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Critique du film (direct to vidéo) : Les Chroniques de Mars [2010], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 26 mai 2010 à 18h01

Avec The Asylum, voyagez vers Barsoom en classe éco.

Bien que le cycle John Carter de Mars soit unanimement considéré comme une oeuvre fondatrice ayant donné naissance à un genre aujourd'hui très apprécié: la science-fantasy, cette saga pulp écrite entre 1911 et 1948 par Edgar Rice Burroughs (le créateur de Tarzan) n'avait étonnamment pas encore connu de retranscription cinématographique (contrairement à bon nombre d'autres œuvres de pulp fiction pourtant moins prestigieuses). Pourtant, force est de dire que cette série de romans narrant les aventures d'un officier virginien propulsé sur une planète Mars exotique ne manque pas d'intérêt et de qualité. Grand classique de la littérature de science-fiction, Le cycle John Carter of Mars a d'ailleurs fortement marqué l'imaginaire de nombreux écrivains du 20ème siécle. Michael Moorcock (Cycle du guerrier de Mars), Jack Vance (Le Cycle de Tschaï), John Norman (Le Cycle de Gor), Janet E. Morris (L'Ere des Fornicatrices) figurent parmi tous ces prestigieux écrivains ayant retranscrits à leur manière l'univers d'Edgar Rice Burroughs, mêlant science-fiction, fantasy, aventures exotiques et épiques.

Pourtant, les projets destinés à matérialiser les héros de la planète Barsoom sur la toile n'ont pas manqué. En 1930, tout d'abord, avec la production d'un film d'animation qui finit par faire long feu - suivi ensuite par une dizaine de projets vite avortés - puis dans les années 80, quand les droits furent rachetés par la Paramount. Jugé tout d'abord par les responsables du studio comme étant inadaptable (il faut dire que John Carter est le seul personnage humain présent dans une saga qui présente un important bestiaire fantastique), l'ambitieux projet ressortit des cartons à la fin des années 90, les producteurs voyant en l'utilisation des images de synthèse une solution apte à alléger un budget prévisionnel jusqu'alors colossal. Mais l'affaire traina. Moult versions de scénario furent écrites, de nombreux réalisateurs s'intéressèrent au projet avant de se désengager ou d'être écartés (Robert Rodriguez, Kerry Conran, Jon Favreau), au grand désespoir des fans de l'œuvre littéraire et des comics.

Puis, en 2006, tout s'accélère. Paramount jette l'éponge et cède les droits d'adaptation à Pixar. Le studio se lance rapidement dans la phase de design, retravaille en profondeur le premier scénario d'Ehren Kuger (modifié ensuite par Conran) et les producteurs Jim Morris et Colin Wilson prennent contact avec Andrew Stanton, qui se voit confier la réalisation et un regard sur le script. Le choix est vite fait, le film sera un mixage de plans réels et d'images de synthèses. Le film en est aujourd'hui au stade de la production (entamée le 19 janvier 2010), avec une sortie en salles annoncée pour 2012. Le budget n'a pas été communiqué mais il est certain que la somme investie est conséquente.

De leur coté, toujours à l'affut de bonnes opportunités commerciales, le studio The Asylum, spécialisé dans la série B dite "d'exploitation", n'a pas attendu cette date pour proposer SA version des aventures martiennes de John Carter. Utilisant toujours aussi bien le buzz créé par la production de blockbusters pour assurer la promotion de leurs séries B (cf. Transmorphers, sorti plusieurs mois avant Transformers), les responsables du studio nous offrent à la fin de l'année 2009 Princess of Mars, retitré Les Chroniques de Mars pour la sortie française en DVD (avril 2010).

Réalisé par Mark Atkins ( un habitué des productions The Asylum), Les Chroniques de Mars est l'adaptation assez libre d'Une Princesse de Mars, premier tome du cycle (qui en compte onze). Dans cette version, John Carter n'est plus un officier sudiste, vétéran de la guerre de sécession, mais un agent spécial américain spécialisé dans la guérilla et l'observation. Grièvement blessé en Irak, John Carter se voit envoyé par ses supérieurs, via une technologie révolutionnaire, non pas sur la planète Mars, mais sur Mars 251, une planète du système Alpha du Centaure.

