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In the Name of the King III >

Critique du Film : In the Name of the King III

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 12 février 2014 à 18:40

La Belle et le Boeuf

Depuis qu’il se sent responsable de la mort de son aimée, Hazen Caine a perdu toute joie de vivre. Tueur à gage de son métier, il ne souhaite plus, désormais, que de se retirer dans un lieu paumé, pour se lamenter sur son  triste sort tout en descendant des bouteilles de vodka. Mais l’on ne quitte pas si facilement l’impitoyable milieu interlope de Sofia, juste en le décidant. Surtout si l’on travaille pour le compte d’Avaylo, un grand ponte de la mafia locale. Ainsi, avant d’accéder à son souhait, le caïd oblige l’aspirant retraité à accepter un dernier contrat: kidnapper les deux filles de Rakowski, un riche industriel. Et c’est à ce moment que la vie de Caine va basculer! Durant l’enlèvement, il trouve pendu au cou de l’une des filles un étrange médaillon, en tout point identique à un tatouage qu’il porte sur le bras. En manipulant l’objet, l’assassin (qui aurait se souvenir que la curiosité est un vilain défaut) ouvre un vortex spatio-temporel qui l’aspire et le transporte dans un lointain univers d’heroic fantasy. Un lieu plein de magie - et de connerie - où il va avoir l’occasion de racheter ses fautes passées...

Peu satisfait d’avoir dilapidé des millions d’euros dans ses blockbusters foireux, qui ont fini par épuiser ses filons de financement allemands, Uwe Boll s’est récemment tourné vers les pays de l’est. Là, il a pu réunir les quatre millions de dollars (le bonhomme est fort en affaire, force est de reconnaitre) nécéssaires à la production de ce nouveau volet de la franchise In The Name of the King, héritière boiteuse et misérable d’un célèbre jeu vidéo. Un budget nettement inférieur à celui du premier volet (avec ses 60 patates parties en mauvaises frites) mais assez proche de la somme investie dans sa séquelle, un navet moisi où Dolph Lundgren faisait, lui aussi, l’expérience du voyage dans le temps façon Un Yankee à la cour du roi Arthur ou Evil Dead III : l'armée des ténèbres. Et, à budget similaire, pitch similaire, c’est du moins ce qu’a dû se dire Uwe Böll. Le script remplace juste le militaire chevronné transmettant son savoir-faire à des ploucs en braies synthétiques par un personnage nettement moins fréquentable, puisqu’il s’agit d’un exécuteur en quête de redemption. Il se nomme Hazen Caine. Il est l’archétype du Gros Bill, c’est à dire QI d’huitre et muscles d’acier, et il est interprété à la perfection par un Dominic Purcell au regard bovin, qui a oublié son petit bagage de talent à l’aéroport international de Sofia. En même temps, il n’en a pas eu besoin.

Projeté dans un univers d’heroic fantasy où le peuple pratique la langue de Shakespeare avec l’accent de Bela Lugosi (le film a été tourné en langue anglaise et nombre de comédiens ne sont guère à l’aise: premier effet comique), Hazen Caine va être acceuilli par Arabella (Ralitsa Paskaleva) et Emeline (Daria Simeonova), la fille et la nièce d’un roi déchu. Les damoiselles (très mignonnes, il faut le reconnaitre) voient alors en lui un sauveur. Pourquoi? En raison de son tatouage, bien sûr! Tatoo qui, dans ces étranges contrées, remplace la légendaire marque de naissance et est assimilé à un signe de noblesse (et non pas d’intelligence, heureusement, car cela n’aurait pas été du tout crédible).  En fait, si je comprends bien, dans ce bled, il suffit juste d’avoir sur la liste de ses connaissances un tatoueur, de posséder une once de vice, et l’on peut se retrouver prétendant au trône! Dingue que personne n’y ait encore pensé. Mais bon, qu’importe! On se dit alors que, faisant fi de tous ces discours messianiques, ce rustre lansquenet des temps modernes va renverser les filles sur une table pour satisfaire -  à la cosaque, bien sûr - ses pulsions de male alpha avant de s’imposer, pistolet automatique en main, comme le roi du village. Voire le maître du monde! Que nenni! Grosse surprise! Véritable ordure dans son pays (dans la séquence d’ouverture, on le voit faire un véritable massacre dans un hotel, puis, un peu plus tard, le mec enferme quand même deux gamines dans un caisson), Caine se découvre soudainement une âme chevaleresque. Diantre! Un véritable twist style Darth Vader dans l’épisode 3, mais en version inverse, qui métamorphose notre tueur implacable en une sorte de Shrek placide, les antennes en moins! Aurait-il eu la même attitude si les deux princesses n’avaient pas été ces jeunes slaves aux courbes séduisantes mais des gros thons cinquagénaire aux miches tombantes? On ne le saura jamais. Quoiqu’il en soit, le résultat est que cette brute épaisse - croissement improbable entre Bud Spencer, Obélix et un veau aux hormones-  se met au service de la rebellion, bien décidé à détrôner le roi félon et terrasser son dragon domestique.

