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Critique du film : Fright Night [2011], par Richard B.

Avis critique rédigé par Richard B. le dimanche 11 septembre 2011 à 19h46

Remake, vous avez dit remake ?

En 1986, les spectateurs pouvaient découvrir un film de Tom Holland intitulé chez nous "Vampires,vous avez dit vampires? (Fright night en VO)". Certes, cette "nuit d'horreur" est loin d’être un chef-d'oeuvre de perfection et il affiche aujourd’hui un aspect "eightie " plutôt prononcé, cependant il était  - et demeure - une série B particulièrement plaisante. Il est encore très difficile d'oublier ces hallucinants make-up qui matérialisent certainement quelques-unes des transformations les plus mémorables de l’histoire du cinéma. Pour ses moments de bravoures et en raison de son mélange humour/horreur, le film de Tom Holland (qui, rappelons-le, s’est vu offrir une suite) a réussi à marquer les mémoires de quelques trentenaires (dont je fais partie). Un quart de siècle plus tard, était-il nécessaire de réaccommoder le film à la sauce "moderne" ?

Même si la structure scénaristique reste la même, ce "Fright night 2011" s'éloigne assez de son aîné, ce qui du côté des intentions est plutôt positif. Mais entre "intentions" et "réussite", la marge reste grande. Dans cette version 2011, le personnage de Charlie Brewster est un élève populaire qui a la chance de fréquenter la plus jolie fille du lycée. Il est devenu si "cool" qu'il renie sans hésiter ses amis d'antan, dont Ed qui semble avoir trop conservé son "âme de geek" pour être fréquentable. Malgré tout, Ed va vouloir revoir son ancien ami pour le prévenir que son nouveau voisin, Jerry Dandrige, pourrait très bien être un Vampire. Si au départ Charlie ne croit pas son ex-compagnon de jeunesse, il va très vite comprendre que ce dernier ne s'était peut-être pas trompé et que son voisin pourrait vite devenir une menace pour sa mère, mais aussi pour sa copine Amy.

Fright Night - image 1

Dorénavant, finies les coupes de cheveux et tenues vestimentaires au look "génération 80" et bonjour  la "mode de l'an 2000" ! Cet état de fait peut générer la question : celle-ci sera-t-elle aussi marquante et datée dans vingt ans ? Les critères de beauté seront-ils les mêmes ? Et surtout, y aura-t-il autant de placement produit - sinon plus – qu’au cours de cette décennie ? Car, chose amusante, et comme pour beaucoup de "produits teenagers" (c'est fou comme ce mot revient)  sortis cette année, on constate que les films possèdent de plus en plus de placements (E-Bay en premier lieu qui doit ressortir 3 à 4 fois dans le film), non seulement dans le champ des caméras, mais aussi dans les dialogues. Évidemment, le procédé ne date pas d'aujourd'hui, mais force est de constater que le procédé devient de plus en plus flagrant, avec des inserts placés souvent de manière outrancière, accentuant l'impression d'un cinéma de plus en plus fade et lisse, construit désormais plus pour vendre des produits que faire découvrir une oeuvre cinématographique. Et si l'été avait tenté de prouver le contraire avec des "blockbusters" de qualités, Fright Night semble vouloir nous ramener à cette dure réalité. Mais bon, si vous le voulez bien, fermons cette parenthèse, mettons de coté cet élément plus imposé par la volonté des actionnaires que par celle des cinéastes, et penchons-nous plus avant sur les différentes composantes du film, à savoir son scénario, sa réalisation et son interprétation.

