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Critique du Film : The Descent

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 5 janvier 2006 à 09:12

Virée entre filles...

Une équipe de spéléologues composée essentiellement de membres féminins s’aventurent dans une grotte qu’ils croient encore inexplorée. S’ils découvrent rapidement, par quelques indices, que cela n’est pas le cas, ils sont plus inquiets de deviner des mouvements étranges dans l’obscurité, et de voir que leur retraite est coupée pour cause d’éboulement. Lorsque soudain, les crawlers apparaissent…
Deuxième film du britannique Neil Marshall après un sympathique Dog Soldiers qui racontait l’histoire d’un commando assiégé dans un maison forestière par des loups-garous, le cinéaste rempile avec une histoire somme toute assez semblable. Toujours amateur de film nature, il nous amène cette fois-ci, en place et lieu de la sombre forêt écossaise, dans les Appalaches, plus luxuriante et lumineuse. Pour ensuite nous faire descendre en charmante compagnie dans un trou plus qu’obscur.
Mais dans un premier temps, il s’attarde à nous présenter dans le pré-générique, et de manière appuyée, le personnage de Sarah - clef de voûte de l’œuvre. En effet, après nous avoir initié au plaisir du rafting, il nous fait le coup de la douche froide avec un sacré accident de la route, dans le pur style Destination Finale 2. Une drame qui met un terme de manière brutale et assez gore à la vie de son mari et de sa fille (celle-ci est cependant tuée hors cadre). Amenée dans un centre hospitalier, la jeune veuve se réveille désorientée et apeurée et alors qu’elle entreprend de retrouver ses proches, elle est submergée par une obscurité dévorante au milieu d’un couloir, véritable mise en image de sa première descente au cœur des méandres obscurs de la démence.
On retrouve ensuite Sarah un an plus tard. Elle a accepté de retrouver sa sœur et ses anciennes amies à l’occasion d’une excursion dans des grottes réputées facile d’accès. Marshall choisit ce moment pour nous présenter, de manière hélas plus que succincte, des personnages féminins quelques peu stéréotypés et assez ternes. La seule semblant ressortir de cette légère esquisse est la tonique et exubérante Juno, une des meilleures amies de Sarah, et probablement de son mari, pour le spectateur qui aurait remarqué les furtifs échanges de regard au début du métrage.
A partir de ce moment d’ailleurs, Marshall construit sa narration sur la base de cette dualité entre la blonde et la brune, la glace et le feu, la femme et l’amante. C’est Juno qui décide de se rendre dans une grotte inexplorée, sans en avertir le reste de la bande, et c’est Sarah qui, la première détectera des anomalies dans ces cavernes soit disantes désertes. Des cavernes, soit dit en passant, criantes de vérité, Marshall utilisant d’ailleurs un éclairage en grande partie naturel qui donne encore plus de réalisme. Un exercice de style difficile – il n’y a qu’à voir Relic pour réaliser combien un ratage sur le sujet est grave – parfaitement réussi qui démontre tout le talent de l’équipe technique. On n’y voit goutte mais juste assez pour intriguer le spectateur sans le décourager, et le climax est assez tendu, les rares moments de relâchement étant contrés par des plans ‘’surprises !’’ appuyés d’effets sonores dans le style slasher movie ; c’est vrai, c’est facile, mais dans tous les cas ça marche.
La première partie de l’exploration se veut comme un film à terreur psychologique qui alterne les moments d’angoisse, avec les mouvements furtifs de formes dans le noir, et des montées d’adrénaline liées à la dureté du milieu environnant remplie de crevasses, de galeries instables et plongée dans cette inconfortable obscurité qui nous fait perdre tout repère. C’est dans une de ces étroites galeries que Sarah va démontrer sa fragilité psychologique, un accident qui va progressivement lui faire perdre sa rationalité, et qui va transformer l’expédition en un survival sanglant. L’éboulement qui comble la galerie derrière les membres de l’expédition clôt également leur destin en les plongeant dans un cercueil au couvercle scellé. Un évènement qui va déclencher la zizanie au sein du groupe en faisant ressortir les vieilles rancoeurs, et donnant l’occasion au spectateur de s’apercevoir que l’amitié a probablement refusé de descendre dans ce trou à rats.
