PIFFF 2012 : jour 7

Publié il y a 3 ans par Richard B.

Apocalypse et making-of

Au programme de cette septième journée au PIFFF : film à sketch coréen autour de la fin du monde et documentaire/making-of sur le tournage de The Secret.

Doomsday Book

Film à sketch coréen sur le thème de l'apocalypse moderne, Doomsday Book s'est fait attendre : commencé en 2005, cet projet de SF ambitieux (tant dans la forme que dans le fond) a eu beaucoup de mal à être financé et a subit plusieurs contretemps, restant ainsi en stand-by pendant plusieurs années. A la base, il devait y avoir trois réalisateurs, mais l'un d'eux a quitté le projet et YIM Pil-sung s'est retrouvé à réaliser deux des trois segments. Enfin terminé, Doomsday Book parcourt cette année les festivals avec succès. Le résultat, formellement très joli, n'est pas inintéressant mais loin d'être à la hauteur des espérances.

Yim Pil-sung (Hansel et Gretel, Antarctic Journal) réalise le premier segment ainsi que le troisième. Avec A Cool New World, il suit la propagation d'un virus qui transforme les gens en zombies, ou comment un petit rien (un plat avarié jeté dans une poubelle de déchets à recycler) mène à un climat de fin du monde. Entre comédie romantique et film de zombies gonzo, A Cool New World résonne plus comme un gag, le réalisateur partant un peu dans tous les sens (une symbolique lourde, une étude de mœurs, une satire sociale et environnementale, un message poussif surligné par la citation finale...) mais témoignant d'un vrai bon goût dans le mauvais goût (cf. ces plans soignés sur les déchets nutritifs dégueulasses à couper la faim, ou ce gros plan du baiser langoureux pour souligner avec cynisme la contamination). A Cool New World ne manque pas de mordant mais ne mène nulle part.

Happy Birthday commence alors que la fin du monde est programmée pour dans quelques jours, parce qu'une boule de billard géante s'apprête à entrer en collision avec la Terre. Yim Pil-sung va nous expliquer pourquoi et comment (un Trou noir ? Des extraterrestres ? Un souhait ?). Happy Birthday tape dans l'absurde, l'abscons et l'ironie mais n'est pas dénué d'une certaine poésie dans ses moments oniriques, notamment dans son très beau final. Les relations entre les quatre protagonistes font illusion malgré la courte durée du film, et on peut donc s'y attacher, d'autant plus que l'empathie fonctionne. Les deux segments de Yim Pil-sung sont clairement plus humoristiques (les scènes du JT sont hilarantes) que celui de Kim Jee Woon, et Happy Birthday est d'assez loin le plus subtile des trois, le plus réussi aussi, mêlant légèreté et dimension intimiste dans une ambiance de fin du monde cocasse. Mention spéciale à la prod design, superbe (l'intérieur du bunker, l'alien, les plans sur la ville dévastée, la lumière...).

La déception vient de Heavenly Creature, le segment du pourtant très doué et tendance Kim Jee Woon (J'ai rencontré le Diable, Le Bon la brute et le cinglé, A Bettersweet Life, Deux Sœurs et The Last Stand), qui questionne le rapport entre robots et religion (un robot trop intelligent au point d'être capable de prier ne devient-il pas dangereux pour l'Homme ?) au sein d'un monastère bouddhiste. Étonnement de la part d'un cinéaste qui fait d'habitude du cinéma plus "cool" et d'exploitation, ce segment théologique new age est le plus sérieux et le plus grave, en plus d'être hors sujet et de détonner complètement entre les deux volets de Yim Pil-sung (il n'y a plus aucune cohérence). Tout le débat qu'il aurait pu amener est contenu/récité dans un bavardage poussif qui rend le film très démonstratif malgré une belle fin et une esthétique soignée. Le robot est superbe (la photo aussi), même s'il évoque fortement le Sonny de I, Robot (les deux films partagent d'ailleurs les mêmes enjeux) et qu'il nous sort une leçon de bonne morale pas très futée. Jonathan C.

Doomsday Book Heavenly Creature

En 3 semaines, The Secret de Pascal Laugier avait réussi à faire 442 189 entrées en France (totalisant au final près de 550 000 entrées). Quasiment un exploit pour un film de genre ! Alors que le film s'apprête désormais à continuer sa carrière en DVD et Blu-ray chez M6 Vidéo le 9 janvier 2013, nous avons pu découvrir en deuxième partie de soirée In the Shadow of The Tall Man, le documentaire de Louis Thévenon (qui était présent à la projection pour répondre aux questions des spectateurs) qui officiera comme making-of sur ces 2 supports.

Durant un peu plus de 60 minutes,  Louis Thévenon suit avec sa caméra Pascal Laugier sur le tournage de The Secret, en orientant avec un soin très particulier son making-of sur la collaboration du réalisateur avec ses acteurs. L'aspect technique du tournage passera ainsi en second plan, cela même si le film se déroule perpétuellement sur le plateau et qu'on peut y voir quelques séquences plus orientées "cascade" comme lorsque la camionnette se retourne. La caméra de Thévenon s'attarde avec beaucoup de plaisir sur les phases de répétition, surtout celles avec Jessica Biel où l'on découvre une véritable complicité entre l'actrice et son réalisateur (on sent que Biel est bien décidée à donner le maximum). Le making-of n'est pas pour autant langue de bois, ainsi on assistera à une scène dans laquelle Laugier balancera le script au sol, et lancera à l'acteur Stephen McHattie que "s'il se refuse à écouter ses indications, il n'a qu'à réaliser le film lui-même", après quoi le réalisateur claquera la porte. Le documentaire mettra aussi bien en avant les problèmes de temps et d'argent, tout en démontrant à travers une séquence entre Jessica Biel et Teach Grant que la précipitation a parfois du bon. Ainsi, une scène assez brutale qui devait être à la base découpée en plusieurs plans se trouve faite en un seul cadre avec la caméra qui se contente de suivre le jeu des acteurs et de tourner autour d'eux. Le résultat est en tout point remarquable et figure parmi les meilleurs moments du film.

The Secret making-of

Pour autant, Louis Thévenon ne se focalise pas spécialement sur les accrochages ; la direction de son reportage vise l'aspect communautaire d'un tournage et on peut aussi voir quelques très beaux moments, comme lorsqu'un des acteurs de la séquence du bar improvise avec goût et conviction une chanson autour du titre du film et la "scène 23". Passionnant, fluide, riche en information pour ce qui est de la direction et la gestion d'acteurs (en général un aspect souvent sous-traité dans les making-of), In the Shadow of The Tall Man devrait enthousiasmer en toute logique les cinéphiles.

Par la suite nous avons pu découvrir une scène coupée se déroulant dans une grange entre le "Tall Man" et Jessica Biel et sur le pourquoi celle-ci n'est pas présente dans le film (élément qui figurera aussi sur les éditions de M6 vidéo), mais aussi deux éléments inédits et exclusifs au PIFFF avec l'éjection de l'acteur initial qui devait jouer le "fils" de Jessica Biel (ainsi remplacé en cours de tournage par un autre garçon lui ressemblant) et un court-métrage "humoristique " sur la dure vie d'un réalisateur de making-of sur un tournage. Richard B.

Lire notre critique de The Secret

 

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Louis Thévenon
Le réalisateur Louis Thévenon


Diaporama d'images : Tall Man : The secret [2012]

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