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Critique du jeu vidéo : Lone Survivor [2012], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le dimanche 25 août 2019 à 09h00

La survie du plus seul

Testé sur PS3.

Le survival horror était un genre phare de nos consoles entre la seconde moitié des années 1990 et le début des années 2000 avant de se fondre dans le genre action avec des séries (Resident Evil, Silent Hill, Dead Space...) n'étant plus que l'ombre d'elles-mêmes au début des années 2010. Et comme souvent, il fallait chercher une vitalité dans la scène indépendante...

Alors que de nombreux titres indépendants redonnaient au suvival horror ses lettres de noblesse en usant notamment de l'immersive vue à la première personne (la série Amnesia en tête), Lone Survivor fit parler de lui en 2012 avec un contre-pied parfait : un jeu en 2D tout en pixel-art. Une œuvre étrange réalisée par quasiment un seul homme sous l'égide du studio Superflat Games : le Britannique Jasper Byrne, un fan motivé de Silent Hill et de gros pixels ayant même créé un remake (ici appelé demake) de Silent Hill 2, Soundless Mountain, qui proposait une relecture du titre culte de la PS2 avec un moteur de jeu plus proche de la Nes... Byrne décida ensuite de se lancer dans une véritable œuvre originale qu'il réalisa dans tous les sens du terme (écriture, production, programmation, réalisation, composition...)  et qui fit son petit effet à sa sortie sur PC au printemps 2012. Le développeur ne lacha pas l'affaire pour autant et réalisa une version améliorée de son titre, intitulée « Director's Cut ». Le studio britannique Curve Digital se chargea ensuite du portage sur PS3 et Vita en 2013, puis sur PS4 et WiiU l'année suivante. Une version entièrement traduite, ce qui est vraiment appréciable.

L'histoire de Lone Survivor est vraiment cryptique. On incarne bien un survivant isolé dans un univers post-apocalyptique où l'on ne sait pas grand chose, si ce n'est qu'on va devoir tenter de fuir notre ville pour survivre. Le personnage que l'on incarne n'a pas de nom, ne sait pas ce qu'il fait dans cet appartement qui lui sert de camp de base quand il prépare ses expéditions et il ne sait pas non plus ce qu'il est arrivé au monde ni d'où sortent ces créatures difformes, aveugles et violentes qui errent un peu partout... Notre héros anonyme va d'abord devoir se frayer un chemin dans son immeuble pour en trouver la sortie. Il va devoir trouver de quoi survivre tant physiquement (se défendre et se nourrir) que psychologiquement (n'importe quoi pour qu'il ne perde pas la tête...) afin de progresser le plus loin possible. Dans son parcours, il va rencontrer beaucoup de monstres mais aussi quelques survivants comme lui qui seront l'occasion de le pousser de plus en plus dans sa folie. Notre personnage commence franchement à avoir du mal à distinguer le vrai du faux...

Si Silent Hill est une inspiration plus qu'évidente de Lone Survivor, on ne peut s'empêcher de penser à David Lynch quand on suit l'histoire de ce héros anonyme où tout semble surtout symbolique offrant au joueur de démêler le vrai du faux. Une volonté risquée tant le jeu n'explique pas grand chose laissant chacun avoir sa propre interprétation de l'histoire. Cela peut frustrer par moments tout en restant néanmoins cohérent de bout en bout... L'univers de Lone Survivor n'aura ainsi pas le même impact sur vous selon si vous aimez vraiment vous perdre dans une œuvre et tenter d'avoir seulement quelques clefs pour comprendre. Si vous préférez les histoires balisées avec une vraie trame, alors vous aurez peut-être du mal à rentrer dans le jeu. Le titre s'intéresse bien plus à la folie d'un homme qu'à la présentation d'un monde post-apocalyptique même s'il en reprend certains codes. On pourra penser ce qu'on veut de l'histoire globale du titre, on ne peut en revanche pas nier qu'on s'attache rapidement à notre héros semblant vraiment perdre pied et souffrir dans un monde hostile tout en gardant un certain cynisme qu'il nous communique souvent à travers les bulles, seuls dialogues du jeu. Le titre ose souvent des petites cinématiques assez bien mises en scène renforçant l'ambiance particulière du jeu. Lone Survivor a ainsi une approche de la narration vidéoludique assez intéressante, que l'on retrouve souvent dans la scène indé. Pour ma part, cela m'a pas complètement convaincu...