A la manière d’un clap de cinéma, la chute apparemment anodine de ce rocher va déclencher l’arrivée des crawlers, des créatures rampantes humanoïdes et aveugles qui ressemblent à une meute de gollum en furie. Surgissant de l’ombre, elles bondissent sur leur proie, pour la lacérer, la mordre, disparaître dans l’obscurité puis revenir, encore et encore, jusqu’à l’épuisement de leur victime qu’elle dévore ensuite. Pour illustrer ce changement de situation, le réalisateur accélère le rythme en effectuant un montage plus serré lors des scènes d’action, et même si cela perd en démonstratif, les effets gore sont suffisamment nombreux et surexposés pour que le résultat soit efficace. De plus, il met en application quelques bonnes idées, comme la vision d’une scène de cannibalisme à travers le viseur d’un petite caméra DV tenue par une des protagonistes, immobiles dans un coin de caverne et non détectée par les créatures aveugles.
Cette cécité soulève quand même quelques questions. En effet, les crawlers ne semblent pas vraiment doués de facultés aiguisés ou niveau de l’odorat et de l’audition, fait assez rare pour des créatures vivant dans un milieu souterrain. En compensation, elles ont un don de perception des mouvements, à la manière des chauves-souris, en utilisant des ultrasons. Je n’arrive pas alors à comprendre comment elles arrivent si facilement à retrouver leurs proies mortes sur le sol de la caverne, alors qu’elles s’approchent jusqu’à un centimètre - et elle marche même dessus – des héroïnes pétrifiés sans les repérer. Bon, c’est vrai, ce n’est qu’un détail mais cela aurait pu être évité.
Petit à petit, les crawlers, dont le nombre augmente sans cesse, vont commencer à submerger leurs adversaires qui n’ont plus qu’une seule solution pour essayer de s’en sortir vivant ; le retour à la sauvagerie. On assiste alors, à mon avis, au quart d’heure le plus faible du film, avec des effets filmés de manière un peu trop anarchiques et des attitudes de comédiennes frisant un peu trop la caricature. Bien sur, c’est gore et cela est bien réjouissant de constater que l’amour du latex et du sang synthétique n’a pas laissé définitivement la place au tout numérique, mais c’est tout. Il n’y a pas grand-chose qui en ressort sauf une impression de déjà vu.
Les crawlers vont finalement détruire tout l’environnement de Sarah et de Juno tout en les ‘’épargnant’’ pour en arriver au point crucial, le moment ou à travers l’échange de leur regard glacial, le spectateur voit s’écrouler tout ce qui, jusqu’à présent, avait empêché leur affrontement, notamment les barrières morales. Cependant, les chances sont inégales, car bien que l’ayant choisi elle-même, Juno s’est aventuré sur le terrain de Sarah et elle le payera de sa vie, dévorée elle aussi par les créatures démoniaques. Des monstres que l’on imagine, au regard d’une fin engageant à une seconde lecture, sortie tout droit de l’esprit dérangé de Sarah.
Car, contrairement à nombre de spectateurs, j’ai aimé cette fin ambiguë qui laisse sous-entendre, à qui en a envie, que les crawlers ne sont peut-être réels que dans les dédales psychotiques de cette jeune femme désespérée. Matérialisation de son esprit sinueux obscurci par la folie, les humides et inhospitalières galeries sont alors un territoire qu’il est dangereux d’explorer, hanté par une multitude de créatures qui dévore aveuglement tout ce qui a compté pour elle. Et donc Sarah elle-même en serait le bras armé.

77

The Descent n’apporte rien de neuf au genre, c’est vrai, et je dois avouer qu’il ne m’a pas effrayé du tout. Cependant, il est l’œuvre d’un véritable amoureux du cinéma horrifique qui connaît bien son métier et, de plus, il ne faut pas oublier qu’il ne s’agit que de son second long métrage. Loin des standards actuels, Marshall a essayé, et il a en grande partie réussi, de construire une véritable série B des années 80, avec ses séquences d’ambiance glauques, son climax stressant et ses effets gore saisissants. Une ambition, malgré quelques défauts mineurs, qui vaut toutes les éloges.

Critique de publiée le 5 janvier 2006.

Que faut-il en retenir ?

  • Réalisation efficace
  • Photographie impressionnante
  • Maquillages à l’ancienne
  • Bon climax

Que faut-il oublier ?

  • Personnages stéréotypés
  • Scénario très léger
  • Rien de vraiment original

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