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Critique du Film : Speed Racer

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 15 juin 2008 à 18:46

Un <i>death race</i> déjanté et flashy…

Cinq ans après leur Revolution, Andy et Larry Wachowski sont visiblement devenus les rois du monde. Fort d’un budget de 190 millions de dollars, ils adaptent aujourd’hui un manga culte des années 70, Mach Go go go!, prenant ainsi à contre-pied tout ce qu’ils avaient pu faire dans Matrix pour partir sur de nouvelles pistes. Il suffit ainsi de voir la bande-annonce du film pour se rendre compte que les réalisateurs sont totalement passés à autre chose et ne comptent pas nous ressortir un énième Matrix-like, et ce au risque de perdre au passage une partie de leurs fans.
Bien que n’étant pas un grand fan de la trilogie Matrix, films que je trouve foncièrement présomptueux et surfaits, j’ai toujours admiré le talent et l’esthétique visuelle qu’avaient Andy et Larry Wachowski. Du thriller Bound à la SF de Matrix, leur manière de filmer et d’utiliser de manière originale les effets spéciaux m’a souvent laissé sans voix. Et si les deux frères ne sont pas les meilleurs scénaristes du monde, ils sont bien souvent arrivé à transcender un blockbuster basique en expérience visuelle et virtuelle incroyable. Speed Racer, en ce sens, ne fait pas exception à la règle et impose une nouvelle fois ces réalisateurs comme de grands visionnaires.


Sauf que cette fois, le pari est plus risqué. Car au “cool” et au “gratuit” des Matrix succède ici un kitch totalement assumé. Des décors aux couleurs, en passant par les acteurs qui surjouent et la musique pop/jazz de Michael Giacchino, tout dans Speed Racer fait référence à une esthétique has-been que certain trouveront grotesque. Le film, flashy et coloré, déplaira ainsi à ceux n’adhèreront pas au concept.
Néanmoins, pour peu que l’on prenne le film pour ce qu'il est, il apparaît que Speed Racer est visuellement une très grande réussite. Au delà de la mise en scène démesurée et particulièrement efficace des courses de voitures, la réalisation des frères Wachowski se trouve être bourrée de trouvailles visuelles particulièrement inventives. Bien sur, tout cela est furieusement kitch, mais paradoxalement également innovant.
Les courses de voitures, véritables pierres angulaires du films, sont également une réussite totale. Montage serré, plans rapides, les frères Wachowski mettent en scène des courses qui vont crescendo dans le délire visuel et la surenchère. Au final, force est de constater que tout cela fonctionne à merveille et que le film tient à ce niveau le choc, et ce malgré la quantité de choses qui, intrinsèquement, sont loin de tourner aussi rond.
En effet, malgré ces qualités, le film n’arrive malheureusement pas à s’imposer comme un grand film, pour ne rester finalement qu’un film distrayant, certes, mais mineur. Le scénario, écrit par les frères Wachowski, est ainsi un ratage pratiquement total. Trop long vis à vis des enjeux mis en place, le film aurait du être amputé d’une grosse vingtaine de minutes pour être plus fluide. Tel quel, il donne l’impression de n’être qu’une suite d’épisodes indépendants mis bout à bout, et ne possédant entre eux que des rapports parfois très indirects. Sur une histoire bateau et prévisible, Speed Racer s’embourbe bien trop souvent, et ce malgré le rythme hallucinant imposé par les réalisateurs. C’est ainsi que certaines séquences pseudo-humoristiques (le gamin et son macaque, quelle misère !) ou totalement gratuites et sans intérêt (le kung-fu contre les ninjas) ralentissent considérablement l’avancée d’un film beaucoup trop long.
De plus, la réalisation kitch et volontairement poussive des frères Wachowski trouve ses limites en ce que le film se révèle être d’une superficialité parfois consternante. Parce qu’on a demandé aux acteurs de surjouer (les gentils sont beaux et blancs, les méchants noirs et font des grimaces), on ne s’attache jamais réellement aux personnages présentés. A l’exception de John Goodman qui sait souvent tirer son épingle du jeu, les autres acteurs sont bien trop souvent lisses (Emile Hirch, Matthew Fox) ou sous-exploité (Susan Sarandon, Christina Ricci).
Enfin, certains pourront tilter sur le fait que malgré la violence des situations suggérées ici (carambolages et explosions notamment), il n’y a dans Speed Racer ni morts, ni taule froissée. Un bon film lisse à présenter aux enfants, en somme, mais aux enfants de moins de douze ans.

55

Speed Racer sera peut-être le film culte de toute une génération d’enfants âgés de moins de douze ans. Pour les autres, il ne restera malheureusement qu’un divertissement efficace mais bourré de défauts. Dommage, car derrière la caméra, les frères Wachowski ont une nouvelle fois réussi à faire preuve de leur talent visuel, et ce en dépit d’un sujet périlleux et de partis pris risqués.

Critique de publiée le 15 juin 2008.

Que faut-il en retenir ?

  • Une volonté affichée de trancher avec Matrix,
  • Visuellement inventif,
  • Réalisation hallucinante,
  • Un kitch qui s’assume jusqu’au bout,
  • John Goodman, toujours aussi génial.

Que faut-il oublier ?

  • Totalement superficiel,
  • Long, avec des scènes inutiles,
  • Des touches d’humour ratées,
  • Une histoire clichée et prévisible
  • Des personnages pas attachants,
  • Des acteurs lisses ou sous-exploités.

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