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Critique du Roman : 1984
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Critique du Roman : 1984

Avis critique rédigé par Manu B. le vendredi 17 février 2006 à 0751

Un chef d'oeuvre terrifiant !

"C'était une journée d'avril froide et claire. Les horloges sonnaient treize heures. Winston Smith, le menton rentré dans le cou, s'efforçait d'éviter le vent mauvais. Il passa rapidement la porte vitrée du bloc des "Maisons de la Victoire", pas assez rapidement cependant pour empêcher que s'engouffre en même temps que lui un tourbillon de poussière et de sable...
Winston travaille au ministère de la Vérité: Minivers en novlangue. Tous les jours il fait les corrections nécessaires des livres pour que l'histoire colle avec la réalité, plutôt que l'inverse, pour que la pensée unique puisse vaincre. Et il ne peut rien faire contre cela. Big Brother is watching you. Au travail, dans le transport en commun, dans les escaliers de votre immeuble, dans votre appartement, Big Brother vous regarde. Il n'y a qu'une ligne, c'est celle du Parti. Avec le slogan: LA GUERRE C'EST LA PAIX LA LIBERTE C'EST L'ESCLAVAGE L'IGNORANCE C'EST LA FORCE. ...
L'autre chef-d'oeuvre de la dystopie. Le meilleur des mondes est, avec 1984, l'autre chef-d'oeuvre de cette contre-utopie. Mais à l'inverse du meilleur des mondes, 1984 propose une vision totalement opposée. La vie dans le meilleur des mondes est présentée comme idyllique, bien que les conditions réelles des hommes soit finalement un asservissement de leur pensée, dès la création de l'embryon. 1984 est un roman d'une noirceur absolue ou même le cynisme n'existe pas puisque la manipulation des informations se fait au grand jour, et que le gendarme apparaît à tous les coins de rue sous la forme de Big Brother sur son écran de contrôle.
Un peu d'histoire. 1984 a été écrit par Orwell au lendemain de la deuxième guerre mondiale, en 1949 et s'est inspiré de la situation de la Grande Bretagne pour façonner le monde de son roman. L'empire britannique s'étiole peu à peu même si le gouvernement s'échine à travers les medias de mettre en place une propagande destinée à maintenir le pays dans une certaine confiance, spécialement pendant la guerre maritime opposants les indépendantistes des colonies aux soldats britanniques (en Océanie et en Inde, notamment). Cette manipulation informative n'est d'ailleurs pas sans rappeler les méthodes utilisées par les bolcheviks, ce que Orwell, travaillant à la BBC, voit chaque jour dans la presse dont The Times est l'exemple le plus criant.
1984: le monde de l'horreur. Ainsi, le décor était planté, l'idée d'une société caricaturale à l'extrême avait germé dans son esprit pour produire la société la plus terrifiante jamais imaginée. La lecture de ce roman m'a littéralement glacé le sang. Il faut dire que la société décrite tient autant des méthodes radicales communistes des bolcheviks que de celle des nazis. Je prends les extrêmes mais 1984 est un condensé de toutes les atrocités propagandistes de ces deux régimes de terreur. Il me restera toujours en esprit cette société où : " LA GUERRE C'EST LA PAIX LA LIBERTE C'EST L'ESCLAVAGE L'IGNORANCE C'EST LA FORCE ", un slogan où l'on ne cache pas au citoyen qu'on lui ment de manière aussi flagrante. La guerre c'est la paix, d'où la nécessité de continuer la guerre pour garantir la paix sur le territoire, est une notion complètement paradoxale, si l'on y réfléchit bien. Comment connaître la paix si la guerre devient inévitable, la paix sur deux niveaux: celle sur le front, la paix frontalière, politique, mais aussi la paix dans les coeurs des citoyens, dans leur esprit. Car quel meilleur moyen de brider une population en leur mettant une pression permanente, psychologique, en leur faisant planer un danger potentiel imminent au dessus de leurs têtes. C'est aussi le meilleur moyen de justifier les mesures mises en place, les actions les plus drastiques, sans rébellion ni révolte ? Cette pratique avait été exploitée dans la vérité avant-dernière de Philip K Dick, où les agents politiques maintenaient cette pression sur un peuple reclus dans des bunkers enterrés, aveugle de ce qui se passait à la surface. La liberté c'est l'esclavage puisqu'il faut une ligne de Parti et une seule, pour pouvoir résister aux "ennemies" du pays. La liberté, c'est la porte ouverte aux ennemies de la nation, bien évidemment. Enfin, l'ignorance c'est la force, la force principale d'une gouvernement qui veut garder le contrôle du pays, pour que l'on ne se disperse pas. C'est pourquoi l'écriture doit être bannie si elle n'a d'autre but que de servir le Parti et la lecture de livres prohibés est punie par la loi, puisqu'elle est susceptible de détourner la brebis du troupeau, tout comme le Fahrenheit 451 de Bradbury. Winston prend donc un gros risque avec ses romans... Car la Police de la pensée est là, attendant derrière l'écran de Big Brother, à traquer le moindre comportement suspect, une tension particulière sur le visage de l'un ou l'autre, ou bien attendre les dénonciations des voisins ou même des enfants contre leurs parents. Big Brother vous regarde, même au travail, et vérifie que votre minute de haine envers l'Ennemie s'est bien passée, que vous avez pris du plaisir à hurler contre l'image du mécréant.
Winston, pourtant, doute, lui qui est né pendant la guerre, il a vécu la révolution et la guerre civile et l'établissement de ce nouveau régime. Il doute car il pense régulièrement au passé, un passé qui n'est pas aussi noir que le décrit le Parti qui ne se gêne pas pour réécrire le passé comme une période de chaos. Il y pense, il doute, jusqu'à la rencontre avec Julia, la fille aux cheveux noirs. Il rêve alors d'amour mais aussi de révolution mais que peuvent ils faire tous les deux face à la grosse machine du Parti ?
Le péril, la souffrance les attendent sûrement, alors vont ils prendre plus de risques que nécessaire ?

La conclusion de

1984 est un des romans qui m'a le plus impressionné, avec une écriture, une ambiance de sourde menace planant tout au long du roman. Un chef d'oeuvre à lire absolument !

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