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Critique du Recueil de nouvelles : Epées et Démons
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Critique du Recueil de nouvelles : Epées et Démons

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 23 novembre 2005 à 0911

Une véritable leçon d’alchimie

Dans Epées et Démons, l’écrivain Fritz Leiber nous présente les origines sociales et les fondements psychologiques de deux personnages, Fafhrd et le Souricier Gris, qui deviendront les principaux protagonistes d’un des plus célèbre cycle de la fantasy d’après guerre avec le Seigneur des Anneaux – J.RR. Tolkien – et le cycle d’Elric le Nécromancien – Michael Moorcock -, le fameux Cycle des Epées. Ce tome se compose en fait de trois livres bien distincts.
Le premier, Les Femmes des Neiges, conte l’émancipation du nordique Fafhrd, élevé dans un univers aux coutumes et climat rigide. Fils de chef, doué du don des scaldes - bardes nordiques – et curieux de tout, ce jeune homme considéré par ses pairs comme un original parvient alors à rompre avec l’autorité d’une mère et d’une fiancée possessives pour fuir vers la civilisation en compagnie de Vlana, une actrice de passage. Non sans manquer d’oublier d’assassiner le chef de son clan.
Le deuxième livre narre l’histoire dramatique de Souris, un apprenti magicien éduqué dans les contrées du Sud, sous la protection d’un sorcier de campagne et en compagnie de jolie Ivrian, fille du duc de la région. On y apprend que, haïssant la magie, le duc assassine le magicien et, par un douloureux stratagème, parvient à capturer Souris alors qu’il essayait de se venger en utilisant des maléfices. Le duc soumet ensuite le jeune apprenti à la torture, mais ce dernier, en faisant appel à la magie noire, parvient à tuer son persécuteur et à s’évader. Renommé le Souricier Gris, le jeune fugitif quitte la région en compagnie d’Ivrian.
Enfin, la dernière partie raconte les circonstances qui ont entraîné la rencontre des deux couples dans la cité de Lankhmar. Fafhrd et le Souricier Gris se lient presque immédiatement d’amitié et ils décident ensemble de s’attaquer à la toute puissante Guilde des Voleurs. Mais c’est compté sans la cruauté d’un redoutable sorcier à la solde des voleurs, qui par représailles, utilise sa magie pour massacrer horriblement leurs deux jolies compagnes. Ivres d’alcool et de rage, les deux hommes montreront leurs capacités en mettant hors d’état de nuire le diabolique jeteur de sort.
Fritz Lieber a construit ce premier ouvrage de manière à bien démontrer qu’au final Fafhrd et le Souricier Gris ne sont que les deux facettes d’une seule et unique personnalité. Les deux premières parties du livre sont étrangement similaires dans le fond et racontent le passage à l’age adulte, l’émancipation et l’envol amoureux de deux stéréotypes trop rigides pour être uniques, deux électrons libres arrachés à leur atome ethnique. Comme Ivrian et Vlana, le duc Jarnall et Mor la sorcière des Neiges, Fafhrd et Souris sont des entités complémentaires qui demeurent inachevées tant qu’elles ne sont pas réunies. Malheureusement pour eux, l’alchimie qui provoque la fusion de ces deux hommes ne se passe pas sans réaction chimique et destruction. En effet, la réussite de la ‘’création’’ – le grand ouvrage, pour rester dans le domaine alchimique - demande le sacrifice de deux éléments nécessaires qui serviront de combustibles ; le binôme Ivrian-Vlana. Une fois utilisées pour renforcer le lien qui va souder les deux éléments bruts, elle sont purement et simplement éliminées.
Cette ‘’extermination’’ brutale, très dramatique et emplie de souillure, résume à elle seule ce qui composera la substantifique moelle de ce cycle des Epées ; la Poésie Morbide. Avec sa prose raffinée et légère, Leiber offre un délicieux paradoxe entre son style d’écriture agréable et le contenu narratif, sombre et dramatiquement nihiliste. Cela créé dans le livre un climat d’élégance perverse où, au détour de chaque page, on s’attend à rencontrer le pire en espérant toujours le meilleur. Est-ce là que se trouve le secret du succès de l’auteur ? Peut-être bien …

La conclusion de

Toujours est-il que Epées et Démons est un ouvrage très agréable à lire, passionnant de bout en bout, avec une forte trame dramatique qui monte en puissance jusqu’à un final shakespearien. Sorte d’astucieux mixage entre le monde de Howard – pour les civilisations rencontrées – et celui de Moorcock – pour la noirceur sociale et l’ambiance pessimiste -, l’œuvre a néanmoins sa véritable identité et sa propre richesse. Des ingrédients nécessaires à la réussite d’un roman.

Que faut-il en retenir ?

  • Ecriture agréable et élégante
  • Trame dramatique bien maîtrisée
  • Ambiance sombre bien rendue
  • Construction des personnages très consciencieuse.

Que faut-il oublier ?

  • Réservé au fan d’Heroïc-fantasy
  • Absence de carte.

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