Critique Disclosure Day [2026]

Avis critique rédigé par Bastien L. le samedi 20 juin 2026 à 14h00

Full Disclosure

Steven Spielberg et les extra-terrestres, deux noms qui rappellent de grands souvenirs aux amateurs de science-fiction depuis près 50 ans... C'est dire si on attendait Disclosure Day.

Rencontres du troisième type, E.T., l'extra-terrestre, La Guerre des mondes ou encore Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal... Des films mythiques qui ont rythmé la carrière du grand Steven Spielberg et qui ont façonné notre vision des extra-terrestres sur grand écran qu'ils soient pacifiques ou belliqueux. Bon peut-être pas le dernier cité ceci dit mais il a le mérite d'avoir été scénarisé par David Koepp (tout comme La Guerre des mondes) vers qui Steven Spielberg s'est tourné après avoir imaginé Disclosure Day en 2023 après avoir lu un article sur les possibles secrets gouvernementaux autour des OVNI. En plus de réaliser, scénariser et produire (une coproduction Amblin et Universal), Spielberg s'est tourné vers d'autres habitués de son cinéma à savoir le directeur de la photolithographie Janusz Kaminski mais surtout en faisant sortir le vénérable John Williams de sa retraite pour la musique. Un casting 4 étoiles devant nous plongeant dans un thriller SF autour de la divulgation (ou non) de l'existence des extra-terrestres à l'humanité. Un film principalement tourné dans la région de New-York début 2025 et doté d'un solide casting comme d'un budget estimé à 115 millions de dollars. Le film sort sur les écrans début juin 2026 avec des critiques positives tout en ayant remboursé sa mise de départ une semaine après sa sortie.

Le film se déroule à notre époque sur une Terre aux portes de la Troisième Guerre mondiale. On y suit la fuite de l'expert en cybersécurité Daniel Keller (Josh O'Connor) ayant dérobé des informations et objets sensibles à Wardex, une étrange agence gouvernementale. Qui a par ailleurs kidnappé sa petite amie Jane (Eve Hewson) sous l'impulsion de son chef Noah Scanlon (Colin Firth) prêt à tout pour arrêter Daniel. Ce dernier parvient néanmoins à s'enfuir grâce à un étrange artefact tout en étant guidé par Hugo (Colman Domingo) qui envoie le couple se cacher alors que Jane se fait pressante quant aux secrets découverts par Daniel. En parallèle, la présentatrice météo Margaret Fairchild (Emily Blunt) se découvre la capacité bien malgré elle de comprendre d'autres langues comme de lire dans les pensées des personnes qu'elle croise. Elle fait une crise lors de son passage à l'antenne à travers des sons ressemblant à un langue inconnue. Envoyée à l’hôpital, elle devient aussi la cible de Wardex tout en attirant l'attention de Hugo voulant la mettre en contact avec Daniel. Margaret, Daniel, Hugo et ses acolytes tous anciennement liés à Wardex sont sur le point de révéler la réponse à la plus grande question qui soit : sommes-nous seuls dans l'univers ?

N'y allons pas par quatre chemins, le scénario de Disclosure Day est au mieux déroutant, au pire décevant. Disons qu'il s'agit de l'histoire de rêveurs qui peut s'opposer aux plus cartésiens des spectateurs. Une tournure de phrase diplomatique afin d'expliquer qu'il va falloir en avaler des couleuvres devant le film. Spielberg et Koepp veulent nous plonger dans un monde où la vérité est cachée notamment en faisant le choix de prendre l'histoire en cours tout en la concluant sans vraiment le faire. Ce qui intéresse les deux hommes c'est le moment où la vérité éclate entre ses partisans et ses opposants. Une course-poursuite de plus de deux heures qui est assez bien rythmée en prenant aussi le temps de faire vivre des personnages qui vont devoir aller au bout d'eux-mêmes. On suit donc le film avec un certain plaisir grâce à son rythme, ses personnages que l'on découvre mais aussi les questionnements et surprises qu'il distille au fur et à mesure. Mais on en ressort quand même un peu sceptique tant beaucoup de grands moments du métrage paraissent forcés et peu crédibles malheureusement. Notamment tout ce qui est mis en place par Hugo...

