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Critique du film d'animation : Abominable [2019], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le samedi 26 octobre 2019 à 00h00

Yéti sans famille

L'abominable homme des neiges, le Yéti pour les intimes, a toujours été une des légendes les plus appréciées au sein de la culture populaire. Suffisamment pour que le cinéma d'animation décide d'en faire la star d'un projet avec Abominable justement.

C'est une lapalissade de dire que les films d'animation sont des projet au long-cours mais Abominable est dans les cartons de DreamWorks depuis près de dix ans. Il s'agit au départ d'un projet amené par la réalisatrice et scénarise Jill Culton qui avait rejoint la société en 2010 pour développer cette idée de rencontre entre un yéti et une jeune fille. La femme est par ailleurs une pionnière dans l'industrie des films en image de synthèse puisqu'elle a travaillé chez Pixar en tant qu'animatrice sur le premier Toy Story avant de poursuivre sur d'autres projets dont le scénario à l'origine de Monstres & Cie. Une carrière poursuive chez le département animation de Sony où on lui confia la réalisation des Rebelles de la Forêt, un assez beau succès public en 2006. La production d'Abominable fut néanmoins plus compliquée pour un projet débuté en 2010 et dont Culton fut débarquée en 2016 avant d'être réintégrée plus tard avec Todd Wilderman en tant que coréalisateur. Distribué par Universal, le film est une coproduction américano-chinoise entre les équipes DreamWorks et Pearl Studios (anciennement appelé Oriental DreamWorks). Ce dernier a pour but de proposer des projets cinématographiques devant promouvoir la culture chinoise et ayant déjà été co-responsable de Kung Fu Panda 3.

Le début d'Abominable se déroule ainsi à Shanghai où l'on suit l'adolescente Yi devenue assez renfermée auprès de sa famille (sa mère et sa grand-mère) comme de ses amis (ses voisins Peng et Jin) suite au décès de son père. Elle enchaîne par ailleurs les petits boulots afin de se payer le voyage qu'elle et son père avaient rêvé tout en continuant de jouer sur son violon, l'objet la rattachant le plus à celui qu'elle a perdu. Cette routine un peu triste est interrompue quant elle rencontre un véritable Yéti blessé sur son toit. Réussissant à apprivoiser la bête, Yi comprend que ce dernier est pourchassé par d'étranges équipes de sécurité mener par un milliardaire excentrique et une zoologiste déterminée. Elle comprend aussi que la créature souhaite rentrer chez elle au sommet de l'Everest (nom qu'elle va d'ailleurs lui donner). Décidant de l'aider, Yi se retrouve plongée dans une aventure qui va rapidement la dépasser d'autant plus que Peng et Jin s’investissent à ses côtés non sans tension de la part du second, plus terre-à-terre. Le voyage va aussi être l'occasion pour les jeunes héros de se rendre compte que le Yéti dispose de pouvoirs lui permettant d'avoir un contrôle sur la nature...

Une des plus grandes réussites artistiques des studios DreamWorks Animation ces dernières années est sans conteste la trilogie Dragons. On en sent l'influence, surtout le premier opus, sur Abominable dans cette idée qu'un personnage principal en décalage avec son environnement va devoir apprivoiser et s'accomplir aux côtés d'une créature qu'il ne devrait pas approcher. On peut aussi évidemment voir l'influence du E.T. de Steven Spielberg notamment dans cette rupture entre un groupe d'enfants protecteurs d'une créature naïve face à des adultes exploiteurs... Néanmoins, le film se détache facilement de ces encombrants aînés en proposant une fuite en avant pour les héros et un voyage bien rythmé riche en péripéties. Alors certes, le scénario n'est pas exempt de défaut à commencer par une structure classique, des personnages acceptant un peu trop facilement l’existence du Yéti des revirements de caractère chez les antagonistes très mal amenés. Malgré ces maladresses scénaristiques, le film reste plaisant à suivre tout en abordant des thématiques intéressantes. Comme souvent, cette grande aventure sur des centaines de kilomètres reste un voyage intérieur pour les héros à commencer par Yi qui va devoir côtoyer l'extraordinaire pour pour se reconnecter à l'ordinaire et enfin sortir de son deuil. Le thème classique de savoir laisser partir les défunts pour ne plus oublier ceux qui sont toujours là est ici assez bien traité. Le film aborde aussi lun message écologique tout comme l'importance de la famille et la superficialité des réseaux sociaux. Encore une fois, du très classique mais vraiment bien amené donnant des scènes assez émouvantes.

