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Critique du film : Suck [2010], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 28 août 2010 à 13h51

Rock n'roll Vampires

Comme bon nombre de musiciens, les membres de The Winners ont le plus grand mal à vivre dignement de leur passion. Exploités par un manager un peu fumiste, ils se produisent dans de petits clubs canadiens, devant des parterres de consommateurs ivres ou indifférents (voire les deux). La situation est si calamiteuse que Joey, le leader, est même obligé d'aller mendier quelques pièces à Susan, son ex-petite amie. Au bord de la dépression, il envisage même de jeter l'éponge. Puis, un soir, Jennifer, la jolie bassiste du groupe est entrainée dans l'antre d'un maître vampire...

Réalisé par le sympathique Rob Stefaniuk, Suck pourrait sans mal être assimilé à une variation fantastique de Wayne's World. On y trouve en effet les mêmes composantes: jeunes fans de rock un peu crétins, B.O. de qualité, défilé de guest-stars s'auto-parodiant. Beaucoup de similitudes donc (même Stefaniuk ressemble à Mike Myers!) mais, par contre, pour ce qui est de la construction de l'intrigue, on évolue dans un registre différent, plus proche des comédies Shaun of the Dead et Doghouse. Tout d'abord, il faut savoir que l’on ne cause pas ici de jeunes gens rêvant d'organiser le concert du siècle mais on y suit les galères d'un groupe minable en tournée (Suck est donc aussi un road movie). Puis, bien entendu, il y a l'ajout de l'élément fantastique. Rob Stefaniuk ayant bien saisi qu'il serait judicieux de surfer sur l'actuelle mode des vampires, il ne lui restait plus qu’à l’exploiter de manière intelligence pour éviter la sensation de redite. Le scénariste et réalisateur a choisi de récupérer et de détourner à son affaire le mythe de Faust, avec ces jeunes gens prêts à vendre leurs âmes - et devenir des vampires - pour accéder à la célébrité (et donc l’immortalité artistique).

Finalement, on évolue dans une thématique qui évoque grandement les années 70-80, période riche en films mariant avec humour les aspects musique rock et horreur (The Rocky Horror Picture Show, Kiss contre les fantômes, Rock 'n' Roll Nightmare, Rockabilly Vampire, Rocktober Blood, Hard Rock Nightmare, Hard rock Zombies…). Rien de plus normal, finalement, l’hypnotique vampire possédant le profil du séducteur romantique et le look fashion recherché par les mouvements punk, dark gothic et glam rock. Evidemment, tout cela est réuni sous le signe de la plaisanterie et, au final, on se rend compte, encore une fois, que musique rock, comédie et horreur sont des éléments qui se marient souvent avec bonheur. Mais attention, Suck n'est pas une comédie musicale, ni un opéra rock, les nombreux passages musicaux se résument le plus souvent à de courts extraits imbriqués dans l'intrigue et n'ayant pas de fonction narrative (sauf une fois, lorsque Jennifer se rend dans le manoir du maître vampire). C'est ce que l'on appelle aux USA un "semi-musical movie".

Le récit suit donc la tournée d'un groupe de rock au sein duquel se trouve une bassiste vampire très sexy. Une arme à double-tranchant. En effet, si le légendaire magnétisme des créatures de la nuit attire tout autour du groupe une horde de nouveaux fans (et éveille donc l'intérêt des producteurs!), la nature vampirique de Jennifer ne manque pas d'attirer quelques soucis. Le principal étant qu'elle a besoin de se nourrir... de sans humain! C'est principalement cet élément (auquel se greffent de nombreux clins d’œil qui raviront les amateurs de rock n’roll) qui est utilisé pour générer des scènes burlesques via un comique de situation et des séquences Grand-Guignol. La plupart des agressions sont construites sous la forme de gags potaches faisant apparaitre les vampires sous un jour sympathique comme lors d’une scène où, les membres entaillés, une jeune groupie est allongée sur une table de billard entourée de vampires qui agissent comme des consommateurs appuyés au comptoir d’un bar. On s'amuse aussi à regarder les malheurs de ces jeunes garçons essayant de camoufler les crimes sanglants de leur amie aux dents longues tout en fuyant la colère de Van Hesling (Malcolm McDowell), un chasseur qui apparait comme LE véritable méchant du film.

