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PIFFF 2012 : jour 8

Publié il y a 4 ans par Jonathan C.

Survival indonésien et monument de mauvais goût

En cette huitième journée au PIFFF (la fin approche !), découverte du survival indonésien Modus Anomali et projection en 35mm du mythique Bad Taste de Peter Jackson.

Modus affiche

Au festival fantastique de Neuchâtel (NIFFF) de 2009, nous avions pu découvrir l'intéressant mais inabouti Forbidden Door de Joko Anwar (cette même année ce dernier était d'ailleurs membre du jury). Depuis nous n'avions plus eu de nouvelle du réalisateur jusqu'à ce soir avec Modus Anomali, qui inaugurait cette soirée du vendredi au PIFFF.

Sur le papier, on nous propose de découvrir un survival forestier tourné en 8 jours avec un concept se voulant original. Dans les faits, il y a en effet de cela, mais on a oublié de nous spécifier que derrière l'idée du concept le script avait dû être écrit en 4 heures.

Dès la première scène, il y a quelque chose qui cloche. Imaginez. Un homme se réveille alors qu'il vient tout juste d'être enterré vivant. Après avoir récupéré son souffle, il découvre qu'il a en sa possession un téléphone portable. Par chance, ce dernier fonctionne. En homme de raison, il se met à appeler la police pour demander les secours. Sauf que, lorsqu'arrive le moment où l'interlocuteur au bout de la ligne lui demande de donner son identité, notre victime réalise qu'il a perdu la mémoire. À ce stade sa réaction demeure plutôt unique en son genre, puisqu'il lâche le téléphone portable, pleure sur son sort et part sans jamais plus passer le moindre coup de fil alors même qu'il pense être traqué et que dans son parcours il croisera un autre téléphone (et un cadavre non loin). Durant tout le film, on assiste à une pléiade de séquences qui paraissent illogiques. Et si en effet une partie trouve réponse au bout d'une heure à travers « une grosse révélation », cela n'enlèvera en rien toutes les incohérences qui ont parsemé le long-métrage. Plus encore, « la révélation» ne peut faire oublier que durant tout ce temps la tension tournait à vide et que l'on s'ennuyait à plein régime jusqu'ici. Une fois le "twist" révélé , les 25 minutes restantes serviront à expliquer celui-ci sur toute la longueur jusqu'au moment ou, de nouveau, notre personnage se trouve sous la terre, au cas où le spectateur aurait besoin de tous les détails (ce qui, en fait, soulignera encore plus les erreurs).

Modus Anomali

Pour ne pas se montrer totalement méchant vis-à-vis de ce Modus Anomali, on saluera tout de même la prouesse du tournage rapide qui ne se ressent presque jamais en terme de résultat visuel à l'écran. Puis, quand Fausto Fasulo annonce lors de sa présentation qu'on y retrouve par moments le Sam Raimi de ses débuts, au constat il y a  ipso facto du vrai. Du moins en ce qui concerne quelques mouvements de caméra, car pour ce qui est du rythme c'est bien entendu une toute autre histoire. On saluera aussi une scène particulièrement "choc" qui n’est certes pas d'une grande violence graphique mais qui mènera à son petit effet malsain. Mais quelques idées visuelles ou quelques passages intéressants ne font pas un film dans son ensemble, et sur la balance le mauvais est ici largement prédominant. Il est très clair que de notre côté, on aura très vite oublié cette séance. Richard B.

Bad Taste affiche

Retour sur le premier film de Peter Jackson, qui n'est pas culte pour rien. C’est à l'évidence un film fauché (donc pour la beauté de la « forme », on repassera) mais il y a quand même du beau à l'écran, et surtout beaucoup d'inventivité. Pas aussi gore que ça mais truffée de détails crades et d'effets spéciaux trash et sacrément bien ficelés, cette histoire absurde d'invasion extraterrestre (Peter Jackson est un type ambitieux, ça se sent) est surtout prétexte à un gros délire branque dans lequel Jackson manie le mauvais goût avec générosité (que c'est moche, mais que c’est bon !) et les idées folles avec une certaine virtuosité. Jackson est assurément un petit génie des effets spéciaux et sa caméra énervée exploite au mieux ses idées bien dégueulasses et loufoques (même si quelques effets sont devenus voyants). Bad Taste est un pur film de bricoleurs géniaux, le réalisateur explosant en quelques sortes les limites de l'amateurisme dans ce genre (un tournage mythique qui s’étend sur quatre ans !), après Sam Raimi et son Evil Dead. Il y a assurément un avant et un après Bad Taste.