Comme évoqué plus haut, la scénariste Marti Noxon (Numéro quatre (Arg)) à la bonne idée de s'éloigner du premier film et d’apporter une vision à la fois plus "moderne" en se focalisant sur les jeunes d'aujourd'hui, tout en poussant le côté "film d'action" et rajoutant un peu de "froideur" au méchant". Jerry Dandrige n'a donc plus d'acolyte l'aidant à trouver ses victimes, il ne se transforme plus en chauve-souris – et encore moins en loup - se montre moins séducteur et beaucoup plus cruel, voire psychopathe. Quant à Peter Vincent, il n'est plus un animateur quinquagénaire présentant des films d'horreur, mais un magicien de Las Vegas, sorte de "rock-star" d'une trentaine d'années, fasciné par les vampires. Du coup, l’aspect multi-générationnel est réduit, la mère de Charlie donnant elle-même l'impression d'être une jolie célibataire de moins de quarante ans (Toni Collette en a d'ailleurs 39). Le scénario de Marti Noxon ne suit donc pas vraiment la même trajectoire que celui de Tom Holland , cela même s'il y a forcément des "images iconiques" conservées.  S'éloigner de l'original pour apporter quelque chose de neuf aurait pu être une bonne chose si cela avait été fait avec un minimum de discernement. Première mauvaise idée : avoir conservé les noms des personnages originaux, ce qui entraîne systématiquement un réflexe comparatif. C’est notamment très préjudiciable dans le cas de Peter Vincent, le personnage ne bénéficiant ni de la même qualité d’écriture (de toute évidence, le personnage symbolisait la fin d'une période et une différence générationnelle, un aspect complètement effacé dans la version 2011 de Fright Night) ni de la même valeur d’interprétation - David Tennant est loin d’avoir le charisme deRoddy McDowall. De plus, en enlevant toutes les transformations et les monstres "non-vampires" figurant dans le film de Tom HollandMarti Noxon traite son sujet un peu comme un "film de vampire de plus". Elle perd toute l'originalité qui permettait au film originel de se démarquer par rapport à la masse. D'ailleurs, le titre américain était plutôt parlant ; "Fright Night", nous laissait bien entendre que cette nuit d'horreur ne serait pas forcément que "Vampirique".  On peut donc juger que Marti Noxon a retravaillé le script de manière non judicieuse, croyant fortement que "le côté mon voisin est un vampire" et "je reprends les mêmes noms" suffirait à se réapproprier l'essence du support original. Cette erreur d'analyse lui est fatale, surtout qu'elle préfère accentuer la froideur du personnage et les séquences "d'action" plutôt qu’introduire une vraie thématique de remplacement.

Fright Night - image 2

Avec un scénario doté de bonnes intentions, mais bien trop maladroit, des impératifs de placement produits et un casting entièrement constitué de personnes ne dépassant pas la quarantaine et aux physiques semblant "rentrer" dans des critères de beautés bien établies, Craig Gillespie voyait ici ses possibilités de manœuvre bien réduites. Au mieux, le cinéaste ne pouvait qu’offrir un consciencieux travail de "Yes man", lui permettant de faire ses preuves comme réalisateur efficace de film d'action. Cette opportunité, il l’a saisie tout particulièrement lorsque le personnage interprété par Colin Farrell traque un trio (la mère, la copine et le fils Brewster) qui tente de prendre la fuite en voiture. Efficace, la séquence captive et nous éloigne complètement d'un comparatif avec le film initial. Du coup, la tension devient palpable, car enfin, durant un court instant, on sent que le film peut prendre une tout autre voie. Craig Gillespie réalise une autre scène d'action presque aussi efficace lors d'une confrontation se déroulant chez Peter Vincent et place même avec un certain humour une référence au mythe du loup-garou. Si ces deux scènes valent le détour, on regrettera que la confrontation finale se montre bien moins efficace, à moins que cela soit dû au fait que l'on soit déjà blasé par ce "film produit" qui, depuis le début, n'arrive jamais à créer la surprise et qu'à cet instant on sait déjà qu'il est trop tard pour que le film interpelle réellement.

Il ne faut pas oublier que, à l’époque, "Vampires,vous avez dit vampires? " avait aussi su marquer les esprits par la qualité de ses effets spéciaux et par sa générosité en la matière. Là encore, sur ce point, le film de 2011 se montre bien moins généreux et, surtout, évolue beaucoup plus dans un esprit jeux vidéo avec des effets propres, amusants plus par le côté 3D (cendres et quelques miettes de sang numérique qui nous arrivent à la figure) que par des marquantes images de décompositions. Et comme les transformations ne sont pas conservées, autant dire que ceux qui ont connu l'original se sentiront frustrés. Les nouveaux spectateurs auront quant à eux l'impression de revoir un copié/collé des décompositions vampiriques de Blade, mais peut-être y trouveront-ils un certain amusement.


La conclusion de à propos du Film : Fright Night [2011]

Richard B.
45

Bien que présentant quelques bonnes idées de réalisation, ce nouveau "Frigh night" s’affiche comme un produit froid, formaté et prévisible. Une production certes pas désagréable - on ne s'y ennuie pas - mais n’apportant strictement rien de neuf. Puis, malheureusement pour lui, "les films de vampires" étant devenus pléthores ces derniers temps, autant dire qu'il se retrouve noyé dans cette masse de films, principalement pour avoir négligé de récupérer tout ce qui faisait l’originalité du film original. La présence de Colin Farrell pour la gente féminine et celle d’Imogen Poots pour la gente masculine, puis la curiosité des spectateurs devraient procurer une certaine sécurité financière pour les producteurs, mais seuls les 15-20 ans auront une chance d'accrocher réellement à ce produit made-in-Hollywood qui, d'ici deux ou trois ans, risque d'être oublié de tous.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation efficace.

Que faut-il oublier ?

  • Plus de transformations.
  • Un film formaté et prévisible.
  • Des acteurs fades.

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