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Critique du film : Maniac [1982], par Christophe B.

Avis critique rédigé par Christophe B. le jeudi 11 octobre 2007 à 14h53

Une oeuvre choc !

Franck Zito est un homme solitaire, instable. Rongé par le souvenir d'une mère tyrannique et castratrice aujourd'hui décédée, il sombre dans la schizophrénie et la folie meurtrière pour devenir un véritable tueur psychopathe. Armé d'un couteau, il massacre toutes les femmes qui titillent un peu sa libido, avant de les scalper sauvagement et de clouer leur chevelure sur la tête des mannequins ensanglantés qui ornent son appartement.

Le passe-temps favori de Frank Zito : tuer, scalper, collectionner...

Une fois n'est pas coutume, je vous livre un petit morceau de mon histoire personnelle :
Au tout début des années 80, la petite ville de Blois dont je suis originaire, avait cinq cinémas pour divertir ses habitants. Trois de ces cinoches présentaient les blockbusters de l'époque, les deux autres étaient ce que l'on a coutume d'appeler des "cinémas de quartier". Des salles qui accueillaient en majorité les films classés X, les films d'horreur, les séries B, le bis...
Pour me rendre à mon collège, je passais immanquablement à pied devant un de ces cinéma, construit à un pâté de maisons de chez mes parents, dans le renfoncement sombre du porche d'un immeuble moisi en bordure de la Loire. Son nom : "Les Studios". Il n'avait que deux salles, mais a réussi à survivre jusqu'à la fin des années 80 en passant les pires films de l'époque. Ce cinoche était le rendez-vous de tous les fans de bobines fantastiques que comptait la région (et de quelques vieux cochons adeptes de ce sport très particulier, et heureusement disparu, qu'était l'onanisme en salle obscure...)
En 1982, j'entrais en cinquième, et chaque mercredi après-midi, j'accourais immanquablement avec un pote, le dernier Mad Movies (qui venait de passer pro) ou Starfix (qui venait de voir le jour) en main, vers cet Eden où, en attendant d'entrer, "les grands" (comprenez les plus de 16 ans) devisaient avec le patron sur les derniers films de Craven, Cronenberg ou Carpenter. (Parmi ces "grands", il y avait un certain François Cognard qui bossait justement pour le magasine Starfix, mais ça je ne l'ai sût que bien plus tard... )
Si vous le pouvez, essayez de vous imaginer le bonheur que cela peut être à 12 ans, de se retrouver sous les affiches grand format de New York 1997, Les Gladiateurs du Futur ou La Boulangère a de belles miches placardées sur le fronton d'un cinoche. Le plus terrible, c'est que tous ces films étaient interdits au moins de 13, 16 ou 18 ans.
A force de nous voir devant son établissement, le patron (un gros monsieur prénommé Serge, qui ne quittait jamais son cigare des lèvres, faisait office de guichetier, ouvreur, vendeur de friandises avariées, projectionniste, et qui à la fermeture forcée de son cinoche en 1987, en érotomane averti, a ouvert un sex-shop...) lassé, avait fini par nous prendre à la bonne, et nous permettait d'assister gratos à l'une des séances "interdite" du mercredi, dès lors qu'on l'aidait à nettoyer les salles. L'aubaine ! (Je ne vous raconte même pas ce que l'on peut trouver coincé dans les fauteuils de ce genre de cinoche).
Bref, c'est ainsi que j'ai pu, à partir de 12 ans, assister à des films réservés aux "grands". Et si j'ai frémi devant plus d'une bobine d'horreur, frissonné devant tous les films bis Italiens (et pas que frissonné quand on connaît la capacité des actrices Italiennes à ce retrouver à poil comme par magie dans ce genre de métrage...), le film qui m'a le plus impressionné et empêché de dormir pendant une bonne quinzaine, je l'ai vu en juillet 1982 : c'est Maniac !
La Belle (Caroline Munro) et La Bête (Joe Spinell)

