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Critique du film : Haunter [2014], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le mercredi 31 juillet 2013 à 13h43

Original mais peu abouti...

En près de quinze ans de carrière, Vincenzo Natali n'aura jamais réussi à réitérer le coup de maître de son premier long-métrage. En effet, si Cube a largement marqué l'imaginaire collectif (revêtant aujourd'hui, et à juste titre, le statut de film culte), ses autres essais sont (au mieux) restés confidentiels. Plus ennuyeux, la qualité de ses films est petit à petit allée en diminuant. Ainsi, si Cypher était une belle réussite, ses deux longs-métrages suivants se sont quant à eux avérés bien moins aboutis. Sans parler d'une véritable descente aux enfers (toutes les oeuvres de Natali sont honnêtes et présentent des qualités indéniables), on est à ce jour toujours en attente du film qui parviendra à proposer quelque chose d'aussi bon que Cube.

On ne peut cependant pas reprocher au réalisateur son manque d'ambition, ainsi qu'une propension à se reposer sur ses lauriers. Au gré d'une filmographie peu fournie (un film tous les quatre ans en moyenne), il aura en effet été explorer le huis-clot SF (Cube), le thriller paranoïaque (Cypher), la comédie absurde (Nothing) et le film de monstre (Splice) avec, à chaque fois, une originalité dans le traitement du scénario prenant à contre-pied les codes et les effets de modes. Avec son cinquième long-métrage, Haunter, Natali quitte pour la première fois la science-fiction pure afin de s'atteler à un film de fantômes pur jus, genre on ne peut plus sur-exposé en ce moment. Fidèle à lui-même, le réalisateur nous en propose une variation originale.

Haunter est donc un film de fantômes à tiroir, une histoire de maison hantée possédant plusieurs niveaux de lecture. Malin, le scénario parvient à jouer avec les nombreux clichés inhérents au genre pour développer une intrigue originale. Partant dans tous les sens, le film effectue ici un véritable numéro d'équilibriste qui, s'il n'est pas constamment réussi (il y a un gros ventre mou au milieu du film), permet au moins de proposer quelque chose de nouveau et de cohérent, qui plus est apte à surprendre les spectateurs les plus rodés. Le long-métrage se plait ainsi à poser une situation de départ pleine de clichés, avant d'embrouiller la grille de lecture du spectateur pour l'emmener en territoire inconnu (Splice fonctionnait déjà sur le même principe, commençant comme un film de monstre pour s'en écarter doucement mais surement).

En cinéaste intelligent, Vincenzo Natali n'oublie pas de proposer un fond au scénario, utilisant ainsi cette histoire de revenants comme une parabole sur l'adolescence, montrant l'héroïne littéralement prisonnière de sa vie, incapable de communiquer avec des parents qui ne la comprennent pas. Et si ces thématiques s'amenuisent petit à petit une fois passées les séquences d'exposition (très réussies), elle permettent cependant de poser un personnage principal fort, intéressant et charismatique (parfaitement interprété par Abigail Breslin, laquelle, du haut de ses dix-sept ans, parvient à porter le film sur ses épaules), ainsi qu'un grand méchant qui, s'il n'est pas vraiment original (ses motivations sont plus que bancales), s'avère impeccablement incarné par le génial Stephen McHattie.

Mais voilà, à l'originalité de l'histoire s'oppose la mise en scène particulièrement peu inspirée de Vincenzo Natali. A ce niveau, Haunter est clairement son premier faux-pas, le film ne gardant la tête hors de l'eau que grâce à l'originalité du scénario de Brian King. La réalisation n'évite ainsi aucun cliché, aucune figure imposée, multiplie les effets de style faciles et les jumps scares parfaitement inutiles. Angoissant, Haunter ne l'est malheureusement jamais, ce qui, pour un film de fantômes, ne pardonne pas. Certes, la relative complexité de la structure scénaristique ne facilite pas l'immersion du spectateur, mais on sent Natali nettement moins à l'aise que dans ses précédents longs-métrages. L'impression est d'autant plus prégnante que le misérable happy-end qui clôt le film s'avère aussi incohérent que bien peu pertinent.

Cela est d'autant plus dommage qu'Haunter se pare d'une belle ambiance, classique, certes, mais bien mise en valeur par le côté retro imposé par l'histoire. De plus, la fluidité de la narration accompagne avec une certaine efficacité le spectateur dans les méandres de ce scénario puzzle. La direction artistique, enfin, s'avère impeccable en dépit du faible budget (en témoigne les quelques plans extérieurs, aux CGI particulièrement laids), permettant de donner une belle identité à la maison qui sert de huis-clôt. Au final, Haunter n'est donc pas un film désagréable, ni une tâche honteuse dans la filmographie de Natali, seulement une petite erreur de parcours qui se regarde aussi vite qu'il s'oublie, et ne marquera clairement pas le genre en dépit des ambitions affichées.

La conclusion de à propos du Film : Haunter [2014]

Vincent L.
60

Un brin décevant, Haunter est à l'image des derniers films de son réalisateur : original et intelligent d'une part, mais à côté de ça tout aussi bancal et finalement peu abouti. Cette relecture des films de fantômes n'évite ainsi aucun des pièges de l'exercice, s'avérant au final complètement ratée question peur et angoisse. L'histoire originale, le scénario qui joue avec les clichés ainsi que la bonne direction artistique permettent toutefois de rendre le film a minima intéressant, Haunter s'avérant tout de même plus regardable que la masse des ghost-stories qui inondent actuellement le marché.

Que faut-il en retenir ?

  • Une histoire maline,
  • Un scénario bien contruit,
  • Des thématiques intéressantes,
  • Breslin et McHattie, parfaits,
  • Une ambiance rétro sympathique,
  • Une direction artistique impeccable.

Que faut-il oublier ?

  • Une mise en scène peu inspirée,
  • Un ventre mou en milieu de film,
  • Des effets de style convenus,
  • Des clichés qui ne sont pas évités,
  • Un happy-end bien nul.

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