En plus d'une sympathique atmosphère bon enfant, Suck bénéficie d'une réalisation qui ne laisse pas indifférent. Rob Stefaniuk fait en effet preuve d'une belle maitrise technique dans la mise en forme de son métrage avec notamment de superbes effets photographiques qui génèrent une esthétique gothique du meilleur effet. Le cinéaste n'hésite d'ailleurs pas à jouer de son art pour mettre en valeur la plastique de la belle canadienne Jessica Paré, à grand renfort de ralentis qui auraient pu, dans un autre contexte, tourner au ridicule. Ici, le coté kitch et surfait voit son impact ringard désamorcé par l'omniprésence de l'aspect parodique. Au contraire, les éléments "too much" du métrage ajoutent à l'ambiance humoristique. A coté de cela, la mise en scène est en tout point efficace (sans être novatrice) et le montage assure un bon rythme en évitant les temps morts. Enfin, on peut saluer les gouts musicaux et l'éclectisme de Rob Stefaniuk, avec la présence d'une BO de qualité exploitant plusieurs styles (Iggy Pop, Alice Cooper, Lou Reed, David Bowie, Rolling Stones...) mais aussi le talent, car il est également le compositeur de quelques pièces originales.

Suck vaut aussi le détour pour son casting. En effet, si les bonnes bouilles interprétant les membres du groupe n'évoqueront peut-être rien pour vous, il en est tout autrement pour les seconds rôles. A commencer par Malcolm McDowell, irrésistible en tueur de vampires borgne. Poussé par un terrible désir de vengeance (dont on découvre l'origine à travers des stock-shots de O lucky Man, un film de 1973), Van Hesling n'a qu'un seul but: exterminer les monstres, et il colle aux basques des jeunes musiciens, armé de son arbalète. McDowell incarne donc un personnage vindicatif et emporté, capable de prendre des risques irraisonnés, comme quand il tire ses carreaux d'arbalète alors qu'il est plongé dans l'obscurité, touchant des cibles au hasard (le spectateur en est averti par des cris de douleur et des insultes, ce qui évidemment entraine le rire). A coté de lui, on trouve Dave Foley et surtout Alice Cooper. Le premier joue un impresario incompétent, pourri et opportuniste. Et il est très bon! Le comédien a abandonné un peu son profil de jeune premier à l'occasion du Postal d'Uwe Boll (où il y est génial!) et il semblerait qu'il ait trouvé une nouvelle voie. Tant mieux. Alice Cooper, lui, interprète un barman vampire (dans un club tenu par sa fille, Calico Cooper). Il intervient dans le métrage à la façon de Jim Morrison dans Wayne's World ; par les rêves de Joey. Mais il est aussi bien réel et le final va même démontrer qu'il est tout autre chose qu'un simple nosferatu.  Enfin, le métrage est riche est apparition de guest-stars, pour des durées plus ou moins longues et des rôles toujours très drôles: Iggy Pop, Moby, Harry Rollins et Alex Lifeson. On y voit aussi Nicole De Boer, actrice très connue au Canada, en experte au lancer de canettes de bière.

En fin, Suck étant un spoof movie, il est assez timide dans ses démonstrations en effets spéciaux. Il est cependant bon de noter que les maquillages des vampires sont vraiment réussis et que les quelques séquences horrifiques sont bien démonstratives et riche en effets gore. Mais attention, dans Suck, le sang coule parfois à flot mais toujours pour le rire !

 

 

La conclusion de à propos du Film : Suck [2010]

Nicolas L.
70

Une très bonne surprise que ce Suck. À la vue de la jaquette du DVD, on pourrait s’attendre à visionner l’habituel spoof movie à l’humour vulgaire et poussif. Hors, il n’en est rien. Le film de Rob Stefaniuk est drôle, bien réalisé, bien interprété et fait appel à un sacré casting de guest-stars. Evidemment, les aspects référentiels et pastiches du métrage, aux propriétés narratives très restrictives, l’empêchent de dépasser le registre de l’honnête divertissement pour amateurs de rock et de fantastique mais force est de dire que, dans ce domaine, Rob Stefaniuk remplit parfaitement sa mission et nous offre un spectacle de qualité. Un réalisateur à surveiller donc de près.

Que faut-il en retenir ?

  • Un spoof movie dépourvu de vulgarité
  • Une réalisation élégante Un casting de qualité
  • Un humour qui fonctionne
  • Des guest-stars très enthousiastes

Que faut-il oublier ?

  • Une thématique souvent exploitée
  • Un scénario qui ne sort pas des sentiers battus

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