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Critique du Film (Direct to Vidéo) : Dying God
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Critique du Film (Direct to Vidéo) : Dying God

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 8 novembre 2008 à 1223

Braquemard cherche fourreau à sa mesure

Si l’on osait employer un terme aujourd’hui bien désuet, Sean Fallon est un flic que l’on pourrait qualifier de ripou. De surcroît, il est également alcoolique, cocaïnomane et colérique. Un jour, ses petites combines se voient contrariées par une série de meurtres horribles qui frappe le milieu de la prostitution. Sean décide alors de se charger de l’affaire, plus pour protéger ses propres intérêts que pour assumer ses obligations professionnelles…


Dying God est à la fois le premier long métrage de Fabrice Lambot et le premier film produit par Metaluna, une petite compagnie indépendante française récemment fondée et qui, en plus du cinéaste, a pour particularité d’y voir officier un autre fan de films de genre : Jean-Pierre Putters (bien connu des cinéphiles des années 80 car fondateur et ancien redac-chef du magazine Mad Movies). Le tournage, effectué à Buenos Aires, met en image un scénario mêlant des éléments thématiques empruntés aux films hardboiled, aux monster movies des années 50, aux thrillers horrifiques modernes et aux films gore des années 80 pour un résultat pas très original mais assez homogène, pouvant être qualifié de thriller fantastique.
Le monstre de ce film est le kurupi, une créature issue de la mythologie Guarani (une tribu amazonienne). Humanoïde doté d’un membre viril d’une taille apte à faire mourir de jalousie Rocco Siffredi, le kurupi est en permanence à la recherche de jeunes femmes endormies à féconder. Originellement métaphore sur la laideur de la perte de la chasteté (dans la légende, le kurupi est petit, poilu et très laid, il entoure son sexe démesuré autour de la taille, comme une ceinture) et alibi parfait pour les femmes adultères tombées « accidentellement » enceintes, le kurupi de Dying God se voit transformé en une grande créature longiligne, maladive et cruelle - puisqu’elle massacre les jeunes femmes qu’elle ne parvient pas à féconder.

Suivi de près par un shaman, le kurupi va donc quitter ses forêts (une nouvelle victime de la déforestation de l’Amazonie ?) pour s’introduire dans les quartiers chauds de Buenos Aires et y violer des prostituées. Le spectateur est donc invité dans un univers de nuit pornographique, glauque, violent et débauché, aux moyens d’une photographie « sale » assez pertinente (même si l’on se rend compte que ce rendu n’est pas toujours volontaire). On pense à Driller Killer d’Abel Ferrara ou à Brain Damage de Frank Henenlotter, bref à tout ce cinéma bis underground des années 80. Malheureusement, il faut bien le dire, le film n’atteint jamais la qualité des films précédemment cités et a bien du mal à nous offrir autre chose que la vision d’un sympathique film Z.
En effet, au-delà de la présence de très nulles séquences érotiques (si soft et kitsch qu’on se croirait en train de mater un téléfilm M6 de fin de nuit) qui ne sont rien d’autres que des scènes de remplissage et d’une réalisation ayant un mal fou à donner du rythme au récit, ce qui m’a le plus déçu dans Dying God est le manque de culot dans le domaine du trash. Car, comme je le disais déjà dans ma critique de Complexx : à quoi sert le cinéma indépendant s’il ne brave pas les interdits de la censure et de la bienséance? Hors, Dying God, malgré un thème assez osé, est curieusement très sage dans son développement. Oh, bien sûr, quelques passages sont un peu crus, on aperçoit un peu le membre turgescent du kurupi, on voit une tête exploser, mais c’est à peu près tout et dans les rapports humains, les échanges demeurent assez policés (on se secoue un peu le cocotier mais cela ne va guère plus loin).

Autre problème : l’interprétation. Bon, j’admets que la mise en scène approximative de Fabrice Lambot (il faut dire que 22 jours de tournage, c’est peu pour la peaufiner comme il se doit) n’aide pas à la performance, mais James Horan se montre particulièrement nul dans le rôle de ce flic pourri, à travers une relecture bancale, pas du trop naturelle et mollassonne de personnage de film noir. Franchement, engager un comédien américain pour un résultat aussi peu convaincant, c’est de l’argent jeté. Agathe de la Boulaye apporte l’élément comique (involontaire) du film. Absolument pas crédible dans la peau d’une « bodyguard », chacune de ses apparitions, où elle essaye d’afficher en vain un regard de tueuse, est un spectacle affligeant mais très amusant. Par contre, rien à redire sur les performances de Lance Henriksen (son interprétation tire même le niveau du film vers le haut) alors que l’attachante Erin Brown (plus connue des fans sous le nom de Misty Mundae) est convaincante dans le rôle (un peu convenu, il est vrai, comme tous les personnages du film) d’une ex-prostituée amoureuse d’un salaud.
Par contre, le monstre, même s’il est perfectible, est assez réussi. D’ailleurs, sur la fin, si le film gagne en intérêt, c’est grâce à son omniprésence. De plus, le final est nettement plus nerveux, avec des prises de vue réfléchies et un montage bien pensé. On sent de suite que Fabrice Lambot était à son aise sur le plateau, dans la mise en place de cet affrontement violent et sanglant, justifiant ainsi avec force le traitement premier degré qu’il a décidé d’instaurer sur la totalité de son œuvre, au risque de paraître ridicule. Ce qui n’est presque jamais le cas.
Le pari est donc presque totalement réussi… presque.

La conclusion de

Fruit d’une très intéressante initiative menée par des passionnés, Dying God est un sympathique film d’horreur flirtant parfois avec le Z, parfois avec le bis. Il est dommage que les concepteurs de ce projet aient délibérément opté pour un traitement très conventionnel et surtout construit un film sur un scénario aussi peu original. La réalisation, faute de moyens, est assez terne mais se rattrape bien à l’occasion d’un final intéressant. Un métrage moyen mais aussi un exemple à suivre pour tous ceux qui veulent construire un cinéma indépendant hexagonal…

Que faut-il en retenir ?

  • De l'indie français, suffisamment rare pour être encouragé
  • Jean-Pierre Putters sur un projet, ça fait toujours plaisir
  • Un bon final
  • Un traitement premier degré qui s'avère payant

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario vraiment pas original
  • Une interprétation inégale
  • Pas si trash qu'espéré
  • Réalisation un peu poussive

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