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Critique du roman : La Complainte de Sombrevent #2 [2006], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 22 mai 2009 à 13h07

Sous le regard des Aveugles

Une autre bête plongea entre les jambes de l’officier. Ses machoires se refermèrent sur une cheville, à laquelle elles firent subir le même traitement. Les gueules des lycanthropes fonctionnaient comme des étaux que rien ne semblait pouvoir desserrer. Le supplice était insoutenable, Karak’Dorn se sentit défaillir. Il vit les pavés arriver à toute allure vers son visage…


Avec la Complainte de Sombrevent, suite directe du Le Crépuscule des Aveugles, l’auteur Jean-Luc Bizien enfonce plus encore le clou de la dark fantasy dans les fondements fantastiques de l’univers de ses chroniques, tant et si bien qu’il atteint des strates baroques et horrifiques, à la limite des créations de Clive Barker ou de China Miéville. Conséquence directe de ce choix : ce deuxième roman du cycle des Chroniques de la Lune de Sang est plus charnel, plus dur, plus viscéral, et présente une galerie de sombres personnages au cœur d’une intrigue (riche d’éléments narratifs géniaux, comme la fameuse chorale) au ton résolument adulte.

L’un des autres aspects intéressants de la Complainte de Sombrevent est l’absence quasi-totale, non pas d’actes d’héroïsme – ils sont nombreux -, mais de héros. Oh, parfois, au gré des lignes et des caprices de l’écrivain, tel ou tel personnage endosse ce rôle, faisant croire quelques temps au lecteur qu’il tient là, sous les yeux, le véritable centre de gravité de l’œuvre. Mais, facétieux, Jean-Luc Bizien nous ramène régulièrement, de façon souvent brutale, à la réalité de cet univers glauque et dépressif qui n’accorde aucune place à des tels archétypes littéraires ou épiques.

Le roman se consacre donc à suivre différents points de vue qui sont autant de rouages à une mécanique qui nous entraîne – sans aucune échappatoire possible – vers une apocalypse programmée. Le point positif est que, au regard des nombreuses pistes (qui mènent toutes au même objectif) et la dramatique fragilité des principaux protagonistes, le lecteur ne parvient qu’avec incertitude à anticiper le fil des évènements, d’autant plus que quelques rebondissements – un peu forcés, il est vrai – relancent de temps à autres la machine.

Le problème se situe dans la distanciation ressentie par le lecteur vis-à-vis de personnages guère attachants et aux profils psychologiques peu approfondis. Jean-Luc Bizien s’intéresse plus à son univers qu’à ses éléments, ce qui n’est pas une mauvaise idée en soi, mais il en paie le prix : l’absence total de catharsis. On suit donc avec intérêt les derniers instants – que j’ai trouvé amenés de façon très précipitée - de ce (génial) monde sans avenir, en sursis sous ce soleil sombre et cette lune de sang, mais l’on se désintéresse totalement (ce n’est pas tout à fait vrai, en fonction des personnages) des épreuves personnelles des différents protagonistes. Un peu dommage, un développement légèrement plus poussé (comme l’a fait, par exemple, Mathieu Gaborit avec son cycle des Crépusculaires) aurait certainement amené le cycle vers plus d’épaisseur dramatique.

La conclusion de à propos du Roman : La Complainte de Sombrevent #2 [2006]

Nicolas L.
72

Je suis un peu déçu. Non pas que le roman soit mauvais, bien au contraire, Jean-Luc Bizien nous présente avec son cycle de la Lune de Sang un univers absolument fascinant, mais je suis peu peiné par le détachement avec lequel il nous conte son histoire. Privé de personnages forts et/ou développés comme il se devrait, la Complainte de Sombrevent se lit avec une forte curiosité mais sans passion. C’est peut-être un choix délibéré de l’auteur – nous faire ressentir une atmosphère sans s’attarder sur les composantes humaines – mais personnellement, je trouve que la qualité de l’univers qu’il a créé méritait bien mieux que cela. Un excès de modestie ?

Que faut-il en retenir ?

  • Un univers sombre fascinant
  • Une écriture directe, adulte, et en accord avec le genre
  • Bien rythmé, dans le pur style roman populaire

Que faut-il oublier ?

  • Des personnages en demi-teinte
  • Un final un peu précipité

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