Avant d’aller plus avant, il faut que vous sachiez que le monde de In The Name of King 3 est un univers parallèle assez bizarre, où nombre de situations considérées chez nous comme stupides et incohérentes s’y produisent sans que personne ne s’en étonne. Ainsi, durant la première moitié du film, Hazen Caine subit les sourires moqueurs des autochtones devant sa maladresse dans les arts de l’escrime et de l’équitation (il a même besoin de l’aide d’un tabouret pour monter en croupe derrière l’une des princesses). Cela ne l’empeche pourtant pas, quelques temps plus tard, de tenir tête aux meilleurs bretteurs du pays et de partir dans une folle cavacalde parfaitement maitrisée, puisque rivalisant de vitesse avec ses compagnons de combat. On le voit aussi, seulement accompagné d’Arabella, mettre hors de combat toute la garnison ninja gardant la forteresse de Tervin le félon. La structure était pourtant réputée imprenable. Enfin, quand je dis forteresse, c’est un bien grand mot, il s’agit plutôt d’un vieux chateau un peu décrépi, qui ne possède même pas de porte! (Uwe Böll n’a même pas pris la peine de le restaurer un peu, histoire de faire illusion).

Bref, encouragé par la plastique des princesses et les prédictions d’Ulric, un shaman bulgare amateur de soupe de poule (« You’re a path that you must follow to it’s end. And that end might come sooner than you think. If you want to reach home, you must follow the path of courage». Bon, Caine n’a rien compris au sybilines paroles de ce Yoda des Balkans, mais ça l’a boosté quand même), le héros venu d’un futur parallèle où il n’existe pas (encore) de dragon va accepter de conduire les rebelles face à l’armée de Tervin le Félon (le genre de sadique qui exécute de sa main tous les subordonnés qui le décoivent et qui sont sufisamment cons pour ne pas déserter au lieu de se présenter devant lui). La bataille, rapide, violente et en grande partie illisible en raison de steady cams manipulés par des opérateurs parkinsoniens, va atteindre son paroxysme à l’occasion d’un duel entre Caine et Tervin. Un combat dont l’issue semble favorable à Caine avant que le dragon, invoqué par Tervin, surgisse et ne mette un terme à la bataille. A ce sujet, il est bon de signaler que ce dragon est d’ailleurs le seul élément non ridicule du métrage (en plus d’une réalisation assez propre). Il est tellement bien modelisé et incrusté dans l’image que c’en est choquant.  Limite scandaleux. Ah oui, j’oubliais. Dans la bataille meurt comme une merde le père d’Emeline et frère de Tervin. Comme tout le monde s’en fout sur le coup, je l’avais complètement zappé.

Bon, une fois les problèmes du Royaume réglés, comme promis par le shaman, Caine a la possibilité de retourner chez lui. Mais il ne rentre pas seul. Aspiré par le vortex, le dragon, qui était à la poursuite du héros, se voit lui aussi projeté dans notre univers. Il amène aussi les particularismes idiots de son monde d’origine. Ainsi, l’on voit Hazen Caine s’emparer d’une voiture sur une grande place de Sofia et forcer le conducteur à le conduire loin du dragon et, au bout de cinq bonnes minutes de fuite dans les rues de la ville, ressortir sur la même place, sans que cela fasse réagir Caine. Pendant ce temps, Ana, une teigne en tenue de cuir au service d’Aveylo, est sur le point de récupérer les gosses, qui croupissent dans leur caisson. Suivi par le dragon qui va faire office d’allié involontaire (il va croquer Ana, qu’il devait trouver sexy), Caine s’attaque aux malfrats et élimine finalement la projection moderne de Tervin, qui est interprété par le même acteur (Marian Valev, qui, lorsqu’il parle anglais, donne l’impression d’avoir la bouche pleine de terrine campagnarde). Enfin, le final voit Hazen Caine en plan d’ensemble, filmé en plongée, marcher vers le couchant (et la fameuse place!), alors qu’au dessus de l’horizon tourne un majestueux dragon. Quel poète, cet Uwe Böll.

25

Avec ce nouveau volet de In the Name of the King, on peut dire qu’Uwe Böll évolue à son niveau, c’est à dire celui d’un réalisateur de téléfilm SF comme les produisent The Asylum ou Syfy. Le problème majeur (mais qui, pour certains, contribue aussi au «charme» du cinéaste allemand) c’est que ses oeuvres sont totalement dépourvues de second degré ou de sens potache, alors que le scénario est à peine digne d’un enfant de dix ans (et encore, pas très doué). Ici, une nouvelle fois, on se retrouve à visionner un spectacle débile mais se prenant désespérement au sérieux, qui transpire la suffisance de son auteur. Cela a pu amuser par le passé (j’ai été le premier à en rire, cela avait failli m’amener sur un ring). C’est devenu agaçant. A noter toutefois une réalisation à la technique propre (hormis les steady cams hystériques) et un dragon numérisé vraiment bien foutu.

Critique de publiée le 12 février 2014.

Que faut-il en retenir ?

  • Un dragon numérique assez convaincant
  • Une réalisation propre

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario débile
  • Une interprétation risible
  • Un Dominic Purcell au regard vide
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