Maniac fait partie de ces films qui ont longtemps traînés derrière eux une réputation d'oeuvre subversive et sulfureuse grâce notamment aux éditions René Château qui l'on fait entrer dans leur mythique collection des "films que vous ne verrez jamais à la télévision" allaient suivre Massacre à la Tronçonneuse et Zombie. Ces oeuvres qui, au delà de leurs réelles qualités artistiques, furent avant tout vendues à grand renfort de publicité sur leurs démêlés avec la censure dans certains pays. (A sa sortie en France en 1980, le film est presque immédiatement interdit d'exploitation. Les droits sont rachetés par René Château en 1981, qui sort le film en K7 vidéo. En 1982 le film est enfin autorisé à ressortir en salle.)
Sur la base d'une histoire de tueur qui n'a rien d'originale, William Lustig et Joe Spinell vont développer un film d'horreur explicite, un "film cauchemar", ce genre de film capable tout à la fois de vous foutre la gerbe tant le traitement du sujet, des images et du son est malsain, mais vous rive quand même à votre fauteuil, fasciné.
Maniac est un véritable voyage, éprouvant et dérangeant, dans le quotidien d'un monstre. Le climat général du film n'est rien moins que glauque et maladif, peut-être grâce à l'usage d'une pellicule (16 mm ?) enlaidissant considérablement les images en les rendant plus crues et agressives, leur donnant ce petit caractère "reportage" qui accroît encore le sentiment de malaise. Car le but avoué est bien de montrer à l'écran un récit le plus réaliste possible pour se mettre littéralement à la place du tueur schizophrène à la psychologie complexe et torturée. Une atmosphère si malsaine qu'elle en devient presque suffocante.
Filmé la plupart du temps caméra à l'épaule, la réalisation de Lustig est imprégnée d'une véritable tension dramatique. Optant pour une approche ultra réaliste façon La Dernière maison sur la gauche ou Massacre à la tronçonneuse, le réalisateur nous immerge dans l'intimité du tueur, dans ses pensées, dans ses cauchemars, prisonnier de ses pulsions. Froidement filmés, les meurtres n'en sont que plus redoutables. Le but avoué des deux auteurs est de nous faire pénétrer dans l'univers mental du tueur, comme le fera plus tard en s'inspirant largement de Maniac, le réalisateur John Mc Naughton avec son Henry, portrait of a serial killer.
Le co-scénariste du film, le regretté acteur Joe Spinell, l'air halluciné, n'est rien moins que monstrueusement bon dans le rôle du tueur, il se glisse avec génie et crève véritablement l'écran dans le rôle du maniaque, qui restera pour lui le rôle de sa vie.
Le travail sur la bande son, hantée par le souffle continuel du maniaque, est lui aussi remarquable, l'environnement sonore est à la limite du soutenable, fourmillant de bruits stridents, de turbines, de moteurs, des hurlements des victimes, des mugissements du tueur, sans oublier l'excellente partition musicale de Jay Chattaway.
Ce film est en outre un véritable cours de maquillage, un véritable festival gore orchestré par l'excellent Tom Savini. Le maquilleur de talent qui venait de boucler les effets spéciaux du Zombie de Romero, joue d'ailleurs lui même dans le film le rôle d'une victime et s'inflige l'une des plus gore explosion de crâne du cinéma.
Le tueur en bien mauvaise posture...

La conclusion de à propos du Film : Maniac [1982]

Christophe B.
85

Dans l'une de ses chronique en parlant du film, l'excellent Didier Allouch écrivait dans Mad Movies : "Maniac est une oeuvre glauque, malsaine, déglinguée et vraiment dérangeante qui a visiblement marqué l'inconscient cinéphilique de toute une génération." Oui ! J'approuve ! J'en suis ! Et croyez moi, plus de 25 ans après sa sortie, Maniac demeure l'une des oeuvre les plus intéressante de la série B américaine et a réussi à conserver intacte sa redoutable efficacité. Une oeuvre choc, aux images et à l'atmosphère éprouvante, qui laisse dans la mémoire des spectateurs des traces indélébiles.

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