On avait l'habitude avec DreamWorks Animation, mais on est encore une fois émerveillé par un film sublime. Non pas que la direction artistique toute en rondeurs soit complètement originale mais le film a quand même le mérite d'être techniquement très au point. On est encore une fois dans le haut du pavé en ce qui concerne l'animation en images de synthèse. Pour ce qui est de la direction artistique, l'approche du Yéti mélangeant créature simiesque et chien (tant dans l'apparence que dans le comportement) fonctionne vraiment bien et on s'attache vite à cette boule de poils magnifiquement animée. Si le film nous en met parfois vraiment plein les yeux c'est d'abord parce qu'ils s’évertue à nous montrer de magnifiques panoramas de la Chine. Certes cela fait un peu cartes postales (pour ne pas dire film financé par l'office du tourisme chinois) mais voir l'Himalaya, le fleuve Yang-Tsé, le désert de Gobi ou une statue gigantesque en pleine montagne offre un dépaysement rafraîchissant. On apprécie aussi encore plus les manifestations surnaturelles du Yéti qui nous font sortir de cette approche artistique classique pour nous offrir des séquences hallucinantes de beautés où les couleurs chaudes éclatent et les trouvailles artistiques pullulent. Assurément les moments les plus forts du film. On reste peut-être plus sur notre faim en ce qui concerne la musique sauf les numéros de violon de Yi souvent sublimes.

Le violon permet aussi de démontrer les talents de cinéaste de Jill Culton même s'il y a beaucoup de choses à redire sur sa mise en scène. Elle s'avère finalement très académique et fonctionnelle la plupart du temps même si les plans sont toujours bien travaillés. Le film utilise parfois beaucoup trop les dialogues de manière assez maladroite pour formaliser les sentiments des personnages en manquant cruellement de subtilité. Le film se rattrape lors des moments mettant en scène le violon où par la mise en scène, l'utilisation des couleurs et la musique, on comprend de manière limpide et sublime les déchirements de Yi, la promesse pour Everest de retrouver sa famille et le fait pour Peng et Jin de retrouver leur véritable amie. Les sublimes moments mettant en scène les pouvoirs du Yéti sont aussi magnifiés comme il se doit. Dommage donc que tout le film n'est pas bénéficié de cette ingéniosité. En ce qui concerne l'humour, il est assez efficace jouant beaucoup sur le comportement du Yéti et sur le caractère enfantin de Peng. On a le droit à une bonne panoplie de comique de situation, un peu de gags très cartoon comme des volontés de faire rire petits et grands. Pour ce qui est du doublage français, il est de grande qualité et prouve une nouvelle fois qu'on peut faire appel tranquillement à des comédiens spécialisés dans cette pratique pour les premiers rôles sans que cela ne nuise au film.

La conclusion de à propos du Film d'animation : Abominable [2019]

Bastien L.
78

Abominable est une bonne surprise car le film offre un divertissement familial aussi rythmée que dépaysant. Si son scénario souffre de nombreuses faiblesses, le film offre une bonne humeur communicative et aborde des thèmes sérieux de manière assez intelligente. Sans oublier de sublimes moments où transparaît à l'image toute la poésie visuelle que le cinéma d'animation est capable de nous offrir.

On a aimé

  • Visuellement sublime
  • Un divertissement familial de haute-tenue
  • Le Yéti, personnage attachant et génial

On a moins bien aimé

  • Un scénario pas toujours au point
  • Une direction artistique trop classique
  • Une mise en scène souvent trop sage

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