Le choix du pixel art est aussi surprenant qu'original pour un survival horror mais cela colle bien à la 2D. Le jeu est magnifique à ce niveau avec des environnements sombres bien travaillés. Le pixel art sert idéalement le propos d'un héros qui voit son esprit se brouiller donc on ne distingue pas toujours tout. La direction artistique est assez incroyable car le pixel art n'est pas un cache misère mais une belle démarche artistique permettant d'approcher le survival horror sous un jour nouveau. Le titre a une beauté bien à lui et est techniquement au point sans aucun souci, un bon niveau de détail et surtout des jeux de lumières et d'ombres vraiment bien faits. Le seul véritable problème concernant l'utilisation du pixel art, c'est qu'il ne fait pas vraiment peur. Il participe pleinement à installer cette ambiance malsaine et glauque mais on ne peut pas dire que l'on frissonne dans Lone Survivor. Pour ça, il faudra plus se concentrer sur le travail sonore de grande qualité avec des musiques d'ambiances et d'autres plus pop réalisées par Byrne qui se rapproche ici du travail de Akira Yamaoka, compositeur attitré des Silent Hill. Le jeu nous plonge ainsi dans une peur plus psychologique jouant sur la perte de repère et la peur de ce qui nous attend derrière chaque porte pouvant pousser le personnage un peu plus dans la folie.

L'aspect rétro de Lone Survivor se ressent aussi dans le gameplay qui offre un vrai survivol horror à l'ancienne façon Resident Evil et Silent Hill époque PS1/PS2. On pense évidemment à ces deux sagas pour la gestion de l'inventaire, l'importance des allers-retours avec énigmes pour débloquer les portes mais aussi pour l'exploration dangereuse et l'action à utiliser avec parcimonie. Notre héros doit s'aventurer hors de son appartement et explorer les environs en progressant au fur et à mesure de ses découvertes. Il va ainsi trouver des miroirs qui lui permettront de se téléporter dans son appartement, sorte de havre de paix alors que tout a basculé autour. Une référence évidente à Silent Hill 4 utilisant plus ou moins le même procédé. Partir explorer les environs ne pourra pas se faire indéfiniment car notre héros aura souvent besoin de trouver de quoi allumer sa lampe-torche qui est essentielle pour fouiller les décors et voir les ressources essentielles. Il faudra aussi trouver de quoi se nourrir, cuisiner en faisant attention à ne pas avaler n'importe quoi. Enfin, notre héros fatigue aussi assez vite et il doit souvent retourner dans son lit pour se reposer ou trouver de quoi se booster...

On fouille souvent dans le jeu et les allers-retours sont nombreux mais cela se fait dans la plus pure tradition du survival horror où les cartes seront vos meilleures amies. On apprécie grandement ce sentiment qui accompagne ce genre, un sentiment de crainte, de survie et d'envie de poursuivre propre au genre. Dommage que la peur ne soit pas assez présente même si les âmes les plus impressionnables y seront peut-être plus sensibles. La pléthore d'objet à ramasser permet de remplir son inventaire et de savoir utiliser la bonne ressource au bon moment pour se soigner ou pouvoir continuer un peu plus longtemps son exploration. Personnellement, le gameplay du titre ne m'a pas trop convaincu car il est trop souvent coincé dans l'hommage à des titres ayant fait bien mieux avant lui et je trouve qu'il manque de fluidité lors des affrontements ou des esquives face aux monstres. Le level-design s'avère parfois pénible et la difficulté bizarrement dosée. Le jeu a été plébiscitée par beaucoup mais j'avoue avoir eu beaucoup mal à rentrer dedans et vraiment poursuivre l'aventure avec autant de plaisir une fois sa découverte passée. Pourtant je suis allé au bout... Le titre se termine en 2h ou 5h selon votre jugeote, votre maîtrise et votre curiosité. Le titre propose beaucoup de quêtes annexes tant il y a à explorer. Par ailleurs plusieurs fin vous attendent. Si vous accrochez vraiment au titre, il se montre quand même très généreux. Pour une dizaine d'euros, il y a de quoi faire à condition de voir si le jeu vous correspond bien.

La conclusion de à propos du Jeu Vidéo : Lone Survivor [2012]

Bastien L.
63

Lone Survivor réussit son pari assez fou de proposer un survival horror en 2D et en pixel art. Le jeu propose un univers fort avec des choix de scénario, de direction artistique et de gameplay audacieux qui fonctionnent. Du moins d'un certain point de vue car ce jeu assez cryptique, exigeant dans son approche du genre pourra autant vous émerveiller que vous rebuter... Pour ma part je suis assez mitigé même si je reconnais volontiers les indéniables qualités du titre. Ma note est pour le coup bien plus subjective que d'habitude.

On a aimé

  • Une ambiance incroyable avec une direction artistique audacieuse
  • Une approche autant old school que novatrice du survival horror
  • Gameplay très complet...

On a moins bien aimé

  • ... mais perfectible
  • Scénario (trop ?) cryptique
  • Ne fait pas vraiment peur

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