Outre le côté thriller où un lanceur d'alerte est pourchassé par une organisation gouvernementale toute puissante, c'est évidemment la science-fiction qu'on retient le plus du métrage. Vous l'avez compris, tout cela tourne autour d'extra-terrestres dont l'existence aurait été cachée aux yeux de l'humanité. Ce qui n'empêche pas les connaisseurs de posséder quelques uns de leurs artefacts qui seront au cœur du film (dès la première scène) et qui offrent des sortes de pouvoirs à Noah Scanlon tout comme ceux de Margaret. Et cela va évidemment crescendo jusqu'à l'excellente et volontairement frustrante scène finale qu'on vous laisse découvrir. On a aussi le sentiment que Steven Spielberg a voulu reprendre tout le côté pop culture et série B autour des fameux petits hommes gris et des complots qui leur tourne autour comme Roswell et la zone 51. C'est assez original de voir à quel point il intègre très sérieusement et avec réussite de nombreux clichés concernant ces visiteurs galactiques. Comme une sorte de best-of des films d'aliens à commencer par ceux de Spielberg...

Et cela s'imbrique dans des thématiques bien mises en avant tournant autour de la foi. D'abord la foi en une humanité que l'on a du mal à trouver digne de pouvoir accepter ou de digérer ce grand secret. D'autant plus dans un monde décrit comme allant à sa perte même si cela se fait en toile de fond avec une certaine maîtrise. Mais si l'on parle de foi, on parle évidemment de religion dans un film qui aborde frontalement le sujet. Principalement à travers le personnage de Jane étant une ancienne nonne pensant que la place de Dieu peut être remise en cause. Par ailleurs le métrage déborde de symboles religieux que cela soit des objets ou des évocations. Le scénario baigne dans une ambiance judéo-(surtout)chrétienne frôlant souvent le trop plein. Une œuvre ouvertement religieuse (où Margaret et Daniel embrassent souvent la figure des prophètes) qui questionne la confiance qu'on peut avoir en l'humanité et les droits de ses gouvernements vis-à-vis de la « vérité ». Pour en terminer avec l'univers créé par ce film original (ce qui fait toujours du bien) on ne peut que constater la qualité de la production (un petit bémol pour certains effets spéciaux en CGI trop voyant) mais aussi de la musique de John Williams souvent discrète mais aussi excellente quand elle se fait enfin entendre.

Mais celui qui nous fait encore déplacer en salles c'est évidemment Steven Spielberg proposant ici un projet des plus personnel né de ses obsessions et présenté comme une somme de ses réflexions sur les extra-terrestres avec les secrets qui les entourent. Et le vieux maître (80 ans en fin d'année) démontre une nouvelle fois qu'il fait partie des patrons. Il nous offre une mise en scène souple jouant beaucoup sur les différentes valeur de plans tout en n'hésitant jamais à imprimer un mouvement souvent virtuose car parfaitement maîtrisé. Si le film ne comporte que deux scènes d'action, elles sont réellement impactantes. La photographie de Janusz Kaminski est évidemment sublime avec beaucoup de lens flares pour appuyer la destinée des deux héros. Malgré ces compliments il y a quand même une sensation qui se fait assez présente par moments dans de nombreux choix effectués en termes de musiques, de direction artistique, de thématiques ou encore la façon de mettre en avant ses idées (la chaîne de TV locale apparemment plus influente qu'Internet...) où on se dit que Steven Spielberg devient un petit peu ringard... Certains passages souhaitant plus appuyer sur l'émotion tombent un peu à plat. Cela se ressent aussi dans sa direction d'acteurs avec des seconds rôles bien moins maîtrisés tandis que Josh O'Connor (Challengers, Wake Up Dead Man...), Colman Domingo (Fear the Walking Dead, The Running Man...) et Colin Firth (Kingsman : Services secrets, Le Retour de Mary Poppins...) font heureusement parler leur talent. On retiendra plus Emily Blunt (Looper, Edge of Tomorrow...) ayant une trajectoire plus développée avec une capacité à complètement changer l'état de son personnage lors de ses transes...

On vous le conseille si vous aimez Rencontres du troisième type, Men in Black, Heroes...

La conclusion de à propos du Film : Disclosure Day [2026]

Auteur Bastien L.
71

Steven Spielberg fait son retour à la science-fiction riche en extra-terrestres avec Discolsure Day sans pleinement convaincre. Si on aime le côté série B de toute cette culture des OVNI intégrée dans une œuvre aussi sérieuse à la limite de l'uchronie, on ne peut que constater un scénario qui nous demande bien trop de suspendre notre incrédulité. Le côté thriller du film est plaisant et les personnages assez intéressants même si l'ensemble est parfois plombée par l'approche religieuse trop surlignée. L'impression de visionner l’œuvre d'un maître ayant toujours un certain talent mais qui semble décliner...

On a aimé

  • Une oeuvre originale portée par un amour de la culture OVNI
  • Les personnages principaux plongé au coeur d'un thrille rythmé
  • La maîtrise de Steven Spielberg

On a moins bien aimé

  • Le surtexte religieux
  • Un scénario qui nous en demande souvent trop
  • Un cinéaste qui commence à faire son âge...

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