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Critique du film d'animation : Ernest et Célestine : le voyage en Charabie #2 [2022], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le vendredi 23 décembre 2022 à 09h00

C'est comme ça et pas autrement !

Et si le divertissement familial à voir au cinéma durant ces fêtes de fin d'année c'était Ernest et Célestine : le voyage en Charabie ? Alors je n'ai absolument pas vu la concurrence pour me permettre une telle question mais il n'empêche...

Sorti en 2012, le film d'animation français fait à la main, Ernest et Célestine, était une petite pépite qui a été un peu mise de côté j'ai l'impression. Une œuvre animée de manière sublime avec une direction artistique forte et une ambiance souvent douce-amère qui faisait mouche. Un divertissement enchanteur pour les enfants accompagné d'une belle merveille pour les adultes. On était donc plutôt contents quand on a appris qu'une suite allait voir le jour dix ans après. Pour rappel, Ernest et Célestine est à la base une série de livres illustrés pour la jeunesse de l'auteure belge Gabrielle Vincent qu'elle a créée en 1983 et a poursuivi jusqu'à sa disparition en 2000. Des petites aventures mettant en scène l'ours Ernest et la petite souris Célestine qui prirent donc vie en 2012 grâce notamment à la société de production spécialisée dans l'animation Les Armateurs (de nombreux films de Michel Ocelot...) et le distributeur StudioCanal qui rempilent ici. En revanche, on ne retrouve plus Daniel Pennac au scénario ni les trois réalisateurs (Stéphane Aubier, Vincent Patar et Benjamin Renner) du premier opus. Cette suite comprend néanmoins les apport d'autres studios d'animation comme le Luxembourgeois Mélusine Productions (les films de Tomm Moore...) et le Français Folivari qui s'est déjà occupée d'une série animée Ernest et Célestine sur laquelle ont travaillé les deux nouveaux réalisateurs. Il s'agit de Jean-Christophe Roger et Julien Chheng. Le premier possède une solide expérience d'animateur et de réalisateur sur des séries animées françaises comme américaines depuis les années 1980 tandis que le second était déjà animateur sur le premier film.

Cette suite débute alors que les deux héros semblent vivre ensemble depuis un moment. Alors que Ernest se réveille après sa période d'hibernation, il se rend compte que leur garde-manger comme leur porte-monnaie sont vides. Célestine propose de regagner un peu d'argent en tant que musiciens de rue mais fait malencontreusement tomber le violon d'Ernest qui se casse. Il s'agit en fait d'un Stradivariours que seul un luthier expert peut réparer. Cet ours vit malheureusement en Charabie, la contrée d'origine d'Ernest. Et à la grande incompréhension de Célestine, l'ours ne souhaite absolument pas remettre les pieds dans son pays natal. Faisant fi de son refus, Célestine décide d'entreprendre le voyage seule afin de réparer le violon. Pris au dépourvu, Ernest se lance à la poursuite de son amie. Arrivant tant bien que mal sur place, Célestine découvre un pays aux règles strictes tandis que Ernest se rend compte que la musique a été interdite sous peine d'emprisonnement depuis son départ. Néanmoins, nos héros apprennent qu'une résistance musicale existe notamment via un étrange trompettiste masqué... C'est aussi pour Ernest l'occasion de revoir sa famille et de se confronter à ses problèmes du passé.

Si cette suite est une réussite c'est d'abord parce que son scénario permet à tous les spectateurs de se plonger avec intérêt dans le film. Il mélange une intrigue simple, sans être simpliste, afin d'embarquer les plus jeunes tout en offrant des références et des thématiques intéressantes pour les plus âgés. Le tout enrobé d'un bon rythme avec un cocktail d'humour, de courses-poursuites, de personnages attachants comme de retournements de situation. Et cela fonctionne bien car l'ensemble est concentré sur 80 minutes réussissant à éveiller notre intérêt sans pour autant tomber dans la facilité du rythme effréné. Alors certes, le scénario ne réussit jamais à être aussi puissant que le premier opus que cela soit dans le ton, l'univers à découvrir ou encore dans les parenthèses enchantées qu'il proposait. On reste néanmoins heureux de retrouver l'ours bougon Ernest et la souris optimiste Célestine dans une aventure qui va confronter le premier à ses racines. Le film réussit aussi brillamment à nous parler de liberté, principalement à travers la musique. La Charabie évoque une sorte de dictature renvoyant à l'Europe de l'Est période Guerre Froide où l'arbitraire s'attaque aux libertés fondamentales via une police omniprésente et une justice expéditive. On est par ailleurs jamais loin de l'absurde comme de l’hypocrisie de la part des puissants. En face, on retrouve l'idée d'une résistance musicale, interne et pacifique, présentée comme solution face à cette dictature. Des thématiques très bien abordées via le prisme de la musique dont l'absence (puis l'apparition) démontre bien le poids des dictatures comme de la résistance afin de terminer sur un plaidoyer sur la liberté de choisir son destin.

