Warning 75.OOO pixels viennent d'être aspirés dans un trou noir !
Le futur sera peut-être différent mais sur cette planète nous vivons encore grâce à la publicité.
Astuce N°1 : Réagissez en configurant votre AdBlock pour ne pas nous faire disparaître comme les dinosaures de Jurassic Park ;)
On vous aime et nous vous souhaitons une bonne lecture. "Longue vie et prospérité !"

Critique du film d'animation : Dumbo [1947], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le mardi 2 mars 2021 à 09h00

Vol au dessus d'un nid de clowns

Critique de la version française.

Au début des années 1940, Disney n'est pas encore l'empire qu'il est aujourd'hui mais il commence doucement à créer son Histoire comme sa Légende même si cela se fit aussi dans la douleur comme l'atteste l'excellent Dumbo.

Lorsque Dumbo sort sur les écrans américains en 1941, les studios fondés par Walt Disney sont un peu aux abois après les échecs financiers que furent Pinocchio et Fantasia après le triomphe de Blanche-Neige et les sept nains (1937). En effet, la Seconde Guerre mondiale ayant éclaté en Europe, le marché de ce continent est inatteignable pour des films d'animation coûteux ayant besoin d'un marché international pour rendre pérenne la folie des grandeurs du génial créateur de la firme aux grandes oreilles. Les studios durent ainsi se rabattre sur des projets moins ambitieux donc moins dépensiers afin de sauver les meubles d'où l'adaptation d'un livre pour enfant de Helen Aberson et Harold Pearl présentant l'histoire d'un éléphanteau doté d'une énorme paire d'oreilles lui apportant autant de malheurs que du positif. Prévu comme un court-métrage, Dumbo est ainsi devenu un projet rapide à faire et à rentabiliser aux yeux de Disney qui confie le long-métrage à l'animateur Ben Sharpsteen chargé de superviser l'ensemble du projet comme il le fit sur Pinocchio. Il faut savoir qu'à cette époque il n'y avait pas vraiment de réalisateur attitré mais un superviseur chargé de lier le travail de différents réalisateurs de séquences. Pour Dumbo, ces réalisateurs sont des employés clés de la maison Disney ayant œuvré sur de nombreux courts mais aussi les longs cités plus haut : Norman Ferguson, Wilfred Jackson, Bill Roberts, Jack Kinney et Samuel Armstrong... Malgré une grève importante du studio pendant la production, Dumbo arriva sur les écrans américains, en 1941, puis européens après la guerre (1947 en France) pour devenir le classique qu'il est aujourd'hui.

L'histoire de Dumbo se déroule dans un cirque ambulant alors que de nombreux animaux reçoivent leurs enfants de la part de cigognes dont la timide éléphante madame Jumbo. Alors qu'elle découvre son petit devant ses congénères, l'éléphanteau éternue développant d'immenses oreilles entraînant les moqueries des éléphantes le surnommant Dumbo. Malgré cela, sa mère l'aime de tout son cœur et le petit se montre aimant et volontaire pour assister sa mère et s'intégrer au cirque. Malheureusement, une visite d'enfants turbulents se moquant de Dumbo, et allant jusqu'à s'en prendre physiquement à lui, entraîne la colère de sa mère qui rentre dans une rage folle. L'élpéhante est enfermée et Dumbo se retrouve seul, abattu et ostracisé par les siens ainsi que moqué par tout le cirque. Seul la souris Timothée (doublé par la légende Roger Carel) semble vouloir l'aider à devenir autre chose qu'un sujet de railleries...

