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Critique du jeu vidéo : Oddworld : L'Odyssée de Munch #3 [2002], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le vendredi 25 octobre 2019 à 09h00

Monster Munch

Test du portage HD, version PS3

La mode des portages HD peut être vue de manière cynique et réaliste comme un moyen pour les éditeurs de proposer d'anciens titres un peu liftés à peu de frais. Mais cette mode est aussi une aubaine pour beaucoup leur permettant de découvrir des titres alors inaccessibles comme cette si particulière Odyssée de Munch.

Avant Munch, il y avait Abe qui était devenu un personnage reconnu (surtout du côté de la critique) du jeu vidéo de la seconde moitié des années 1990 après les excellents L'Odyssée d'Abe et L'Exode d'Abe. Deux titres mêlant plates-formes et réflexion en 2D dans un univers étrange assez sombre où règne un humour noir efficace et une critique féroce du capitalisme. Ces titres sont l'œuvre du studio californien Oddworld Inhabitants créé par Lorne Lanning et totalement dévoué à cette licence dont ils voulurent proposer la véritable suite (L'Exode d'Abe n'étant qu'un bonus) avec un nouveau personnage pour la future PS2. Des tractations en coulisses firent que le projet devint une exclusivité pour le lancement de la Xbox de Microsoft devenant ainsi éditeur du jeu. L'objectif étant double : faire passer la série sur une nouvelle génération dans des environnements 3D tout en gardant son esprit et sa force mais aussi rendre le jeu un peu plus accessible que ses prédécesseurs. Un pari vraiment réussi pour ce titre sorti fin 2001 (printemps 2002 chez nous) et qui connut aussi un portage sur Game Boy Advance. Plus de dix ans après, Oddworld Inhabitants récupéra les droits de la licence et s'associa aux Anglais de Just Add Water pour réaliser un portage HD du titre débarquant en 2012 sur PS3 et deux ans plus tard sur Vita.

Ce nouvel épisode met en scène Munch, le dernier survivant de la race amphibienne des Gabbits qui a été capturé par les vils Vykkers. Ces derniers lui implantent un sonar dans la tête qui va néanmoins lui permettre de s'évader aidé par une race de boules de poils, les Fuzzles, eux aussi captifs. De son côté, Abe le Mudokon mène une vie paisible après ses aventures mais la capture de Munch va le pousser à reprendre du service pour aider son nouvel allié à faire revivre sa race puisqu'une boîte d’œufs de Gabbits vient d'être découverte. Malheureusement elle est aux mains des Vykkers alliés des Glukkons et des Sligs, ennemis des premiers opus. Ces trois races entendent bien étendre leur domination sur le monde et implanter leurs usines en exploitant sans vergogne les ressources et les peuples se trouvant sur leur chemin. Abe et Munch devront ainsi stopper leur progression et infiltrer leurs usines afin de sauver les Mudukons et Fuzzles prisonniers pour faire revivre les Gabbits.

Il est toujours difficile de décrire précisément le monde d'Oddworld car comme sa traduction l'indique, il s'agit d'un véritable monde étrange, imaginaire, peuplé de drôles de créatures. Cet épisode accentue une nouvelle fois la distinction entre des races prédatrices et industrielles face à des races plus traditionnelles, pacifiques et asservies dont font partie les deux héros du jeu. Lorne Lanning (réalisateur, scénariste, concepteur et même doubleur des héros...) poursuit son œuvre avec ce scénario toujours aussi tordant et grinçant en forme de critique du capitalisme sauvage. A noter que ce portage HD est malheureusement intégralement en anglais et qu'il faut un niveau solide pour bien tout comprendre des dialogues et des magnifiques cinématiques. Si vous y arrivez, vous suivrez avec plaisir l'histoire de ces deux héros malgré eux dépassés par des aventures improbables à la rescousse de leurs congénères. Deux héros finalement touchants et fragiles face à des adversaires aussi grotesques que gratuitement méchants. L'humour assez corrosif fonctionne très bien avec des alliés parfois assez pleutres et critiques ainsi que la possibilité d'être aussi égoïste et insensible que les ennemis (plusieurs fins existent selon votre volonté de libérer les Mudokons et les Fuzzles). L'humour se veut aussi très cartoon et parfois légèrement vulgaire tout en étant le véritable moteur d'un récit qui reste assez basique mais efficace.