Comme pour le premier opus, Ernest et Célestine : le voyage en Charabie peut aussi compter sur son univers enchanteur pour convaincre notamment via sa magnifique direction artistique qui donne une nouvelle fois l'impression d'être projeté dans un livre illustré pour enfants. Cela se ressent notamment dans la coloration des décors qui sont parfois plus abstraits et s'entremêlent offrant un charme très puissant à l'ensemble. Si cette DA se rapproche évidemment des travaux de Gabrielle Vincent, ce n'est pourtant pas un décalque notamment dans cette suite. En effet, les équipes artistiques ont dû imaginer la Charabie en s'inspirant notamment des cultures d'Asie de l'Ouest pour donner naissance à cette étrange contrée. Sa découverte est un réel bonheur tant l'ensemble est magnifique avec son architecture, son alphabet ou encore les différents lieux visités aussi beaux que parfois cocasses comme cette maison coupée en deux après le divorce de leur propriétaire ou ce club de musique clandestin remplis de tours de passe-passe. Et on ne le dira jamais assez mais l'animation traditionnelle à la main offre toujours ce supplément d'âme et cette sublime imperfection comparée à une animation en images de synthèse un peu froide. L'aventure des deux héros baignée de couleurs chaudes est un véritable voyage enchanteur pour toute la famille. On se doit évidemment de citer les compositions de Vincent Courtois (déjà présent sur le premier film) qui s'est beaucoup inspiré de la musique des Balkans sur cette suite. Sa musique jaillit magiquement comme des touches d'espoir tout au long du film et quand elle peut enfin prendre toute sa place, cela permet les plus grands moments du film. Que cela soit le passage dans le club clandestin ou le final, on a le droit à deux grands moments quand tout le travail artistique du film nous explose au visage et surtout quand le bonheur que l'on éprouve devant ses séquences sont beaucoup plus une affaire de sensations que d’esbroufe facile...

Ce qui nous émerveille aussi c'est la qualité de l'animation en 2D tout au long du film qui est d'une grande fluidité tout en offrant une grande personnalité aux différents personnages à commencer par les deux héros. On ressent bien la puissance et l'aspect balourd d'Ernest comme l'agilité ainsi que la fragilité quand il s'agit de Célestine. Cette maîtrise du zoo-anthropomorphisme rappelle les grandes heures de Disney notamment. Le reste des personnages est aussi bien animé mais on saluera surtout le travail fait sur la manière dont ces animaux jouent des instruments ainsi que les différentes courses-poursuites très divertissantes. Pour ce qui est de la réalisation, Julien Chheng et Jean-Christophe Roger font clairement partie du sérail offrant une réalisation avant tout efficace qui se révèle surtout lors des deux moments musicaux cités plus haut mais aussi lors des courses-poursuites qui sont très dynamiques avec un bon montage. On pourra peut-être leur reproché un peu moins de de personnalité que les réalisateurs du premier opus même s'ils s'avèrent être des chefs d'orchestre très satisfaisants pour leur premier long-métrage en tant que réalisateurs. Pour ce qui est doublage, on retrouve avec plaisir Lambert Wilson qui disparaît parfaitement derrière son rôle d'Ernest autant dans sa puissance que dans ses hésitations tandis que Pauline Brunner offre une nouvelle fois son espièglerie ainsi que sa fragilité à Célestine. Le reste du casting est composé de professionnels du doublage s'avérant donc convaincant.

La conclusion de à propos du Film d'animation : Ernest et Célestine : le voyage en Charabie #2 [2022]

Auteur Bastien L.
78

Ernest et Célestine : le voyage en Charabie est une très bonne suite qui offre un spectacle capable de toucher toute la famille. Sa direction artistique et son animation à la main font encore une fois mouche via une histoire divertissante abordant très bien la thématique de la liberté. Sans atteindre le niveau du premier opus, ce long-métrage d'animation restera dans nos têtes notamment via une excellente utilisation de la musique du début jusqu'à la fin.

On a aimé

  • Un film artistiquement magnifique notamment via son utilisation de la musique
  • Une excellente animation 2D
  • Un beau film sur la liberté

On a moins bien aimé

  • Une réalisation manquant de personnalité
  • Quelques péripéties téléphonées
  • Un petit cran en dessous par rapport au premier opus

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