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Critique du Film : Planète Hurlante
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Critique du Film : Planète Hurlante

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 13 septembre 2006 à 0717

L'attaque des tronçonneuses psychotiques

Abandonnés par leurs commandements respectifs sur la planète Sirius B, des groupes de militaires antagonistes doivent s’allier afin de lutter contre une nouvelle forme de menace robotisée… Planète Hurlante est une adaptation de Second Variety, une nouvelle de Philip K. Dick, parue en 1953. Même si elle a été grandement transformée pour la circonstance - notamment avec un happy-end un peu raté, il faut bien le dire, et une localisation loin de cette Terre ravagée qui servait de décors à la nouvelle originale -, le concept reste à peu prêt le même, à savoir une critique pessimiste de la nature belliqueuse de l’homme, et son goût prononcé pour l’autodestruction.
Se voyant confier ce projet, Christian Duguay, un réalisateur canadien spécialisé dans le téléfilm, décide à cette d’occasion d’utiliser les 11 millions de dollars de budget plus pour affirmer une ambiance que pour en mettre plein la vue avec des effets spéciaux ravageurs (il faut dire qu’avec une somme aussi minime, il n’aurait pas pu concurrencer Star Wars). Bien lui en a pris, car dés les premières minutes du film, le spectateur se retrouve plongé – grâce à une photographie à l’esthétisme extrêmement soigné - dans un monde mourrant et sinistre, une planète au sol gelé sur laquelle ne règne pas la mort mais plutôt la non-vie, accompagnée de ses hordes de rats affamés.

Hendricksson, anti-héros désabusé

Oubliés de tous – intéressante métaphore sur la notion d’abandon médiatique qui, dans la société actuelle correspond littéralement à un effacement de la mémoire collective –, quelques groupes d’individus à la discipline relâchée par des années d’oisiveté, d’enfermement et d’angoisse, essayent de subsister en se donnant l’illusion de leur utilité idéaliste – une situation quelque peu analogue à celle des occupants du bunker de Day of the Dead, et commun a de nombreux huis clos. Christian Duguay reconstitue habilement cette sensation de langueur attentiste par des longs plans rapprochés et des travelings lancinants. Rien à redire, la technique est efficace et nous fait ressentir parfaitement le quotidien de ces laissés-pour-compte.
C’est dans ce milieu quasi léthargique que vont se développer les Screamers. Métaphore un peu grossière de la menace nucléaire dans le récit de Philip K. Dick (n’oublions pas qu’en 1953, le monde est plongé dans la Guerre Froide), ces machines, ces Epées Mobiles Autonomes, sont réduites ici à un rôle punitif, un fatal retour de balançoire . Si le message est moins sombre, plus axé sur ‘’l’actionner’’ hollywoodien, l’effet dérangeant reste efficace notamment lors du passage des créatures à la phase 2, celle de l’imitation humanoïde. Les androïdes David sont ainsi les mieux réussis, car ils jouent sur les derniers sentiments humanistes auxquels s’accrochent ces militaires dépressifs qui en ont vu des vertes et des pas mûres.
SiriusB,siège de la non-vie

Cependant, si l’ambiance et l’esprit du film sont admirablement réussis, on ne peut en dire autant du scénario à proprement parler. Assez bien tenu jusqu’à mi-métrage, il part ensuite dans les incohérences et les approximations. Si l’on peut passer sur quelques problèmes de déroulement chronologique, on excuse moins certaines libertés narratives trop grossières, comme l’attitude incohérente de l’androïde Ace qui défend les humains face à l’attaque de hordes de David avant de se retourner contre eux le lendemain, et cela sans raison apparente. Et ne parlons pas de ce happy end, qui va totalement à l’encontre de cet esprit pessimiste assumé, qui met en scène ‘’l’humanisation’’ d’un exemplaire Rebecca puis l’évasion d’Hendricksson de Sirius B, laissant les robots livrés à eux-mêmes (le plan final sur le nounours, cliché cinématographique agaçant, est assez nase d’ailleurs).
La belle Rebecca a un secret

Autre problème ; l’interprétation. Bon, c’est vrai, Peter Weller, comme souvent, est impeccable. Sachant depuis toujours parfaitement cultiver le névrotisme et l’art du questionnement, l’acteur est naturellement à l’aise dans ce film à l’atmosphère glauque et paranoïaque. Il est le parfait anti-héros. Cependant, à part lui, c’est un peu n’importe quoi. Le reste du casting s’égare en effet dans le surjeu et la caricature ‘’comico-bidasse’’ – le coup du mec blasé, du mec pas content, du mec moqueur, du mec trouillard, etc. Des prestations sans aucune subtilité aggravées par des dialogues souvent assez primaires, loin de la réflexion philologique que tente parfois de dégager le film. Vraiment dommage qu’un effort supplémentaire n’est pas été fait sur l’aspect dramatique et sur l’écriture des dialogues. L’œuvre le méritait vraiment.
fait la bise à David

La conclusion de

Au final, Planète Hurlante est un film agréable à visionner de part ses qualités esthétiques et son atmosphère maniaco-dépressive bien tendue. Cependant, en raison d’une trop grande approximation narrative et d’un niveau d’interprétation médiocre, le niveau de l’œuvre ne dépasse jamais la limite de la série B sympathique. Alors, Demi-ratage ou demi-réussite ? A vous de choisir. De mon coté, par affection pour Peter Weller, j’ai choisi la première proposition.

Que faut-il en retenir ?

  • Atmosphère bien rendue
  • Photographie soignée
  • Peter Weller, excellent
  • Respectueux, dans l’ensemble, de l’idée originale

Que faut-il oublier ?

  • Manque de rigueur scénaristique
  • Interprétation médiocre
  • Happy end incongru

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