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Critique du Film : King Rising / Au nom du Roi
King Rising / Au nom du Roi >

Critique du Film : King Rising / Au nom du Roi

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 8 mars 2008 à 1315

Le SdA revu et corrigé par tonton Uwe

Le maléfique sorcier Gillian, séducteur et manipulateur, a levé des armées de monstres pour reverser le roi Kondreid et ainsi s’emparer du royaume d’Ehb. Aidé du perfide et lâche duc Farrow, il est sur le point d’y parvenir quand se dresse devant lui un obstacle inattendu : Daimon Farmer, un simple paysan…


Uwe Böll est assurément un phénomène. A l’instar d’un Ed Wood, il est devenu célèbre dans les milieux cinéphiles par sa façon outrancière d’afficher à l’écran sa médiocrité, mais aussi par le don étrange qu’il a pour attirer autour de lui un parterre de comédiens dociles qui se plient avec modestie à ses exigences de tâcheron. Un phénomène, je vous dis…
Aussi, lorsque j’ai su, il y a déjà de nombreux mois, qu’il avait réussi à constituer un budget de 60 millions de dollars pour réaliser l’adaptation du jeu vidéo bourrin Dungeon Siege, je dois vous avouer que je n’ai eu cesse de trépigner en attendant de constater de visu le résultat. Mes premiers avis furent les fruits de rumeurs catastrophiques. Présenté dans les festivals, le film fut sifflé. Un an plus tard, les sorties espagnoles et allemandes se firent dans la plus totale indifférence. Et ce mépris se transforma en moquerie quand le « blockbuster » du teuton fut présenté sur les écrans américains et canadiens au mois de janvier dernier. Quand à la France, il faudra attendre courant 2008 une sortie direct-to-DVD.

Mais jetons un œil sur la bête, puisque j’ai enfin eu le « plaisir » de le visionner. Très direct, le film s’ouvre sur l’exposition d’une galerie de comédiens connus, histoire qu’Uwe Böll nous montre un peu sa camelotte. Ray Liotta, Matthew Lillard, LeeLee Sobiesky, John Rhys-Davies, Burt Reynolds, Ron Perlman, et bien entendu Jason Statham, font une apparition éclair à travers un défilé de séquences très courtes style diaporama animé, à la manière d’un tour de table entre rôlistes de 12 ans au début d’une partie (moi, je suis Tartempion, elfe de niveau 3, je suis un gentil ; et moi, je suis Oxyput, le suis un vilain mago de niveau 2, etc.). De suite, on est sidéré par les coupes de cheveux improbables, les dialogues crétins ou archi-convenu, la faible tenue des décors CGI, le feu d’artifice de clichés… et le nombre hallucinants de plans piqués au Seigneur des Anneaux.
Au fur et à mesure que le film s’écoule, le spectateur sent la lassitude l’envahir. Il se surprend souvent à bailler, à regarder son voisin ou ses pieds. La faute principale en revient à un scénario puéril, linéaire et prévisible, avec des personnages sans âmes, véritables archétypes de jeu de rôle, qui ne dégagent aucune émotion, le tout introduit dans une structure narrative privée de toute tension et de tout suspens. Seule la photographie est correcte, les prises de vue assez convaincantes, mais là encore, Uwe Böll - doté d’un bon petit pactole et désireux de nous en mettre plein les mirettes - pêche par l’excès, abusant de plans d’ensemble ariens inutiles et de travelling sans justification qui annihilent stupidement la – faible - dramatique de la scène précédente.

Les combats, eux, ne sont pas trop mal cadrés et chorégraphiés, sauf que Uwe Böll nous surprendra toujours : on se demande ainsi ce que foutent des ninjas dans ce film et pourquoi ce fermier se bat comme s’il sortait du plateau de Tigres & Dragons ? Tout comme ces… euh… elfes ? menées par une reine de chez L’Oréal qui descends des arbres comme des Strippers le long de leur poteau. Quand aux monstres, les fameux Krugs, ils sont tout bonnement ridicules sous des maquillages approximatifs qui les font ressembler à un bataillon de Toxic Avenger. Bref, le film est bourré de défauts et seuls quelques détails, comme les armures des armées de Kondreid ou quelques plans martiaux assez réussis (mais dénués de tout présence de sang !) hissent le niveau de l’ensemble juste au-dessus d’un épisode de Xena ou d’Hercule.
Perdu dans ce maelström de médiocrité, les comédiens réagissent en fonction de leur tempérament. Ray Liotta, en roue libre, s’aventure sans retenue dans le cabotinage outrancier, si bien qu’il m’a rappelé un certains Profion de Donjons & Dragons. Burt Reynolds prend son rôle de sage monarque tellement à la légère qu’il est aussi crédible en roi que moi en petit rat de l’opéra (j’ai même eu l’impression qu’il pouffait de rire à maints occasions), John Rys-Davis tente de nous faire le coup de Gimli version magicien, mais avec ce brushing débile, impossible de ne pas déclencher l’hilarité à chacune de ses apparitions. Du coté des filles, LeeLee Sobiesky ne s’en tire pas trop mal mais par contre Kristanna Loken est tout bonnement nullissime (démontrant que ses mauvaises performances dans Painkiller Jane ne sont pas un accident). Quand aux deux héros, Ron Perlman et Jason Statham, deux vieux briscards de la série B, ils arrivent presque à hisser le métrage dans le domaine du convenable.

Le plus gros problème du film est cependant son manque total de folie, d’originalité. Tous les aspects du film sont honteusement pompés sur d’autres œuvres majeures du cinéma fantastique, et restitués à l’écran nettement moins bien, cela va sans dire. Du Seigneur des Anneaux à Matrix, Uwe Böll a vidé sa vidéothèque pour construite son navet de luxe au moyen d’un montage scolaire et sans aucun génie. Cela donne à l’ensemble un aspect lourdingue et maladroit qui reflète parfaitement le manque total de talent du cinéaste. Le film ne fait même pas rire, il ne dégage que de l’ennui. Et dire que, tout compte fait, cela reste quand même le meilleur,… euh, le moins mauvais film du tâcheron allemand. Incroyable…

La conclusion de

Enième maladresse cinématographique d’Uwe Böll, cette adaptation très libre du jeu vidéo Dungeon Siege est un produit soporifique et bêtifiant. Hormis la vision ubuesque d’une pléiade de comédiens qui se complaisent à se ridiculiser, il n’y a rien à tirer de gratifiant à visionner ce film qui accumule les clichés et les incohérences sur un scénario crétin et puéril. Soixante millions de dollars jetés aux chiens…

Que faut-il en retenir ?

  • Quelques plans réussis, chorégraphie des combats assez lisibles
  • Photographie convenable
  • Vous voulez voir des comédiens sombrer dans le ridicule ?

Que faut-il oublier ?

  • Scénario puéril et prévisible
  • Aucun suspens, aucune tension, juste de l’ennui
  • Personnages stéréotypes
  • Festival d’incohérences, d’anachronisme et de séquences injustifiées

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