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Critique du livre-jeu : En quête du Dragon [2018], par Gaetan G.

Avis critique rédigé par Gaetan G. le mercredi 24 octobre 2018 à 14h06

petit lecteur deviendra grand

Les livre-jeux reviennent tous doucement à la mode. Le concept n’est pourtant pas tout jeune : il a connu son heure de gloire dans les années 80, avant d’être peu à peu ringardisé et remplacé par les jeux vidéo dans les années 90. D’une manière assez surprenante, ce sont les escape-rooms – et leur déclinaison sous forme de livre – qui les ont fait revenir sur le devant de la scène.

Le livre dont nous allons parler aujourd’hui, en quête du Dragon, est produit par Game Flow et distribué par Blackrock Games. Il suffit d’avoir l’objet entre les mains pour se rendre compte du chemin parcouru en 30 ans, que ce soit en termes de qualité de fabrication ou d’illustration. Mais l’originalité du produit n’est pas là. En effet, celui-ci s’adresse à un public radicalement nouveau : les très jeunes enfants (à partir de 4 ans en présence d’un adulte et 7 ans en toute autonomie).

Vous êtes curieux de savoir si la formule fonctionne ? Le Père-Noël est à l’affût d’un cadeau original à mettre sous le sapin cette année ? Ça tombe bien, car c’est ici qu’on en parle…

Rien à redire sur la forme...

Premier bon point, le livre est costaud et supportera sans broncher les manipulations de vos petits dragons. Le papier est épais et plastifié, ce qui devrait suffire à éviter les déchirures intempestives et les fuites du bibi du soir. La reliure est spiralée, ce qui est un peu moins esthétique mais beaucoup plus pratique à l’usage.

Le seul petit défaut que l’on peut trouver est lié aux roues de l’inventaire. Elles ont du mal à tourner. L’enfant n’y arrive pas toujours seul, surtout lors des premières lectures (car heureusement le problème s’atténue au fil du temps et des manipulations).

Visuellement, les illustrations sont soignées, avec des personnages réalisés en aplat au milieu de décors plus travaillés. Les auteurs ont privilégié la lisibilité, afin que les enjeux du récit restent tout le temps clairement identifiable. A vous de voir si vous appréciez le résultat final, même si personnellement je trouve que ce n’est pas le point fort du livre.

... Ni sur le fond, d'ailleurs

Regardons maintenant comment tout cela fonctionne. L’objectif de l’aventure consiste à aller à la rencontre d’un dragon afin de l’adopter. Pas de surprise de ce côté-là, le titre du bouquin annonçait clairement la couleur.

Le récit en lui-même est divisé en 7 chapitres. Les trois premiers sont consacrés à la préparation et à la recherche d’équipement, tandis que les trois suivants contiennent chacun une épreuve que le lecteur devra affronter. Le dernier, enfin, conclut logiquement l’aventure. Il y a 3 fins différentes, en fonction du nombre d’épreuves réussies.

Chaque chapitre fonctionne exactement de la même manière. La première page est un point de passage obligé, et elle donne le choix entre 3 chemins différents. Par exemple, au début de l’aventure on peut soit aller voir la meunière, soit fouiller la grange abandonnée ou encore s’introduire chez le vieux cartographe pour tenter de lui piquer sa carte :

Les pages suivantes sont divisées en 3 dans le sens de la hauteur, chaque section correspondant à un de ces choix. Ensuite, il ne reste plus qu’à faire défiler les pages de la partie voulue jusqu’à la fin du chapitre. Le livre a une iconographie simple pour indiquer à l’enfant combien de pages il doit tourner en fonction de ses décisions (« si vous faites ceci allez à la page suivante, si vous faites cela sautez deux pages ») :

Un gros travail a donc été fait pour simplifier les mécaniques du genre et les mettre à portée des plus jeunes. A l’usage, la formule fonctionne parfaitement, même avec des bouts de chou de 4 ans à peine. La première lecture sera peut-être un peu difficile, le temps qu’ils comprennent le principe, mais ils vont rapidement commencer à expérimenter et à tester toutes sortes de chemins.

D’autant qu’il y a pas mal de possibilités offertes. Par exemple, le jeu propose d’incarner 3 personnages différents : il y a Lina la bagarreuse, Timon le Magicien et Sacha le chat-pardeur (un personnage zoo-anthropomorphe). Ce choix n’est pas que cosmétique, puisque chacun dispose de chemins qui lui sont exclusifs (ou interdits).

Au passage, petite parenthèse pour ceux qui sont sensibles à la représentation du genre. Personnellement, ce n’est pas forcément quelque-chose qui me préoccupe beaucoup, même si j’y suis plus attentif au fil des années. Sans être un expert, donc, je trouve que les auteurs ont fait attention. Le personnage féminin met en avant la force et le courage, tandis que le personnage masculin privilégie le savoir et la réflexion. L’homme-félin représente la fourberie et la furtivité, ce qui est complètement en raccord avec le caractère de l’animal en question… Bref, les Social Justice Warrior vont rager (comme d’hab’), les autres peuvent y aller sans crainte.

