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Critique du Roman : Je suis une légende
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Critique du Roman : Je suis une légende

Avis critique rédigé par Maximilien S. le mercredi 11 février 2009 à 2009

Je suis une Légende

 

Il s'agit du tout premier Richard Matheson que j'ai lu. Je suis une Légende, rien que ça. Faut avouer que le titre ressemble à quelque-chose. La quatrième de couverture parlait du dernier homme de l'humanité livrant une guerre sans merci contre une horde de vampires. Autant vous dire que c'est l'oeil vitreux et transi d'impatience que je me suis attelé à la lecture. Et je n'ai pas été déçu.La première page annonce le ton. Et dieu sait qu'une première page, c'est important. C'est là qu'on reconnaît le talent et le sérieux de l'écrivain. Toute l'histoire en substance doit s'y retrouver. Comme un insecte dans son ambre. Et là, j'ai pris une grande claque. Pas de discours lénifiant sur l'histoire de l'humanité, pas de scène d'action non plus, c'eût été trop facile. Non, le bouquin s'ouvre directement sur une scène d'angoisse et de suspense. J'ai eu la même impression en jouant à Silent Hill 2pour la première fois. On découvre un personnage à priori peu sympathique, un genre de camionneur veuf et mal rasé et pas vraiment BCBG, foncer pour rentrer chez lui avant qu'ils n'arrivent. Parce que, comme l'adolescente attardée, notre héros, Robert Neville, ne peut pas se permettre de rentrer la nuit tombée. Pour cause d'invasion vampirique majeure. C'est là que je me suis pris une deuxième claque : ca ne ressembe en rien aux autres livres de vampires. Bienvenue au post-apo vampirique. Comment c'est arrivé ? Le personnage n'en sait trop rien, tout ce dont il est vraiment sûr, c'est qu'une épidémie a balayé la population, et qu'il s'est retrouvé un beau jour seul face à une masse de suceurs de sang. Alors notre Neville a décidé de tenir, et s'est barricadé chez lui, armé jusqu'aux dents.

C'est là le génie de Richard Matheson, qui nous offre un western-post-apo, un ovni transgenre et sans concessions. Exit les héros clichés de toute la production de SF. Exit les extraterrestres plus ou moins communistes qui parcouraient alors le genre. Neville est un homme comme les autres, et bon sang ce que ça fait du bien.

L'autre originalité tient surtout dans l'image du vampire par rapport à l'homme. Ici, nos amis de la nuit conservent curieusement leur attitude d'avant, et ne font étalage d'aucun des attributs traditionnels du vampire. Que ça change ! Ce que veulent les vampires, c'est faire la peau de Neville, un point c'est tout. Et chaque nuit, le siège recommence. Ses anciens voisins l'appellent par son nom et l'exhortent à s'enfuir. Les femmes prennent des poses aguicheuses pour l'encourager, et Neville, tout seul, si seul, se saoule à longueur de temps en essayant de ne pas écouter la voix de la nuit. On pourrait aisément y voir une critique sociale et recourir à Freud.Le livre aurait pu en rester à cet Alamo vampirique et ne jamais connaître le succès qu'on lui connaît si Matheson, cette chose étrange et probablement extraterrestre, n'avait pas opté pour une trame de fond quasiment métalittéraire. Alors que le vampire est généralement minoritaire, c'est ici l'homme qui fait figure d'exception, d'anomalie historique et biologique. D'où une quête de vérité. Dans un tel contexte, qu'est-ce que le vampirisme ? Qu'est-ce qu'un vampire ? Pourquoi est-il le dernier ? Qu'est-ce qu'un humain ? et l'auteur de questionner la place des mythes et des légendes dans l'élaboration de nos sociétés et de l'inconscient collectif. Mais en s'engageant dans cette quête, Neville devra faire face à ses propres démons. Quand tu regardes trop dans l'abîme, l'abîme aussi regarde en toi, disait Nietzsche

 

Ne dédaignant jamais la forme au profit du fond, Richard Matheson traite le sujet avec une viscéralité à peine croyable : expériences scientifiques, superstition, interrogatoires, tout s'enchaîne et se suit avec une fluidité sans pareil. Il y a tout ce qu'on aime dans la sf guerrière et décomplexée : un anti-héros alcoolique et jusqu'au boutiste, seul face à l'hostilitéa d'un nouveau monde. Les fans de Carpenter devraient tous lire sans hésiter ce petit chef d'oeuvre. 

Un roman dur, nihiliste, qui offre donc tout ce qui fait le succès de la SF en y ajoutant une petite note philosophique sans jamais se prendre au sérieux et mépriser son lectorat. Que demande le peuple ?

 

La conclusion de

On regrette quelques facilités scénaristiques et la rapidité avec laquelle l'auteur passe sur quelques passages critiques qui auraient gagné à être développés. En dehors de cela, le roman est fondateur et risque fort de vous faire tomber par terre. Je l'ai lu d'une traite, sans m'être ennuyé une seule seconde.

Que faut-il en retenir ?

  • Le style de l'auteur.
  • Originalité de la chose.
  • L'érudition distillée avec maestria, et non arrogance.

Que faut-il oublier ?

  • Quelques facilités.

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