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Critique du recueil de nouvelles : Dagon et autres nouvelles de terreur [2009], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 10 octobre 2009 à 14h21

Voyage dans les rêves de Lovecraft

Chaque matin, près des falaises de Kingsport, une étrange brume monte de la mer. Blanche et duveteuse, elle s’élève des profondeurs vers ses frères les nuages, toutes pleines de rêves, de pâturages humides et de cavernes de Leviathan. Et lorsque, plus tard, les calmes pluies d’été tombent sur les toits qui abritent les poètes, ces nuages éparpillent des brides de rêves pour que les hommes ne vivent pas sans avoir vent de mystères anciens ou de merveilles que seules les planètes racontent aux autres planètes, dans la nuit. (L’étrange maison haute dans la brume, 1926).

Quelle intelligente initiative que la réédition de ce recueil de nouvelles écrites par Howard Phillips Lovecraft et préfacées par le très averti, le respectable François Truchaud ! Ce n’est pas que la qualité de ces trente nouvelles, de longueurs très variables (de deux petites pages pour Azatoth à trente pour Prisonnier des Pharaons), soient toutes exceptionnelles et présentent le même niveau d’intérêt, mais il est indéniable que Dagon est le recueil qui laisse apparaître le plus, de manière flagrante, la mécanique de création de l’écrivain de Providence.

Personnage solitaire et limite paranoïaque, Howard Phillips Lovecraft trouve son blé à moudre littéraire dans la xénophobie, le passéisme réactionnaire et le sexisme. Certains passage, qui laissent transpirer une haine raciste aujourd’hui dérangeante (« des faces basanées, marquées par le péché, disparaissaient des fenêtres », Horreur à Red Hook ; « de visages firent leur apparition dans la Rue : des visages sinistres, basanés, aux traits grossiers et aux regards furtifs », La Rue),  sont même assez difficiles à admettre et ont tendance à nous arracher de la trame du récit, rendant le narrateur - souvent le héros, puisque bon nombre de textes de Lovecraft sont rédigés à la première personne (en général sous la forme de lettre ou de mémoire) – guère sympathique. Quand aux femmes, elles sont quasiment absentes dans l’œuvre de l’auteur, ce qui démontre son fort désintérêt, voire son mépris, envers le sexe faible (sur les trente nouvelles, seule La Poésie et les Dieux, texte mineur de huit pages, fait apparaître un personnage féminin).

Mais, heureusement, l’œuvre de Lovecraft n’est pas que rancoeur et expectoration haineuse. A travers ces trente nouvelles, on peut découvrir aussi un véritable poète emportés par les courants, à la fois enchanteurs et inquiétants, de cascades oniriques qui nous entraîne, à sa suite, dans un univers de rêves, peuplés de peuples étranges vivant dans des cités aux noms exotiques et antiques; Kadath, Sanarth, Ulthar… Le rêve, seul terrain d’aventure d’un homme de santé fragile, replié sur lui-même, vivant dans une petite ville bourgeoise de Nouvelle-Angleterre. Le rêve, une terra incognita où le terne et  craintif Howard Phillips Lovecraft de la réalité cède la place à l’explorateur et au conquérant.


Dans ce recueil figure des grands classiques car récupérés par le cinéma (Herbert West, réanimateur ; De l’au-delà), d’autres nous interpellent par la présence de créatures et d’artefacts bien connue des fans du Mythe (Dagon, Azatoth, le Necronomicon).  L’amateur sera donc comblé. Cependant, j’ai trouvé mes moments de lecture les plus agréables en des textes moins connus, n’ayant que peu de rapport avec la célèbre mythologie construite par l’auteur. La très triste et poétique Celephais - nouvelle de huit pages dans laquelle un artiste londonien, vivant dans un modernisme pragmatique qui lui est étranger, trouve une échappatoire dans la consommation de drogues, qui l’amène dans les contrées sumériennes fantasmées de Cephelais - figure parmi mes favorites. J’aime aussi beaucoup L’étrange maison haute dans la brume, où Lovecraft marie des ambiances évoquant les légendes de marin, l’horreur gothique et l’onirisme. A noter que le recueil présente une intéressante nouvelle de planet opera, assez réussie. Il s’agit de Dans les murs d’Erix, écrit en collaboration avec Kenneth Sterling.

La conclusion de à propos du Recueil de nouvelles : Dagon et autres nouvelles de terreur [2009]

Nicolas L.
85

Dagon est un recueil de nouvelles indispensable aux fans de Howard Phillips Lovecraft. La plupart des anciens doivent déjà l’avoir en collection J’ai Lu mais sachez que l’œuvre publiée par Le Pré au Clercs a fait l’objet d’une sérieuse relecture. Pour les autres, ils pourront découvrir l’éventail d’influences, ce véritable creuset fantasmagorique, qui a permis à l’écrivain de développer un univers foisonnant d’idées et d’ambiances multiples, fusionnant de manière si captivante poésie onirique et horreur graphique.

Que faut-il en retenir ?

  • Un tour d’horizon complet de l’univers de Lovecraft
  • Des nouvelles souvent excellentes
  • Une édition sérieuse et révisée
  • Pas exclusivement destiné aux fans du Mythe

Que faut-il oublier ?

  • Quelques nouvelles, que l’on pourrait qualifier de mineures

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