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Critique du Film : Scream
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Critique du Film : Scream

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 29 novembre 2007 à 1536

Bienvenu dans l’ère du Burger Quizz

Je ne peux le nier sans passer pour un fou ; dix ans après sa sortie, Scream est devenu l’oeuvre référentielle d’une nouvelle génération d’amateur de cinéma sensationnel. Il est vrai que la génération des années 1990-2000 a construit sa culture cinéphilique sur des fondations composées, entre autres, des concepts de ce slasher new age. Par contre, nombre de critiques et de cinéphiles ne manquèrent pas – et ils continuent à le faire - de clamer haut et fort que le film de Wes Craven fut le déclencheur d’un « regain » d’intérêt du public envers le film de genre. A mon humble avis, rien n’est plus faux. Je le pensais lors de mon premier visionnage et, avec le recul, je n’ai pas changé d’avis. Je l’affirme même ; Scream est une composition bâtarde qui a ouvert une nouvelle voie commerciale en mettant le film de genre à la disposition du grand public, c'est-à-dire une audience de profanes dans le domaine de l’horreur.
Je dois l’avouer ; j’ai détesté Scream. De toute mon âme. Et j’ai honni Wes Craven. Il est vrai que, déçu, l’on brûle les icônes d’autant plus fort que l’on a pu intensément les idolâtrer. A ce titre, Wes Craven, Dimension Films et Kevin Williamson ont fait de moi durant une longue période un cinéphile iconoclaste. Aujourd’hui, après de multiples cures devant mon magnétoscope puis mon lecteur DVD, j’ai un peu révisé mon opinion concernant la valeur intrinsèque du métrage.


Pour faire un comparatif scabreux ; Scream est au cinéma d’horreur ce que le fast food est à la gastronomie. On met à la disposition d’un public peu difficile, mais affamé (et pressé), un produit riche en matières grasses, haut en couleur, le tout dans un emballage séduisant. Et l’on n’oublie surtout pas le clown Ronald McDonald, histoire de nous faire avaler la peu ragoûtante sauce cheddar qui enrobe invariablement chaque plat. Car Scream est avant toute chose une comédie. Une comédie maquillée en thriller, mais une comédie quand même.
Au niveau de la recette, Williamson reprend tous les ingrédients qui ont composé les succès d’hier. Une méthode astucieuse qui permet de structurer une œuvre pas originale pour deux sous en prenant comme prétexte la construction référentielle. Hors, cette manœuvre, on la retrouve plus particulièrement dans les comédies pastiches du trio Abraham / Zucker et autres Mel Brooks, des films qui revendiquent leur orientation burlesque. Mais cette fois-ci, l’on affiche pas ouvertement l’aspect « foutage de gueule », on le diffuse à petites doses, à partir de détails narratifs comme la crétinerie de Dewey, l’absence de mobile de Stuart (une carence finement pensée, car comment soupçonner un tueur qui n’a aucune raison d’agir comme tel), le costume ridicule et les manœuvres balourdes de Gale Weathers - caricature grotesque du journaliste en quête de sensationnel.
Surtout, le coup de génie de Wes Craven et de Kevin Williamson est d’avoir présenté leur film sous la forme d’un quizz de pop-culture. Plus que le véritable fan qui est apte à sentir sans défaut le coté cynique (ou potache) de la démarche, c’est le néophyte qui va être conquis. Ayant l’impression d’entrer dans un jardin secret par la grande porte - qui plus est dans un univers de « geek » sans y être invité par les maîtres des lieux - le profane va boire ce condensé de références à la manière d’un vin de messe. A la fois grisant et solennel. C’est cet élément qui, je pense, fait que Scream a eu un énorme impact sur un jeune public en dépucelage cinématographique.

Maintenant, au niveau de la construction ; même si les incohérences ne manquent pas, on ne peut nier que le canevas machiavélique est habilement brodé. Williamson fait simple mais efficace, et utilise énormément de faux-semblants (les fameux red harring de Alfred Hitchcock) afin que le spectateur n’appréhende guère une vérité pourtant criante à l’écran. Les éléments les plus importants de cette mascarade sont les utilisations de Skeet Ulrich (excellent acteur au demeurant) comme centre névralgique du récit et de la terne (et donc totalement neutre) Neve Campbell comme un point de vue peu fiable sur la situation. Wes Craven avait d’ailleurs utilisé la même méthode dans les Griffes de la Nuit avec le duo Johnny Depp Heather Langenkamp.
Visuellement, Wes Craven, en vieux briscard, fait également très fort. Il parvient parfaitement à doser le potentiel horrifique de son film afin qu’il ne soit pas insupportable à visionner pour le public ciblé, mais il pousse le coté graphique suffisamment loin pour arriver à émoustiller les adolescents. Un choix conceptuel qui est d’ailleurs devenu la marque de fabrique de Dimension Films. Et de nombreux autres compagnies, d’ailleurs, ont suivi ce chemin ; pour le meilleur et surtout pour le pire…

La conclusion de

Je vais en étonner plus d’un qui connaît depuis longtemps mon avis sur Scream ; l’un des films que j’ai le plus, durant un bon moment, détesté. Avec le recul, de nombreuses et parfois douloureuses visions, je dirais que le film de Wes Craven, s’il n’est pas si génial que l’on le dit parfois, est plus que regardable. A l’époque je m’attendais à un film d’horreur pure, j’ai reçu dans la troche une comédie qui mettait à mal tous les icônes du genre. Aujourd’hui, en changeant mon point de vue, j’y vois une préquelle aux futurs Scary Movies, des œuvres ayant poussé dans ses derniers retranchements le concept « d’horreur référentielle ». Et je dois quand même l’avouer, c’était bien mieux en 1997 !..

Que faut-il en retenir ?

  • Une construction référentielle assez osée
  • Une distribution bien pensée
  • Une mise en scène très appliquée

Que faut-il oublier ?

  • Un faux film d’horreur, un brin malhonnête
  • Un manque de sérieux qui peut gêner
  • Un aspect comique qui fonctionne qu’à moitié

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