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Critique du Film : Ripper
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Critique du Film : Ripper

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 8 février 2006 à 1059

Y’a plus aucun respect pour l’amateur de nanar

Ce soir là, je feuilletais mollement mon programme télé, après mettre vautré comme une vieille chiffe sur mon canapé, quand je tombais sur un pitch qui éveilla mon attention : ‘‘Au coeur d'une université, un tueur massacre des étudiants en reconstituant les assassinats de Jack l’Eventreur’’. ‘’Ouahh, me disais-je, voilà qui est vraiment apte à faire un faire un bon nanar.’’ Rendez-vous pris, je patientais en visionnant les extraordinaires programmes télévisuels que nous offrent nos chers responsables de chaîne, et l’heure enfin venue, je me calais confortablement devant mon téléviseur, non sans avoir, auparavant, mis à portée de main la quasi-totalité des glucides contenus dans mon frigo.
Et, autant vous l’annoncez de suite, je fus déçu, déçu, déçu…
Pourtant, le début est prometteur. Une gonzesse recouverte de sirop d’érable affalée dans une barcasse à la dérive, le tout sous une photographie à la David Hamilton – la caméra dans un sauna, vous voyez ?- puis, un cut, et l’on se retrouve propulsé dans une salle de classe ou une dizaine de Ken et de Barbis Poufs écoutent avec attention mon meilleur ami depuis Steven Seagal ; Bruuuuuuuce Payne!
Dans ce film, monsieur Sourire en Coin interprète le rôle d’un professeur de criminologie spécialisé dans le comportement des serials killers. D’ailleurs, pour démontrer ces infinies connaissances en la matière, il feint de trucider avec le couteau de Jason (copyright McFarlane) un jeune étudiant, qui joue le jeu en mimant parfaitement l’égorgé comblé tout en s’aspergeant de sang synthétique. Tous les occupants de la salle paniquent, foutent un bordel terrible, et se ruent vers la porte de sortie qu’ils, cons comme sont les étudiants mainstream ricains, ne parviennent pas à ouvrir. Puis, finalement, ils s’aperçoivent de la blague et rigolent alors comme des oufs en applaudissant à tout rompre… un véritable concerto d’otaries en ré mineur. Quelle classe, ce Bruce !

La rebelle, elle a même un tatouage, ouah, la vache !

Le réalisateur, John Eyres, auteur d’un mémorable car désopilant Octopus (‘toi d’là que j’m’y mette), nous présente ensuite les différentes et probables futures victimes, en commençant par la fille au bateau qui se trouve être la rebelle du groupe, l’insociable, vachement coriace (sweet de Death Metal, mèche de cheveu soigneusement placée de traviolle) et qui est tellement violente qu’elle maltraite régulièrement sa housse de couette et son traversin, et même qu’elle serre les couilles des gars trop pressants. Ouch ! Les autres protagonistes, qu’ils soient en jupes fendues ou en pantalons moule burnes, sont présentées de manières plus succinctes, mais on arrive quand même à deviner quelles vont être les premières victimes tant les personnages sont stéréotypés. Dans l’ordre, pure sélection maillon faible (non, Morandini n’est pas le monstre, quoique, c’est pas con comme idée) : la poufiasse, la pétasse, la couille pressée (voir plus haut), l’intello introverti, le bon copain, la copine, etc.
Puis viennent les meurtres. Le premier n’est pas vraiment original, avec une course poursuite, un monte-charge bloqué, une longue séquence d’égorgement qui démontre que le film ne sera résolument pas gore, et une douche de sang sur une greluche qui se trémousse à l’étage en dessous et qui ne remarque rien ‘’lorsque la musique est bonne, bonne, bonne (air connu)’’. Cependant, première surprise, et première déception, car ce n’est pas nul ! Ca commence par une séquence de baise où la poufiasse se fait sauter dans des chiottes troués par un individu en robe noire et masque blanc (Scream quoi). Puis d’un coup, comme ça, sans prévenir, il arrive un climax assez angoissant, avec une caméra bien maîtrisée et une succession de plans sympathiques mis en valeur par un montage astucieux. Un véritable scandale ! Heureusement, il reste la musique, qui est définitivement un néo-métal pourri.
Et John Eyres va continuer sur sa lancée en alternant les bonnes choses avec les pires clichés du film de serial killer pour ados, avec ses hallucinantes aberrations. La pire survient probablement lorsque les quelques survivants, déclarés comme en grand danger, sont placés dans une baraque isolée sans bénéficier de la surveillance de la Police, qui doit être sûrement occupée à mettre des prunes aux contrevenants en excès de vitesse dans les rues de Québec. D’ailleurs, en fait de police, on voit uniquement leur chef, un illuminé hirsute interprété par l’has been Jurgen Prochnöw, les autres étant seulement représentés par quelques voix off.
Prochnöw, le flic zarbi

La trame du film repose sur les trois personnages que sont le professeur, un ex-profiler traumatisé par un tueur qui lui fait subir sans doute les derniers outrages – c’est peut-être pour ça que Payne à l’air si constipé -, la blonde rebelle, une ex-victime traumatisée par l’abus de sirop d’érable, et ce flic zarbi, probablement traumatisé par un accident de poussette. Le principal mystère du film reposant, bien évidemment, sur l’identité du tueur, qui pourrait tout aussi bien être un de ces trois personnages que le vendeur de hot dog du stade municipal. Autant dire que l’on s’en fout.
En fait, ce qui fait sortir ce film de la catégorie du nanar, c’est quelques petits détails de prise de vue et de traitement lors des séquences de meurtres avec des petits détours du coté de l’onirisme – la séquence de la morgue - et un véritable sens du cadre. Comme je l’ai signalé plus haut, le gore est pratiquement totalement évité, hormis quelques effets sympathiques comme une décapitation et une amputation des pieds, la force venant plutôt d’un bon suspense, avec un chassé-croisé entre les différents intervenants et éventuels suspects. Voilà la recette pour détruire ce qui aurait fait un excellent nanar.
Brochette de victimes désignées

Surtout, qu’à part cela, c’est parfois n’importe quoi. Le parallèle forcé et vraiment pas évident avec Jack l’Eventreur, des errements amoureux qui rappelle les années collège, les attitudes illogiques de certains personnages devant le danger, une coucherie complètement incongrue entre le prof et la rebelle filmée de la manière la plus beauf possible, des interminables chamaillerie de gosses, auxquels on peut ajouter le cabotinage éhonté de Prochnöw, l’air lobotomisé de Payne, et une fin ouverte complètement incompréhensible.

La conclusion de

Ripper n’a pas voulu tomber dans le grand cercle amical et débonnaire du nanar jouissif, et a choisi de compenser sa pauvreté scénaristique par une réalisation ouvragée et parfois même recherchée. Tant pis. Reste qu’une fois la déception passée, on peut regarder ce film de manière assez intéressée, en se disant finalement que le Slasher movie, ce n'est peut-être pas si pourri que ça.

Que faut-il en retenir ?

  • Bonne réalisation
  • Quelques séquences sympathiques et originales

Que faut-il oublier ?

  • Scénario basique
  • Personnages stéréotypés
  • Direction d’acteur nulle
  • Fin brouillonne

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