Mais plus qu’un film gore ou qu’un film de SF, Bad Taste est un vrai film d’action estampillé années 80 ! Car après un début amusant mais un peu long, les héros, vêtus et armés comme un commando sorti d'une production Menahem Golan, décident d'infiltrer la villa ou se cachent les aliens. Ils y récupèrent un otage, se font repérer, puis c’est parti pour des gunfights en pagaille entre le commando et les aliens (qui sont eux aussi massivement armés, va savoir d'où sortent les armes). Rien que la situation (de nombreux aliens surarmés contre un petit commando amateur dans une villa) est aussi insensée que fun. Avec ses cascades, ses aliens qui lancent des « fuck » et des « shit », ses quelques bastons mano-à-mano, ses gentils (abrutis) qui deviennent de vrais gros bras (entre celui qui va tout exploser au bazooka en marcel et l'autre avec son cigare et sa tronche de playboy), ses fusillades non stop (dans le jardin, en voiture, dans les couloirs de la maison…), cet otage à protéger, cette séquence d'infiltration (le héros qui doit se faire passer pour un alien), son gros stock d’armes (à feu ou blanches), ses innombrables victimes qui s’écroulent sous les balles (mais uniquement du coté des aliens, en fait il n’y a aucun mort parmi les humains), ses gerbes de sang qui giclent sous l'impact des balles, sa musique eighties et ce plaisir coupable de destruction (avec le bazooka), Bad Taste a vraiment des allures de série B (voir Z) d'action (en particulier du film de guerre / espionnage), la bande-annonce va d'ailleurs dans ce sens. On a même le droit à des aliens snipers planqués et au chef des aliens aux allures de général. Avec sa dose d'humour noir et décalé, Bad Taste prend la forme d'un pastiche gore des films d’action de l'époque, les traditionnels ennemis étant ici remplacés par des aliens. C’est en cela aussi que Bad Taste a beaucoup de charme, et heureusement parce qu'en dehors de l'action c'est assez ennuyeux.

 

Bad Taste

 

Bien sûr, Bad Taste n’est absolument pas sérieux, c’est un spectacle rigolard et idiot qui n'a rien de malsain (on est pas chez Joe D'Amato et son horreur vomitive premier degré), une « comédie gore d'action », pour être plus précis. Peter Jackson reconnait que « Bad Taste s'apparente plus aux délires des Monty Python qu'à un film d'horreur dans la tradition d'Evil Dead ». Bad Taste est un vrai film comique, dialogues compris (« Fais gaffe, je viens juste de nettoyer », et toutes les répliques du chef des aliens sont hilarantes…). Certains passages et détails sont très drôles (la célèbre explosion du mouton !), même si ça ne fait pas toujours mouche (le mec qui perd son cerveau, ça devient lourd). La célèbre scène ou l'un des héros doit se faire passer pour un alien (en buvant du vomi !!) peut rappeler de nos jours Shaun of the Dead, lorsque les personnages doivent s'intégrer parmi les zombies.

Et puis ce qui est remarquable dans Bad Taste, c'est que Peter Jackson (qui joue plusieurs rôles dans le film, il se bat même parfois contre lui-même) s'en tient à ses ambitions du début à la fin. S'il veut faire décoller une maison, il le fera. S'il veut exploser une voiture, il trouvera le moyen de le faire. Ses extraterrestres ont un vrai look (du moins une fois transformés), ça mitraille dans tous les sens, les effets gore s'enchaînent à une allure croissante (jusqu'au final ou Derek traverse littéralement le chef des aliens)...L’acharnement et l’énergie du cinéaste sont payants, puisque le résultat à l'écran est parfois impressionnant pour une si petite production (le quart d’heure de fin, surtout) mais surtout très ludique. Autant dire que Bad Taste porte bien son titre ! Jackson se justifie : « Avec si peu de moyens, il était plus prudent d'éviter de décevoir le public en lui livrant un film censé l'effrayer, plutôt qu'un film incapable d'être à la hauteur de ses ambitions : autant opter pour le mauvais goût ! » Bad Taste est un divertissement généreux et un peu foutraque (on sent bien qu'il n’y avait pas de scénario et que tout a été réalisé « sur le tas »), un joyeux délire crade concocté avec passion et dont le défaut (hormis quelques défaillances de rythme, ce qui doit être du à l'espacement entre les différentes périodes de tournage) est surtout d'être surpassé à tous les niveaux par le fabuleux BrainDead…Mais culte quand même ! Jonathan C.

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