemplaire
  • La mythologie du cycle, captivante et originale
  • Riche en personnages et en évènements
  • Une horreur efficace

Que faut-il oublier ?

  • Des méchants un peu moins impressionnants
  • Harry Keogh, un peu agaçant
  • Une fin… hum…

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