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Critique du Roman : Le Chasch

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 12 décembre 2007 à 14:12

La quête héroïque de Adam Reith

Les Chaschs Verts levèrent le camp deux heures avant l’aube. Les chariots se déployèrent selon un vaste cercle, les guerriers, montés leurs monstrueux chevaux-sauteurs, s’élancèrent au galop et, à un signal imperceptible – peut-être télépathique, se dit Reith – l’armée s’éloigna vers l’est. Les éclaireurs Ilanth sautèrent sur leurs montures et suivirent les Chasch à distance respectueuse. Ils revinrent dans la matinée pour annoncer que la troupe avait mis le cap au nord…
Le Chasch est le premier tome du cycle de Tschaï, une saga en quatre volumes écrite par Jack Vance dans les années 60. Le personnage principal, Adam Reith, est un naufragé de l’espace, échoué sur une planète couverte d’une mosaïque de peuples aux mœurs étranges et aux niveaux technologiques mélangeant rusticité médiévale, extravagance baroque et modernité avant-gardiste. Dans le fond, comme ses contemporains John Norman (le cycle de Gor) ou Michael Moorcock (le cycle du Guerrier de Mars), Jack Vance tire son inspiration des planet opera pulp des années 40, eux-mêmes inspirés du célèbre cycle de John Carter écrit par Edgar Rice Burroughs.
Cependant, le Chasch n’est pas un banal produit d’exploitation. Même si le récit met en scène tous les stéréotypes propres à ce genre de littérature héroïque – un découpage géopolitique grossier (les dirdir nous rappellent les elfes, les Chasch les orcs, etc., toutes ces ethnies vivants sur des territoires délimités et balisant la narration), un regard réactionnaire sur les liens sociaux, un héros surdoué aux agissements messianiques, un groupe d’aventuriers mixant complémentarité et adversité - l’on a affaire à une véritable œuvre, originale et passionnante. Cet exceptionnel résultat est dû au choix d’écriture de Jack Vance qui, à force d’insister sur des détails « sans importance » portant sur leur existence quotidienne, finit par rendre attachants même les personnages les plus anodins. En effet, fidèle à son dogme littéraire, l’auteur s’attarde une nouvelle fois sur un style très imagé, développant nombre de descriptions colorées sur les us et coutumes de cette myriade de peuples ; une variété de races et de civilisations qui se révèle bien plus riche et exotique que dans la plupart des autres Planet Opera.
Bien entendu, posé sous le regard inquisiteur d’un jeune lectorat, presque un demi-siècle après son écriture, le Chasch ne manquera pas de paraître un peu kitch, d’autant plus que le héros n’est pas un ado, et encore moins un enfant – comme c’est aujourd’hui la mode -, mais un adulte au comportement vindicatif et parfois machiste. De lecture très facile mais riche en termes désuets – qui se révèle assez amusants avec le recul -, le roman nous fait ressentir les mêmes plaisirs simples que lorsque l’on visionne un vieux film de SF des années 50 ; cela nous parait puéril mais c’est justement cette apparence d’innocence et cette imagerie de bande dessinée qui entraînent que l’oeuvre reste diaboliquement accrocheuse. Et ça, c’est la « magie Jack Vance » : cette incroyable capacité à charmer le lectorat, un don qui opère encore de nos jours dans la plupart de ses œuvres.

90

Grand classique de la littérature SF américaine, le Chasch est un charmant récit mélangeant exotisme, SF pulp et héroïsme chevaleresque. On peut affirmer sans grand risque de méprise que ce roman se révèle comme une excellente introduction à l’univers de Jack Vance, l’un des plus riche dans le domaine de la science-fiction populaire. Bien écrit, doté de personnages très attachants évoluant dans un théâtre dépaysant et bigarré, ce premier tome du cycle de Tschaï est un véritable petit bijou.

Critique de publiée le 12 décembre 2007.

Que faut-il en retenir ?

  • Une myriade de peuple, agréablement dépeints
  • Un bon rythme, sans temps mort
  • De lecture facile, même pour le lectorat préadolescent
  • Un indéniable sens épique et romanesque

Que faut-il oublier ?

  • Un peu réac quand même (mais moins que le cycle de Gor !)
  • Un aspect désuet charmant mais qui peut géner.

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