La vraie force de la série Oddworld c'est évidemment sa direction artistique à nul pareil. Un monde bizarre s'offre à nous avec un character design assez barré où des créatures aux allures d'erreurs de la nature peuplent des environnements 3D du plus bel effet, pour l'époque. On peut certes regretter un manque de variété en ce qui concerne les décors qui alternent les espaces naturels aux tons marrons/vers et les usines assez sombres, mais l'ensemble reste toujours cohérent. Techniquement, le jeu accuse quand même son âge (environnements assez vides) malgré un lifting de bonne qualité. On apprécie plus cette découverte grâce à des niveaux bien construits et une intelligence artificielle assez efficace. Bref, Oddworld a réussi avec succès son passage de la 2D à la 3D afin de nous offrir un titre où l'originalité prime avec l'étrange. On enchaîne ainsi les niveaux avec grand plaisir afin d'explorer cet univers riche qui s'offre à nous faisant que cette licence a quand même quelque chose de plus : elle est vraiment à part...

Le jeu est un titre de plates-formes/réflexion où l'on peut maintenant contrôler deux personnages : Abe et Munch. Si au début de l'aventure, les deux héros sont séparés, ils se retrouvent vite pour parcourir l'aventure ensemble donnant la possibilité au joueur d'alterner entre les deux. Ils ont chacun des capacités différentes comme Abe étant plus rapide et pouvant véritablement sauter tandis que Munch peut nager et se servir de son sonar comme d'une arme. Chacun peut aussi interagir avec la race qu'il doit sauver. Les Mudukons pour Abe, les Fuzzles pour Munch. Chacun des 25 niveaux vous demande de progresser jusqu'à sa sortie en évitant les ennemis et en libérant les êtres prisonniers si vous le souhaitez. Il faut donc comprendre ce que l'on attend de nous et utiliser les bons personnages au bon moment. Il faut aussi savoir que nos héros peuvent communiquer avec les Mudokons et les Fuzzles qui seront d'une aide précieuse puisqu'ils peuvent nous débarrasser des ennemis ou se concerter pour ouvrir des portes. C'est là que le système de communication/ordres Gamespeak refait son apparition permettant de demander, individuellement ou en groupe, à nos alliés de nous suivre, de se battre, d'attendre ou de débloquer le passage. Cela fonctionne toujours aussi bien et occasionne de nombreux sourires vu les dialogues qui servent ces interactions. Pour progresser on peut encore compter sur la possession des ennemis d'Abe tout comme la possibilité pour Munch de prendre le contrôle des différentes machines.

L'ensemble fonctionne parfaitement car la progression s'avère vraiment fluide. La partie réflexion est toujours très logique et on sait parfaitement ce qu'on attend de nous à chaque fois après quelques observations et expérimentations. Le level-design est ainsi une grande réussite montrant qu'il est inutile de parler anglais pour progresser. Les fans restent ainsi en terrain connu même si les phases de plates-formes 3D sont quand même assez sensibles par moments. Il n'est pas rare de tomber tant on a du mal à s'adapter aux trajectoires de saut d'Abe. Mais tout le reste du jeu est bien pensé et fonctionne très bien comme l'IA des alliés. Le jeu offre des nouveautés extrêmement appréciables comme la collecte de plantes servant à Abe pour ramener des alliés à la vie mais aussi les transformer en guerriers. On trouve aussi des distributeurs permettant aux héros d'avoir des capacités spéciales sur une durée limitée comme sauter plus haut ou se déplacer plus vite... Tous les niveaux nous enchantent avec cette coopération, la volonté de sauver le plus de monde possible tout en éliminant violemment les espèces ennemies. On peut néanmoins regretter une certaine répétitivité sur la fin, un rythme parfois lent et l'absence de véritable difficulté pourra en frustrer certains. Cela s'explique par la souplesse dans le système de sauvegarde et l'absence de game over. Le titre offre ainsi plus de dix heures pour une aventure qui sera plus ou moins longue selon votre envie de libérer vos congénères. C'est très solide pour une offre de moins de dix euros.

La conclusion de à propos du Jeu Vidéo : Oddworld : L'Odyssée de Munch #3 [2002]

Bastien L.
80

Cette Odyssée de Munch est un véritable plaisir pour les joueurs en recherche d'originalité n'ayant pas peur de regarder dans le retro. Ils auront ainsi accès à une œuvre originale, drôle, prenante et intelligente dont le portage HD est de qualité.

On a aimé

  • Un univers d'une originalité folle dans son lore comme dans sa direction artistique
  • Deux héros attachants et intéressants à jouer
  • Un très bon mélange de plates-formes/réflexion

On a moins bien aimé

  • Intégralement en Anglais
  • Légèrement répétitif
  • Peut-être trop facile pour certains

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