Alors c’est bien ?

Autant spoiler tout de suite : oui, c’est vraiment très bien… Mais pour vous parler de mon ressenti, je vais me permettre une approche beaucoup plus subjective et personnelle que d’habitude. Car j’ai un rapport très émotionnel avec ce petit bouquin de rien du tout. Il a su conquérir, en quelques semaines à peine, une place à part dans la bibliothèque de ma fille.

Je suis en effet l’heureux papa d’une petite demoiselle de 4 ans. C’est une enfant vive et curieuse, qui nous regarde avec curiosité pousser du cube en bois ou lancer des D20 pendant tout l’après-midi. On y met une telle intensité qu’elle doit penser qu’il s’agit de quelque chose de très important, peut-être même qu’on y joue notre vie en vrai.

Dans un sens elle n’a peut-être pas tort… Ma culture, tout comme la vôtre j’imagine, baigne depuis toujours dans les mondes de l’imaginaire. Je suis un amateur de jeux de rôles, de jeux de plateau, de jeux vidéo, de bouquins de S.F. et Dieu sait quoi encore. Je suis un éternel gamin qui a du mal à grandir, et qui puisse dans l’enfance l’énergie dont il a besoin pour se comporter en adulte. On essaie de partager ça avec notre fille, et de l’impliquer autant que faire se peut. Elle a ses boîtes bien à elle, qu’elle sort très régulièrement et qu’elle colle d’autorité sur la table quand elle veut jouer avec nous.

Mais avec en quête du Dragon, c’est la première fois que nous avons l’occasion de partager et d’échanger tous les deux autour de thèmes vraiment nouveaux pour elle. Ce livre est une initiation à l’échec : il est quand même possible de se faire boulotter par le dragon si on échoue les 3 épreuves, ce qui n’est pas rien pour une enfant de 4 ans. Il demande de la persévérance, et de comprendre que chaque expérience ratée nous rend plus fort puisqu’elle accroit notre connaissance du jeu. Il apprend à avoir un avatar, et pas forcément quelqu’un qui nous ressemble. Il a fallu plus d’une dizaine de partie avant qu’elle n’accepte de jouer avec le petit garçon. Et plus important, le livre lui montre qu’il existe des histoires que l’on se créée et qui dépendent de ses choix. Vous n’imaginez pas comme elle était fière la première fois où elle a gagné l’aventure, et vous n’imaginez pas comme j’étais fier avec elle.

Je ne peux tout simplement pas être objectif, parce que ce livre n’est pas comme les autres. Il est devenu un objet un peu magique, que l’on ressort chaque jour au moment de l’histoire du soir et qui a su apporter une vraie complicité entre nous. La preuve : il est à la maison depuis 3 semaines, et elle refuse obstinément que nous en lisions un autre.

Chaque personne est différente, et la mayonnaise ne prendra peut-être pas aussi bien pour vous. Cela dépendra probablement du rapport que votre enfant entretien avec la lecture, et de votre aptitude/envie de partager un moment privilégié avec lui. Mais si vous avez, vous aussi, une culture de l’imaginaire, l’envie de la transmettre à vos enfants mais pas encore eu l’occasion de le faire, alors je n’aurai qu’une seule chose à vous dire : foncez … Vous n’allez pas le regretter.

En tout cas, en quête du Dragon est incontestablement un de mes gros coup de cœur de l’année.

La conclusion de à propos du Livre-jeu : En quête du Dragon [2018]

Gaetan G.
95

En quête du Dragon est un livre-jeu parfaitement adapté aux plus jeunes (à partir de 4 ans s’ils sont accompagnés d’un adulte pour la lecture, ou 7 ans en toute autonomie). Il est solide, bien illustré, et offre un bon compris entre la richesse et la simplicité.

Le ressenti de l’enfant dépendra bien entendu de son goût pour la lecture, et de la manière dont vous choisirez de partager ce moment avec lui. Mais en quête du Dragon est un support parfait pour commencer à l’initier à l’univers ludique en général, et aux jeux de rôles en particulier.

C'est incontestablement un de mes gros coup de cœur de l’année, et un livre-jeu à mettre entre toutes les (petites) mains.

Que faut-il en retenir ?

  • Solide
  • Parfaitement adapté dès 4 ans (avec l'aide d'un adulte pour la lecture)
  • Excellent compromis entre la simplicité et la profondeur
  • Durée de lecture idéale pour l'histoire du soir (environ 10 minutes)
  • Idéal pour transmettre le virus à ses enfants

Que faut-il oublier ?

  • Les roues de l'inventaire sont un peu dures à manipuler

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