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Critique du Film : Je suis une légende

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 30 décembre 2007 à 03:41

Du sang pour les élus

Le film débute on ne peut plus mal ; Will Smith dans un coupé sport qui poursuit un troupeau de daims dans les avenues de Manhattan. Où quand le visuel se substitue à la logique. Profondément stupide, la scène est esthétiquement magnifique et il est vrai que l’on aurait été moins épaté si Robert Neville avait eu la bonne idée de grimper sur un toit pour allumer tranquillement un animal avec son fusil à lunette. Là, ça frime sévère mais pour le coup, le soir on mange des conserves… Oups, pardon le chien.
Suite à cette entrée en matière tonitruante, on s’apprête donc - avec appréhension - à assister à une sorte de survival urbain survitaminé, un Resident Evil revu et corrigé à la sauce Wild Wild West. En fait, le Je suis une légende version Francis Lawrence, ce n’est pas tout à fait ça, du moins durant sa première moitié. Je m’explique…


Pour arriver à ses fins, le script ne s’arrête pas aux détails. Comme par hasard, Robert Neville est non seulement immunisé contre ce virus qui a tué 95% de la population humaine et muté en monstres sanguinaires quatre autres pourcents, mais, de plus, il est l’un des principaux chercheurs à s’être penché sur le sujet, et enfin, pour finir dans la peu crédible accumulation des circonstances favorables, c’est un militaire apte à transformer son quartier en fort Knox. Cet homme vit avec sa chienne, Sam, qui incarne le substitut familial. Hors, c’est de cette relation que vient l’une des bonnes surprises de ce film ; on note rapidement que les rapports entre l’homme et l’animal sont excellemment bien mis en scène, sans esbroufe ni pathos, avec une performance assez convaincante de Will Smith, qui s’offre un rôle tout en retenu (et là réside la deuxième bonne surprise !). Le comédien prouve - encore - à l’occasion de ce film qu’il sait désormais se mettre au service d’une histoire… Remarquez, c’est une bonne chose lorsque l’on constate qu’il est presque le seul protagoniste de ce métrage.
En fait, les périodes d’errance de ce Robinson Crusoé urbain sont les meilleurs moments du film. Oublions ces satanés flash-back un peu trop mielleux, ces à peine croyables erreurs de script (3 ans après, il n’y a aucune poussière dans les appartements ; les zombies feraient-ils le ménage la nuit tombée ?), et pensons plutôt à la visite du vidéo club et au practice de golf sur le porte-avions. Parfois, dans ces moments là, on en vient à penser au 28 jours plus tard de Danny Boyle, avec ces longs plans – dotés d’une vertigineuse profondeur de champ - sur les rues désertées encombrées de carcasse de véhicules. Une pensée qui sera de plus confirmée avec l’apparition des créatures. Une intervention musclée de zombies vampires numériques assez moches qui semblent sortir tout droit d’un nanar d’Uwe Böll. Cette arrivée massive de mutants gonflés aux stéroïdes, c’est un peu la cata, car malgré sa linéarité et son manque d’aspérité, je dois dire que le scénario était jusqu’alors plutôt agréable à suivre, mais avec l’apparition de ces créatures de jeu vidéo, le film se désagrège, tombe dans le domaine de la série B à deux balles. Quand à l’arrivée de la mère et de son fils, je me suis marré comme un fou pendant 5 bonnes minutes en apprenant que dans le Maryland Bob Marley pouvait être un inconnu, puis un fois encore quand ce bon Willy s’est mis à parler du roi du reggae comme s’il s’agissait du messie.

Et si encore Francis Lawrence avait assuré en nous invitant dans un défouloir bien bis. Un petit John Carpenter, parfois, cela fait du bien par où ça passe... Même pas. Les non habitués aux films de genre et les plus jeunes spectateurs sursauteront peut-être un peu – notamment grâce à l’efficacité du Sound Design – mais les autres risquent fort de regarder cela d’un œil distrait tant le contenu est édulcoré – censuré ? - et privé de toute tension. Mille fois vu, et souvent en mieux, le climax ne relève même pas le niveau, d’autant plus que l’on n’a pas fini de souffrir avec ce final mystico-gnan-gnan d’une incroyable connerie. Sans vouloir m’étaler trop là-dessus, je me demande quand même où les mecs ont voulu en venir car cette illumination arrive comme un cheveu dans la soupe, faisant basculer le pragmatisme de Robert Neville dans la foi aussi vite qu’Anakin basculant du coté obscur de la Force. C’est dire la subtilité de la manœuvre…

50

Faisant fi de l’idée première qui mettait en avant que la monstruosité pouvait être la normalité et interprétant de manière plus convenue (sic) la déstructuration philosophique du sens du mot « légende », Hollywood nous offre sa version moderne, après celle des années 70, du fabuleux roman de Richard Matheson, Je suis une légende. Au final, le scénario est archi-linéaire, douloureusement prévisible et privé de tout suspense, avec des monstres en numérique qui cassent toute une ambiance contemplative judicieusement mise en place durant la première moitié du métrage. Si à cela on ajoute un final tout simplement ridicule, il ne reste pas grand-chose à voir, hormis une prestation convaincante d’un Will Smith à son avantage et la belle vision d’un Manhattan déserté.

Critique de publiée le 30 décembre 2007.

Que faut-il en retenir ?

  • Des décors impressionnants
  • Un Will Smith convaincant
  • Une première partie satisfaisante

Que faut-il oublier ?

  • Scénario linéaire et lisse
  • Manque de suspense, sobriété du traitement
  • Des monstres numériques moches
  • Un final ridicule et convenu

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