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Diary of the Dead >

Critique du Film : Diary of the Dead

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 4 avril 2008 à 14:41

En direct de Zombies TV

Ca y est, encore une fois, les morts se remettent en marche sous la houlette de George A. Romero, toujours aussi affamés, toujours aussi voraces, toujours aussi peu délicats dans leurs pratiques culinaires. Pourtant, pourtant, que l'on ne s'y trompe pas, dans Diary of the Dead, le maître des zombies ne se répète pas, mieux, il s'essaye complètement à une autre approche. Ainsi, chers amis "zombiophiles", oubliez la fameuse trilogie (quadri, si l'on y insère le récent Land of the Dead) des morts, car ce film ne suit aucunement le processus logique établi jusqu'alors, notamment dans le registre chronologique.
En fait, George A. Romero retourne aux sources. En 1968, il avait conçu son Night of the Living Dead à la manière d'un documentaire, du moins en ce qui concerne la construction technique, en utilisant des moyens réservés en général aux médias de télévision. Quarante ans plus tard, il réitère son idée et pousse même le vice à nous proposer une sorte de spectacle "live" par le biais d'une caméra témoin. On a donc droit à des plans de style camera-reporter, le spectateur prenant définitivement place au sein de l'action, dans la peau du cadreur. Vous pourriez me dire que ce procédé n'a rien de révolutionnaire et apparaît même comme franchement à la mode, et vous auriez parfaitement raison. De Blair Witch Project à Cloverfield, on ne compte plus le nombre d'oeuvres - de qualité variable - qui utilisent cette méthode tirant son efficacité de la subjection - à la fois par le fait de se trouver dans la peau de l'un des protagonistes et par le manque de netteté de l'image - accentuant le non-vu. Mais Romero justifie son choix par une argumentation conceptuelle valable et une mise en forme plausible de la prise de vue en état d'urgence.


En effet, il ne faut pas s'ôter de l'esprit que Diary of the Dead parle avant toute chose des médias en général et de la télévision en particulier, mettant en exergue son gout pour le voyeurisme et le sensationnel. La recherche de scoop est le but ultime, et peu importe le prix. Pour ces étudiants en cinéma, élevés aux chaînes câblées et à l'Internet, cet effroyable holocauste est une aubaine. Ils ne cherchent même pas à comprendre les causes de cette épidémie, non, pour eux, ce qui importe le plus c'est relater les faits. Dans ce film, George A. Romero s'éloigne donc de sa thématique favorite qui est la révolte des basses classes de travailleurs ou des minorités (les zombies) pour aborder un sujet plus actuel et au potentiel polémique très fort. Ainsi, quoi de mieux pour parler de ces médias que d'en utiliser les principes, histoire de mieux en critiquer les codes et le manque d'éthique? Deuxième point intéressant; il est utile de relever qu'au niveau technique le cinéaste suit sa logique et nous offre des images peu stables - normal pour du reportage de terrain - mais assez lisibles. On s'éloigne ainsi un peu des incohérences de REC, par exemple, avec son cadreur professionnel qui ne parvient jamais à tirer un plan correct, histoire de nous faire flipper. Non, dans Diary of the Dead, quand le cadreur coure, l'image bouge, c'est normal, de même quand il se retourne brusquement par pur instinct. Mais à aucun moment, l'on ne sent son attitude forcée, et l'ensemble reste donc parfaitement naturel et crédible. Le cameraman veut faire le meilleur travail possible, même si pour cela il lui faut gérer le stress, sinon à quoi bon filmer?
Diary of the Dead souffre par contre de grosses faiblesses. Le scénario, par exemple, est minimaliste; quelques étudiants qui, tout en essayant de rentrer chez eux, s'attardent à filmer les évènements. Un point c'est tout. Les rapports sociaux entre les personnages en sont donc grandement affectés et on est loin de trouver la même richesse dramatiques que dans les opus de la trilogie. Et cette carence est l'une des principales faiblesses du film. Son manque de profondeur psychologique nuit grandement à la mise en place d'une quelconque tension émotionnelle. A aucun moment, l'on ne s'intéresse aux personnages (j'en ai même déjà oublié leurs noms!) et leurs chamailleries n'ont aucun impact sur le ressenti des spectateurs. On se contente donc de suivre le fil de l'histoire, en sursautant assez souvent et surtout... en riant beaucoup. Oui en riant. Car pour Diary of the Dead, George A. Romero oublie le sérieux de ses précédents films et nous offre une comédie. Oh certes, cela n'est pas Shaun of the Dead, loin s'en faut, mais le métrage n'est à aucun moment d'un sérieux notable et noie la gravité de son sujet dans une tonne d'humour noir. Le récit se retrouve par conséquent bourré de gags visuels, dont certains très drôles c'est vrai, mais qui ont à la fois déclenché pour ma part beaucoup de rires et suscité un peu de tristesse. La tristesse de voir que même ce maître de l'horreur ne respectait plus les zombies. Et cela, bien entendu, se fait au détriment de l'horreur malgré des effets spéciaux efficaces.

C'est la bande de Greg Nicotero, le très réputé K.N.B. EFX Group, qui s'est attelée à ce domaine. La plupart des effets sont de très bonnes factures et bien crades. Mais là encore je regrette les maquillages si naturels de Tom Savini, notamment pour la très moche séquence finale - un autre gag, mais qui, celui-ci, nous renvoie à sa première œuvre sous la forme d'un clin d'œil.

67

Diary of the Dead est une oeuvre un peu à part dans le cycle des morts-vivants de George A. Romero. Plus spontané, plus comique que Night of the Living Dead et consorts, il perd en tension dramatique ce qu'il gagne en modernisme. Maintenant, l'on aime ou l’on n’aime pas. Personnellement, j'ai trouvé l'expérience assez intéressante, un peu décevante de la part d'un réalisateur comme ce monsieur, et j'ai tout de même passé un moment agréable. On est cependant très loin de l'horreur pure des anciens films du maître, avec leur thématique sociale très marquée. Un peu comme si le cinéaste avait décidé d'aérer un peu son univers "zombiesque"" en s'offrant une œuvre purement cynique et récréative.

Critique de publiée le 4 avril 2008.

Que faut-il en retenir ?

  • Réalisation efficace
  • Effets spéciaux convenables
  • Un humour noir qui fait souvent mouche

Que faut-il oublier ?

  • Scénario minimaliste
  • Une approche humoristique surprenante
  • Personnages transparents

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