Pour les raisons évoquées plus haut, Dumbo est un film court ne dépassant par les 65 minutes. L'histoire est donc simple sans être simpliste nous comptant les mésaventures de Dumbo avec un enchaînement de péripéties bien rythmé. On peut quand même se questionner sur la réelle utilité de certaines péripéties mais ça serait chipoter. Si le dessin-animé est magique pour beaucoup et offre ce qu'il faut de beauté pour les plus jeunes, il faut avouer qu'il s'agit quand même d'un des Disney les plus sombres qui soient. Si Blanche-Neige et Pinocchio avaient leurs moments assez noirs, les héros étaient vraiment positifs malgré les épreuves. Dumbo a rarement montré un personnage principal Disney autant en souffrance pendant quasiment tout le film. Sous ses atours de divertissement familial, Dumbo ressemble à un brillant pamphlet contre la discrimination tout en développant succinctement le thème de l'amour maternel inconditionnel. Pour ce qui est de la discrimination, cela est évidemment lié aux oreilles disproportionnées ou comment il se retrouve victime de sa différence d'abord de la part des siens. Les commérages des éléphantes et son exclusion par ce groupe suite à l'emprisonnement de sa mère montrent bien la violence sociale tombant sur les victimes de discrimination. Le film peut s'avérer assez déchirant par moments sans pour autant tomber dans un pathos non nécessaire avec quelques beaux moments comme lorsque Dumbo revoit sa mère emprisonnée. Le film raconte aussi la force de la volonté et la vengeance sociale d'un indésirable surpassant sa condition et s'élevant littéralement au-dessus de ses détracteurs. Si on extrapole (voire si on suranalyse), le métrage semble montrer une grave conséquence de la discrimination à travers l'alcoolisme et aussi le fait que la différence physique de Dumbo fait de lui une star seulement à partir du moment où le capitalisme y trouve son intérêt...

Techniquement, Dumbo est impressionnant du début à la fin. Certes, le budget moins important alloué à la production par rapport à Blanche-Neige ou Pinocchio se ressent dans le fait que le film est assez court et que les arrières-plans sont bien moins détaillés avec une direction artistique quelconque mais efficace. Le traitement fantastique est aussi assez léger avec zoo-anthropomorphisme se ressentant surtout avec des animaux à l'anatomie « réelle » mais aux comportements humains pouvant se parler entre eux. La force du long-métrage est en revanche dans l'animation qui nous éblouit de différentes manières mais toujours avec un savoir-faire et une chaleur que beaucoup de productions en images de synthèse peinent à effleurer actuellement. Il n'y a qu'à voir les mouvements patauds de Dumbo, toute la poésie et la douceur teintée de bonheur juvénile lorsqu'il prend son bain (avec une animation de l'eau incroyable) sans oublier la force toute en retenue de la réunification malgré des barreaux entre Dumbo et sa mère. On peut aussi citer l'énergique spectacle de clown ou la tordante pyramide des éléphants voire le numéro de jazz des corbeaux. Mais on retient surtout cette séquence hallucinatoire (et hallucinante) quand Dumbo et Timothée sont saouls et qu'ils voient des éléphants roses offrir une parade/ballet psychédélique incroyable. Pour ma part, j'avoue avoir un faible pour la construction du chapiteau au début du film montrant la force de caractère de Dumbo et l'implication des éléphants au rythme d'une worksong incroyable démontrant la justesse de la musique du début à la fin du film.

La conclusion de à propos du Film d'animation : Dumbo [1947]

Auteur Bastien L.
85

Classique parmi les classiques des longs-métrages d'animation Disney, Dumbo réussit en l'espace d'une heure à nous émerveiller avec un torrent d'émotions douces-amères doublé d'un excellent plaidoyer contre les discriminations. Mais c'est surtout l'animation 2D concocté par les génies des studios Disney qui font de Dumbo un classique intemporel du cinéma.

On a aimé

  • Un travail d'animation rarement égalé
  • Un récit doux-amère très bien mené
  • Le duo Dumbo-Timothée

On a moins bien aimé

  • Quelques péripéties superflues
  • Une directiona artistique timide
  • Parfois déchirant pour notre petit coeur d'enfant

Acheter le Film d'animation Dumbo [1947] en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de Dumbo [1947] sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Retrouvez les annonces de nos dernières critiques sur les réseaux sociaux

Sur Facebook | Sur Twitter