Arrivé sur la planète, l'on se rend compte que l'étroitesse du budget n'a pas permis à Mark Atkins - probablement le réalisateur le plus doué de l'écurie The Asylum - de matérialiser à l'écran toutes les particularismes de Barsoom (topologie et climat) et des espèces martiennes. Ainsi, les gigantesques canaux martiens sont remplacés ici par les plus modestes canyons du parc national de Vasquez Rock et les autochtones, les terribles Martiens Verts, perdent dans leur retranscription cinquante bons centimètres, leur couleur verte et deux de leurs bras. Quand aux molosses utilisés comme chiens de garde par les Martiens Verts (la brave Woola), ils ont tout simplement été supprimés. Le peuple d'Helium (qui perd également son épiderme rouge), quand à lui, se voit représenté par un minimum d'individus, à savoir la princesse Dejah Thoris et son garde du corps (plus une poignée de prêtres). C'est bien peu, d'autant plus que les Martiens Verts sont simplement représentés par des comédiens de grande taille dont les visages sont recouverts par de très perfectibles masques de latex.

Malgré tout, on se surprend à apprécier la vision cheap de Mark Atkins. En effet, en dépit d'un manque criant de moyens, le cinéaste fait montre d'un grand respect pour l'œuvre de Burroughs et colle autant que possible au texte original, travaillant les détails avec le plus de fidélité possible. Les coutumes étranges des Martiens Verts (notamment leur étrange sens de l'humour), leurs fusils bien particuliers, les ballons du peuple d'Helium, les extraordinaires capacités physiques de John Carter (dues à la faible gravité de la planète Mars), l'ambiance mêlant héroic-fantasy machiste et science-fiction aux fragrances steampunk, autant de détails qui rendent le travail de Mark Atkins appréciable. Une sensation appuyée par une photographie soignée et une bonne dose d'effets visuels sympathiques matérialisant les séquences martiales où John Carter affronte araignées géantes et autres insectes taille XXL.

Pour ce qui est de l'intrigue, disons simplement que le récit des Chroniques de Mars est une version allégée d'Une Princesse de Mars. Toute la partie "politique et diplomatique" du roman, durant laquelle John Carter et les Tharks vont porter assistance à Helium dans leur lutte contre la cité de Zodanga est occultée. Dans le film, le héros va se "contenter" de tirer la princesse Dejah Thoris de sa captivité et sauver la population de Barsoom d'une horrible asphyxie. On retrouve cependant une  bonne partie des personnages du roman, comme Tars Tarkas, Tal Hajus et Sola. L'adversité Zodangienne est remplacée ici par un unique personnage, Sarka, le vil garde du corps de la princesse. A coté de cela, notons que le ton est nettement plus humoristique que dans le texte d'Edgar Rice Burroughs, John Carter ayant la blague facile et le sourire ravageur.

C'est Antonio Sabato Jr., le fils caché de Lorenzo Lamas et de Casper Van Dien, qui interprète un John Carter au teint halé. Ridicule au début du film quand, le crane enturbanné dans une serpillère, il joue les durs à cuire au cœur d'un camp de mercenaires irakiens, il devient sympathique et potache dés qu'il pose un pied sur Mars. L'acteur n'est certainement pas le plus doué de sa génération mais il s'avère parfait pour ce type de personnage pulp. A coté de lui, c'est Traci Lords qui s'est vu confié le rôle de la princesse Dejah Thoris. Cette ex-superstar du porno des années 80 (la seule à avoir partiellement réussi sa reconversion dans le cinéma dit "traditionnel") n'est absolument pas ridicule mais force est d'admettre que cette quadragénaire (bien conservée!) a du mal à se faire passer pour une jeune et farouche aristocrate. Enfin, sous le masque de Tars Tarkas se cache l'athlétique Matt Lasky.

La conclusion de à propos du Film (Direct to Vidéo) : Les Chroniques de Mars [2010]

Nicolas L.
42

Avec Les chroniques de Mars, la compagnie The Asylum démontre ses capacités, nettement supérieure à celles de Cine Excel, par exemple, tout en affichant ses limites, liées à de faibles capacités budgétaires. On pourrait voir en la compagnie de David Michael Latt une version moderne des studios de Roger Corman, avec la même façon d'aborder avec passion le cinéma de série B, grâce à une écurie de réalisateurs appliqués, adeptes du système D. Une écurie dont Mark Atkins s'affirme comme étant le plus doué. Au final, cette vision fauchée de l'univers martien d'Edgar Rice Burroughs s'avère être un agréable divertissement pour le spectateur un brin indulgent.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation consciencieuse
  • Un respect de l'œuvre originale
  • Assez divertissant
  • Des effets CGI convenables

Que faut-il oublier ?

  • Ultra cheap
  • Des maquillages très perfectibles
  • Un humour pas toujours très fin
  • Un scénario allégé au maximum
  • Un casting sans grande envergure

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